‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 22 sur 329 · DUCHÉ DE MILAN ET RÉPUBLIQUE DE GÈNES SOUMIS · texte numérisé non relu

DUCHÉ DE MILAN ET RÉPUBLIQUE DE GÈNES SOUMIS

tueux qui, chez les comtes Borromées, à la maison du Dôme et au logis du seigneur Jean-Jacqaes, furent laits au roi; qui tant en excellence furent excessifs que le plus n'est au pouvoir humain possible. Toutefois ne voulut le roi, à convis épulaires et féminins blandisses, comme Sardanapalus, prêter Toreille, mais seulement donner œuvre à l'ordre politique, et faire arrêt sur le nombre des deniers dus à lui à cause de son duché de Milan, et icelle mettre en garde sous le pouvoir de main armée.

§ 7. — SOUMISSION DE TOUT LE DUCHÉ DE MILAN ET DE LA RÉPUBLIQUE DE GÊNES.

(Sainl-Geiais.)

Et faut entendre qu'il n'est aucune nation qui sache tant ni veuille complaire à ceux qui sont les plus forts que sont les Italiens. Car naturellement ils craignent de perdre leurs biens. Quand le roi eut la possession de la ville de Milan, tout le demeurant du duché lui obéit incontinent. Et par ainsi conquit le roi en moins de trois mois l'une des belles seigneuries de la terre, et d'autant de valeur. Et se lit le tout sans grande effusion de sang. Et à cela peut-on connaître que Dieu se mêle et aide à conduire ses affaires.

Je ne veux oublier de mettre en cette histoire que quand les Génois virent que le roi était parvenu à la fin de son entreprise touchant le fait de sa conquête de Milan, de leur libérale volonté, et sans y être semons, vinrent lui faire obéissance et le reconnaître pour leur seigneur, en lui faisant les foi et serment de fidélité qu'il appartient en tel cas. Et n'était chose nouvelle. Car par un long temps et

d'ancienneté les rois de France ont eu Tobéissance de la cité de Gènes, mais il y avait longtemps qu'ils en avaient perdu la possession. Et le roi, qui à présent règne, par sa vertu et grande valeur, l'a recouvrée. Et est à considérer que quand un tel roi est possesseur du duché de Milan, et tient le comté de Provence, il faut par une raisonnable contrainte qu'ils obéissent à un tel prince, ou ne pouvoir avoir vivres, et principalement grains, ni faire le fait de leur marchandise en sûreté. Et ils sont gens qui de leur nature tâchent à faire leur profit, et vivre avec les plus forts.

§ 8. — LE ROI POURVOIT A L*ADMINISTBATION DU DUCHÉ DE MILAN. — NAISSANCE DE MADAME CLAUDE.

Quand toutes les cités, villes et châteaux du duché furent entre les mains du roi, et après qu'il eut reçu les hommages des nobles du pays, et le ser-* ment et fidélité des bourgeois, marchands et autres manants et habitants des dessusdites cités et villes, comme celui qui de sa nature est enclin au bien commun d'un chacun, il usa et fit une œuvre digne de mémoire. Car il mit l'état de l'Eglise en liberté et franchise. Si lit-il pareillement les nobles, en leur donnant faculté de vivre comme l'on fait en France, savoir est, d'avoir chiens et oiseaux, et d'aller à la chasse comme bon leur semblerait en leurs possessions et domaines. Ce qu'ils n'avaient point accoutumé de faire, mais avaient seulement permission de voler les cailles et perdrix aux éperviers, en payant certaine grande somme de deniers. Il diminua les daces que les usurpateurs dudit duché avaient accoutumé de prendre d'une quarte ou tierce partie.

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