LOUIS XII ET MARGUERITE ©'AUTRICHE
§ 14. — POURPARLERS PACIFIQUES ENTRE LOUIS Xll ET MARGUERITE D'AUTRICHE.
(Claude Seyssel. — Saint-Gelais.)
Toutes lesquelles choses considérant le roi Louis, et connaissant qu'il était expédient et nécessaire pour le bien universel de la chrétienté, et pour la sûreté particulière de son duché et état de Milan, et de toutes les sçigneuries d'Italie, mêmement du patrimoine de rÉglise romaine, et qu'il le pouvait et devait faire, sans enfreindre ni violer sa foi, sa loyauté, envoya monseigneur le cardinal d'Amboise, légat en France (qui est celui auquel pour ses sens, prudence, vertu et loyauté, il a toujours communiqué tous ses secrets et baillé la conduite de ses principales affaires), en la cité impériale de Cambrai, où pareillement se rendit madame Marguerite d'Autriche, douairière de Savoie, fille unique de l'empereur*, laquelle avait auparavant fait toute instance
1. Cette fille de Maximilien et de Marie de Bourgogne avait été fiancée au dauphin Charles, depuis Charles VIII, malgré la disproportion d'âge, et ne l'avait jamais épousé. Mariée à l'infant d'Espagne, elle était veuve au bout de six mois; remariée après quatre ans de veuvage à Philibert le Beau, duc de Savoie, elle perdit ce second époux en 1504. — Ainsi frappée dans ses affections les plus chères, elle éleva à la mémoire de Philibert un magnifique mausolée, dans l'église de Brou, près de Bourg-en-Bresse, magnifique monument de la Renaissance au commencement du xvi* siècle. Il restait encore à Marguerite son frère, Philippe le Beau, qui mourut aussi prématurément. Elle se consacra dès lors tout entière à l'éducation des enfants de ce prince, et vivait retirée à Malines, lorsque Maximilien lui confia la ré-
de parvenir à cette paix, pour entendre à icelle et conclure, si ledit empereur se voulait réduire à la raison; ce qui, par le sens et prudence desdits seigneurs et dame, fut fait et consomné à la louange de Dieu, et au grand bien de toute la chrétienté. (Cl. Seyssel.)
En cette même année (1508), madame Marguerite, duchesse douairière de Savoie, envoya plusieurs fois devers le roi pour trouver moyen de traiter la paix entre ledit seigneur et le roi son père. Et venaient les choses au pourchas du roi des Romains. Car il connaissait bien que, sans Faide, port et faveur du roi, il ne pouvait conduire ses entreprises à nulle bonne fin. Et auparavant en avait lui-même écrit, à madame la princesse d'Orange, par une façon de faire pour entrer en propos. Et par cette sorte se commencèrent à entamer les choses, à quoi le roi fut plus enclin d'entendre, à l'occasion du très mauvais tour que les Vénitiens lui avaient naguère fait. Et étant le roi et la reine à Rouen, où ils avaient naguère fait leur entrée, monseigneur le légat, archevêque dudit lieu, par l'ordonnance et commandement du roi, très grandement accompagné, tant des gens du conseil qu'autres, partit de Rouen pour aller à Cambrai, où madame Marguerite se devait rendre, ainsi qu'elle fit, et beaucoup de grands personnages, tant du pays du roi des Romains, son père, que de l'archiduc, son neveu, qui l'accompagnaient. (Saint-Gelais.)
gence des Pays-Bas. Remplissant alors auprès de Tempereiir d'Allemagne le même rôle que Georges d'Amboise auprès du roi de France, elle assembla dans ses états, à Cambrai, les députés chargés de conclure la fameuse ligue qui a pris le nom, de cette ville.
DÉPART DU CARDINAL d'AMBOïSE POrH CAMBRAI 31
§ 15. — LOUIS XII ACCEPTE LES OUVERTURES PACIFIQUES DE MARGUERITE d'AUTRICHE ET ANNONCE LE DÉPART DU CARDINAL
d'amboise pour CAMBBAI.
(Lettres de Louis Xll, tome L)
Madame ma cousine, j'ai reçu les lettres que m'avez écrites, et suis très joyeux de voir et entendre par le contenu d'icelles la persévérance et bonne affection que vous montrez par effet avoir au bien de paix, et à la conclusion et à la perfection des matières pourparlées, vous avisant autant qu'il me touche, comme toujours vous ai écrit et fait dire, on me trouvera en telle et semblable volonté et à moi ne tiendra que les choses ne prennent bonne issue et telle que je crois que chacun la désire.
