I/OUVERTURE DE LA, BRÈCHE DE PADOUE
la barrière aux ennemis de la longueur d'une pique. Alors, en criant : « En avant, compagnons, ils sont nôtres! » il alla sauter ladite barrière, et trente ou quarante après lui qui furent fort bien accueillis. Toutefois, quand les Français virent le danger où s'étaient mis leurs compagnons, chacun se mit à passer, et, criant : « France! France! Empire! Empire ! » firent une telle charge sur leurs ennemis qu'ils leur firent déguerpir la place et qu'ils tournèrent le dos et tout abandonnèrent, se retirant, comme quasi rompus, en la ville.
Ainsi furent gagnées les barrières de devant Padoue, en plein midi, où les Français acquirent gros honneur, tant ceux de cheval que de pied, surtout le bon Chevalier, à qui chacun en donnait la gloire. Lors furent faites les approches et l'artillerie amenée sur le bord du fossé, qui y demeura six semaines, sans partir, etjusques à la levée du siège, qui fut telle que vous entendrez.