‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 231 sur 329 · SURPRISE DE PADOUE PAR LES VÉNITIENS · texte numérisé non relu

SURPRISE DE PADOUE PAR LES VÉNITIENS

mirent en défense et sonnèrent l'alarme. Gela leur valut peu ; car incontinent que la trompette eut été

Portrait d'André Gritli, d'après une estampe du xvi" siècle.

entendue, la grosse troupe accourut, faisant un bruit merveilleux, en criant : Marco! Marco! Italia! Italia! D'une autre part, ce gentilhomme, messire

60 LA LIGUE DE CAUBRAt

Géraldo Magurin, avait fait son effort en la ville, dont des maisons sortirent plus de deux mille hommes armés avec épées et javelines; de façon que lés lansquenets ne surent que faire, sinon qu'ils se serrèrent, et tous ensemble s'allèrent jeter en la place, où ils se mirent en bataille. Il ne tarda guère qu'ils ne fussent assaillis en deux ou trois lieux; mais jamais gens ne se défendirent mieux, car ils furent plus de deux heures devant qu'on les sût rompre. Enfin il vint tant de gens qu'ils ne purent plus soutenir le faix. Ils furent ouverts, rompus, et tous mis en pièces, sans que jamais en fût pris un à merci, ce qui fut grosse pitié; mais ils vendirent chèrement leur vie, car d'entre eux ne put mourir que ce qui y était, mais ils tuèrent plus de quinze cents hommes, tant de la ville que des gens de guerre.

Toutefois la ville de Padoue fut prise, en laquelle bientôt après survint le comte de Petigliano, qui mit grosse diligence pour la faire remparer et fortifier, bien considérant qu'elle ferait bon besoin à la Seigneurie. Ces nouvelles vinrent aux oreilles de l'empereur, qui pensa désespérer, et fit vœu à Dieu qu'il s'en vengerait et que lui-même irait en personne, ce qu'il fit» 11 écrivit une lettre au roi de France qui était encore à Milan, le priant que son plaisir fût de lui aider de cinq cents hommes d'armes pour trois mois, afin qu'il pût mettre les Vénitiens à la raison ; ce qui lui fut accordé, et il s'en suivit ce que vous entendrez.

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