Et quant à l'allée et partement de mon cousin monseigneur le légat, combien que mes affaires portassent qu'il ne bougeât d'auprès de moi, et que sa demeure fût très nécessaire pour l'exécution de plusieurs grosses matières qui sont de présent en communication et sur le point d'expédition, au moyen de quoi son dit partement ne pourrait être sitôt que vous le requérez, ce néanmoins, afin que vous connaissiez que je me veux mettre en tout devoir, je ferai dedans peu de jours partir ledit sieur légat, et s'en aller sur les marches de Picardie avec pouvoir si bon et si suffisant qu'il pourra, avec vous, mettre fin et prendre totale conclusion es dites matières, et cependant partiront les évêques de Paris et comte de Carpy, mes conseillers, pour eux rendre en bonne diligence au lieu de Cambrai, pour commencer de communiquer lesdites matières et eux trouver avec les gens et députés qu'y enverrez, et aussi pour vous parler plus amplement de l'allée dudit légat.
Au demeurant j*ai vu la trêve que m'avez envoyée, et en ensuivant icelle, vous envoie la pareille comme verrez, réservé que j'ai nommé en icelle mes cousins, l'évêque de Liège et sieur de Sedan, lesquels j'entends y être compris et entendus, et à Dieu, madame ma cousine, qui vous ait en sa garde. Écrit à Rouen le 29 d'octobre 1508.
§ 16. — MARGUERITE D*AUTRICHE ANNONCE AU ROI d' ANGLE- TERRE HENRI VII LA TENUE D'uN CONGRÈS DANS LA VILLE DE CAMBRAI ET l'INVITE A s'y FAIRE REPRÉSENTER.
Très haut, très excellent et très puissant prince, très honoré seigneur et cousin, le plus humblement que faire puis, à votre bonne grâce me recommande. Plaise vous savoir qu'en suivant votre bon avis et conseil, j'ai sollicité l'empereur monseigneur et père de se condescendre à prendre une trêve de six semaines avec le roi de France et messire Charles de Gueldre, en la forme et manière contenue en ladite trêve dont je vous envoie la copie, et pour ce, très haut, très excellent et très puissant prince, très honoré seigneur et cousin, qu'au moyen de cette dite trêve une journée se tiendra brief à Cambrai, ainsi que déjà avez entendu, en laquelle monseigneur le légat de France et moi nous trouverons en personne, pour illec regarder d'entrer en communication des différends pour sur iceux prendre quelque bonne résolution, ai avisé que si votre plaisir était ordonner à vos ambassadeurs étant de par deçà de se trouver à icelïe journée, et de votre part s'aider à moyenner et dresser lesdites matières, ce faisant, le bien et honneur de monsieur mon neveu votre fils y serait mieux gardé qu'autrement, et si pourraient lesdites
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matières, au moyen de ce, être conduites plus près de la raison, ainsi que bien le pouvez entendre ; si vous prie, très haut, très excellent et très puissant prince, très honoré seigneur et cousin, vouloir ordonner et écrire à diligence à vosdits ambassadeurs de se trouver à icelle journée pour m*aider à dresser et moyenner lesdites matières; car dès demain il me convient mettre en chemin pour aller à icelle journée.
Très haut, très excellent et très puissant prince, très honoré seigneur et cousin, je prie à tant le benoît fils de Dieu qui vous donne bonne vie et longue. Ecrit à Malines ce 23 octobre 1508.
Plus bas est écrit : Votre humble cousine Marguerite.
§ 17. — BOMOND DE WINKENFELD, AMBASSADEUR DU ROI D^N^ OLETERRB AUX PAYS-BAS, FAIT CONNAITRE A MAROUKRrTB D'AU- TRICHE qu'elle D6IT TACHER, PENDANT LA CONFÉRENCE ^ CAMBRAI, DE DlÎTACHER LOUIS XII DU ROI D'aRAOON POUR ÔTER A CE ROI l'aDMINISTBATION DU ROYAUME DE CASTILLB ET LA FAIRE DONNER A l'eMPEREUR.
Par l'entière affection que, ensuivant le bon désir du roi mon maître, j'ai de ma part à ce que les affaires de Fimpériale Majesté ensemble de monseigneur le prince son fils * en tous endroits et même à la prochaine journée et assemblée qui devra être à Cambrai puissent être dressés au plus grand honneur, profit et avantage d'eux et de leurs règnes, pays et sujets, et au désavantage de leurs adversaires, moi,
1. 11 s'agit du petit- fils de Maximilien, rarchiduc Charles, fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle.
Si o r LA LIGUE DE CAMBRAI
comme leur humble serviteur et bienveillant de telle intention, me suis avisé d'aucunes choses, qui à Faventure pourraient servir à ladite journée, et dont sous la bénigne supportation de vous, madame, je me suis ingéré avertir votre bonne grâce suppliant à icelle le vouloir recevoir en bonne part.
Et pour avoir entendement du cas, il fait premièrement à considérer que demeurant les roi français et roi d'Aragon en l'alliance qu'ils ont de présent ensemble, il fait vraisemblablement à douter que ce sera donner occasion et ouvrir le chemin par où le gouvernement usurpé par ledit d'Aragon, de royaumes de Castille et autres de par delà lui demeurera pour toute sa vie, non seulement en diminution, intérêt et préjudice de mondit seigneur le prince, mais par conséquent, et, qui pis serait, en danger que mondit seigneur le prince en pourrait être frustré à toujours de son droit et de la possession et jouissance desdits royaumes ; par quoi semble que par toutes voies et moyens devra être pratiqué et contendu à ce que es traités advenir, icelui roi d'Aragon soit" entièrement exclus desdils traités, et ladite alliance déjointe, si autrement faire ne se peut, qu'il fût accordé et conditionné par exprès qu'icelui roi français ne pourrait donner confort, aide, ni assistance de gens, d'argent, ni par quelque autre manière secrètement ni en appert, à défendre, soutenir ou favoriser icelui d'Aragon en la détention desdits royaumes et pays appartenant à mondit seigneur le prince, et ladite alliance ainsi déjointe, si faire se peut, ou du moins retraite ou conditionnée en la manière que dit est, attendu le mal content.ement et indignation régnant entre tous les nobles et puissants personnages dudit royaume de Castille, pour cause dudit usurpé gouvernement empris par ledit roi
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d'Aragon, très facilement et sans difficulté Tempereur parviendrait au gouvernement desdits royaumes, et d'avoir pleinière jouissance d'iceux, durant la minorité de mondit seigneur le prince son fîl^, car n'eût été l'appui et confort d'icelle alliance, ledit d'Aragon, comme est assez connu, ne se fût entremis d'usurper icelui gouvernement, et n'y a doute, icelle alliance disjointe, qu'à la faveur dudit seigneur empereur, il n'en fût incontinent débouté.
Et considérant, comme il est vraisemblable, qu'icelle déjonction d'alliance pourrait être difficile et mal à conduire, et imaginant aux expédients pour y parvenir, il m'est venu à mémoire d'aucuns moyens d'ouvertures, qui ci-devant de la part dudit roi' français ont été mis avant au roi mon maître, lesquels bien entendus, semble qu'ils pourraient venir à propos d'être appliqués et d'en tirer quelque fruit et effet au besoigné de ladite assemblée, et pour avertir, est le cas tel que j'ai eu connaissance de plusieurs instantes poursuites et grands labeurs faits de la part d'icelui roi français envers le roi mon maître, tant à la fin de parvenir à accord et traité de paix d'entre icelui roi français et le fils du roi mon maître monseigneur le prince de Galles avec le comte d'Angouléme duc de Valois durant leurs vies en semblable et de telle sorte que par ci-devant a été accordé entre ledit seigneur roi mon maître et ledit roi de France, pour les vies d'eux deux, comme aussi à la fin de plus grande alliance, la corroborer par moyen de mariage d'entre ledit prince de Galles et madame la sœur dudit Angoulême, et que combien que pour advenir à ces fins ou de l'un d'iceux seulement, icelui roi français, outre lesdits labeurs et sollicitudes, ait aussi fait très grandes et larges offres, toutefois ledit seigneur roi mon maître n'a été mû d'entendre ni à
Tune ni à l'autre desdites ouvertures, ni n'est délibéré d'encore faire, si n'était pour le parfait ou avancement d'aucun cas servant à l'honneur, profit et sA'eté dudit seigneur empereur et de monseigneur son fils, ou à l'accroissement des alliances d'entre eux et ledit seigneur roi mon maître; par quoi ces choses considérées, en tant qu'icelui roi français ne serait à encliner de condescendre à délaisser et soi desjoindre dudit roi d'Aragon, je suppose et crois certainement que pour l'entier amour et affection que ledit seigneur roi mon maître porte à l'empereur et mondit seigneur son fils, pour leur faire plaisir et à ce que par ces moyens il pût mieux venir- à son désir touchant ledit gouvernement de Cas tille, et en ce faisant conserver l'héritage de mondit seigneur le prince son fils, que ledit seigneur roi mon maître se condescendrait de soi accorder à l'une des deux choses par ledit roi français requises, soit de ladite paix ou de l'alliance pour sondit fils le prince de Galles.
Et attendu l'inclination et grand désir que l'on a connu icelui roi français avoir aux matières devant touchées, je suppose et crois aussi à la vérité qu'il aura agréable et sera content d'accepter ladite paix avec l'empereur, délaissant hors ledit roi d'Aragon, et que, par moyen de ces choses icelles bien pratiquées, Ton pourra parvenir à la desjonction d'iceux deux rois, et laquelle autrement pourrait être fort difficile à conduire, par quoi étant à ladite journée de Cambrai, semble que vous, madame, ou monseigneur l'évêque de Cours pourriez parler et ouvrir de cette matière au cardinal d'Amboise, ainsi que de vous même, sans donner à connaître d'en avoir su | aucune chose par moi ou autre, de la part de moa maître, afin d'assentir si icelui roi français voudrait,
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venir et entendre à une paix, délaissant, comme dit est» ledit d'Aragon hors dMcelle, parmi et moyennant que le roi mon maître se condescendit d'accepter l'un des deux points devant dits, et si avant que l'on sentit l'intention de France être telle, je tiens et crois certainement comme dessus que le roi mon maître, étant 45ur ce requis de la part de l'empereur et de vous, madame, que bonnement de son côté il consentira d'en faire à votre désir.
Item, et les choses à ce parvenues, et ledit roi d'Aragon exclu de ladite paix, l'on pourrait moyenner et conclure aucune nouvelle alliance entre notre saint-père le pape, l'empereur, le roi mon maître, et ledit roi français, excluant toujours icelui roi d'Aragon, parquoi, lui ainsi exclu, demeurerait seul et destitué de tout confort, refuge et secours, dont par nécessité tels effets qui s'ensuivent en adviendraient, c'est à savoir qu'incontinent et sans difficulté, icelui roi d'Aragon se trouverait déchassé hors de Gastille, même par les seigneurs d'icelui royaume, qui sont du tout enclins et déterminés à ce faire, et ce qui les en a détournés jusqu'à ores n'a été fors la crainte du secours de France, sans lequel il eu eût été expellé passé long espace.
Secondement par ces moyens ledit seigneur empereur ne faudrait d'advenir au régime et gouvernement dudit royaume de Castille, au moyen de quoi il n'aurait pas seulement le très grand lucre et profit d'icelui royaume, mais avec gardant et conservant l'héritage et vrai titre de monseigneur sjn fils, en pourra aussi advenir le bien que ledit royaume serait gouverné en termes de justice là où maintenant il n'y a ordre aucune observée.
Et pour le tiers ledit seigneur empereur par* icelui gouvernement de Castille accroîtra si grandement
sa puissance et renommée, tant par nombre de gens que de navires en mer, que plus facilemeat il en pourra recouvrer les pays, terres et contrées que les Vénitiens lui détiennent et soi re venger au demeurant sur eux, et que sans difflculté il pourra procéder outre en son voyage de Rome, pour sa couronne impériale, veuillent ou non quelconques ses adversaires, et considéré, ainsi que dessus, la très parfaite amour et affection que ledit seigneur roi mon maître porte envers ledit seigneur empereur et mondit seigneur le prince son fils au-dessus de tous autres princes vivants, quand il connaîtra que le plaisir de l'empereur sera d'entendre à prendre et accepter ladite paix, icelui mon maître, comme je crois certainement, ne plaindra sa peine d'emprendre la charge et conduite tant de la paix avec le roi français par les voies et moyens devant déclarés, comme aussi de la nouvelle alliance avec notre saintpère le pape, moyennant qu'icelui seigneur empereur se veuille aussi mettre en devoir de son côté, et qu'à l'aide de Dieu toutes choses ne soient par lui menées à bonne et fructueuse conclusion.
g 18. — NÉOOCIATIONS DE CAMBRAI.
(Saint-Gelais.)
Quand mondit seigneur le légat fut arrivé, se commencèrent les parlements, qui durèrent longuement, à l'occasion des différends qu'ils avaient. Et fut la compagnie beaucoup de fois prête de se départir sans rien conclure. Mais mondit seigneur le légat, qui a toujours été sage et traitable, s'y conduisit si sagement, que finalement bon traité de paix fut accordé entre le roi et le roi des Romains, et par
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flnal appointemcQt devaient perpétuellement demeurer bons et loyaux amis et alliés. Et, en ce faisant, fut par ledit roi des Romains baillée l'investiture du duché de Milan au roi et à ses enfants, tant fils que filles. Et mad^e Marguerite s'acquitta de son pouvoir à ce que les choses eussent bonne issue, et donnait à connaître qu'elle y avait de Taffection grande. En ladite assemblée étaient les ambassadeurs du pape, des rois d'Espagne et d'Angleterre, et de plusieurs autres princes. Et là se conclut l'alliance d'entre le pape et le roi des Romains et celui d'Espagne, pour mener à fin une bonne, sainte et loyale entreprise. Après ces choses, monseigneur le légat partit de Cambrai et s'en vint devers le roi qu'il trouva à Blois. Il lui dit le tout, et ledit seigneur fut très content de quoi les affaires s'étaient si bien portées.
§ Id. — MAHGUEniTE d'aUTRICHE ÉCRIT AUX AMBASSADEURS DU PRINCE DE CASTILLB EN ANGLETERRE QU'eLLE A TERMINÉ, AVEC LE CARDINAL d'aMBOISE,LBS AFFAIRES POUR LESQUELLES
ILS s'étaient assemblés.
Très cheis et bien amés, nous avons à l'aide de Dieu accompli notre charge, selon que par nos lettres générales nous écrivons plus à plein, le plus près du désir et intention de l'empereur mon seigneur et père qu'avons pu sans excéder le contenu de nos instructions, et même quant à la matière secrète, que vous gouverneur entendez, dont secrètement il avertira vous de Berghes, tellement que nous avons espoir d'être la bienvenue devers l'empereur monseigneur et père, devers lequel passé demain, nous tirerons le plus tôt qu'il sera possible, vous avisant qu'il n'a été sans avoir bien souvent mal à la
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tête, et nous sommes, monseigneur le légat et moi, cuidié prendre au poil. Toutefois à la parfm nous nous sommes réconciliés, et fait amis ensemble le mieux que c'a été possible, dont nous avons bien voulu avertir pareillement comment messieurs les ambassadeurs d'Angleterre nous ont aidés et assistés de leur pouvoir, et se sont allés déclarer pour nous, au moyen de quoi nous ne leur avons rien celé de notredite affaire, quelque secret qu'il fût, afin qu'ils en puissent avertir le roi leur maître, et dès que lesdits traités seront passés et rédigés par écrit, vous en enverrons une copie, afin de mieux vous informer de toutes choses, et vous prions nous avertir pareillement de votre besoigné, le plus tôt que pourrez, lequel espérons sera bon, vu que jamais un bien ne vient jamais sans l'autre; et à tant, très cbers et bien amés, etc. Ecrit à Cambrai, le ... décembre 1508 K
1. 11 fallait conduire les négociations avec le plus grand secret, et sans donner l'éveil aux ambassadeurs vénitiens; c'est ce que l'on fît. Une trêve de six semaines, prolongée ensuite de huit jours, fut conclue, afin, disaient les lettres patentes, de parvenir à quelque bonne paix ou longue abstinence de guerre entre les princes d'Autriche, d'une part, le roi de France et le duc de Gueldre, de l'autre. C'était là, en effet, un des motifs du rapprochement qui s'opérait; mais ce n'était que le motif secondaire, le seul que l'on pût avouer alors.
Cambrai, situé sur la frontière de Flandre et des Pays-Bas, capitale d'un petit comté relevant de l'empire, et formant un État particulier soumis à la puissance épiscopale, fut, pour ces différentes raisons, choisi pour être le siège des conférences. Marguerite d'Autriche était accompagnée de ses conseillers Mathieu Lang, évéque de Gurck, Mercurin Gattinare, président