LES SEIGNEURS ALLEMANDS REFUSENT LA PROPOSITION
parmi ses Allemands, qui dura une demi-heure avant qu'il fût apaisé ; puis Fun d'entre eux, chargé de répondre pour tous, dit qu'ils n'étaient point
Brèohe de ville, d'après une estampe du xvi« siècle.
gens pour se mettre à pied ni aller à une brèche, et que leur vrai état était de combattre en gentilshommes à cheval ; et autre réponse n'en put ave l'empereur; mais, quoiqu'elle ne fût pas selon s( désir et ne lui plût guère, il ne sonna mot, sim qu'il dit : « Bien, messeigneurs ; il faudra doi aviser comment nous ferons pour le mieux »;
iOii LA LIGUE DE CAMBRAI
puis sur Theure il appela un sien gentilhomme nommé Rockendorf, qui à tous moments venait parmi les Français comme ambassadeur (et à vrai dire la plupart du temps il était avec eux), auquel il dit : « Allez au logis de mon cousin le seigneur de La Palisse ; recommandez-moi à lui et à tous messeigneurs les capitaines français que vous trouverez avec lui, et leur dites que pour cejourd'hui ne se donnera pas Tassant ». II. alla faire son message, et chacun, par ce moyen, s'en alla désarmer, les uns joyeux, les autres marris. Je suis bien assuré que les prêtres n'en furent pas trop aises, car il leur fut besoin de rendre ce qu'on leur avait baillé en garde.
Je ne sais comment ce fut, ni qui en donna le conseil, mais la nuit après ce propos tenu, Tempereur s'en alla tout d'une traite à plus de quarante milles du camp, et, de ce logis-là, manda à ses gens qu'on levât le siège, ce qui fut fait, comme vous entendrez.
§ 19. — l'empereur se retire du camp devant padoub. retraite honteuse.
11 ne faut pas demander si l'empereur fut bien courroucé, quand il eut entendu le bon vouloir des capitaines français, et que les gens d'Allemagne ne voulaient rien faire pour lui, dont.de cette opinion n'était pas le gentil prince de Hanau, qui ne demandait autre chose et s'offrit à l'empereur, et pareillement se vint excuser et présenter aux capitaines français. Entre autres capitaines qu'il avait parmi ses bandes, il y en avait un qu'on nommait le capitaine Jacob, qui fut depuis au service du roi de
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France et mourut à la journée de Ravenne, comme vous entendrez, lequel chaque jour allait escarmoucher avec les Français, et de hardiesse et de toute honnêteté était accompli à merveille ; mais ces deux Allemands ne pouvaient pas satisfaire à tout.
L'empereur, enflé de courroux et fâcherie, le lendemain, deux heures avant le jour, sans bruit faire, accompagné de cinq ou six cents chevaux de ses plus privés serviteurs, délogea de son camp et s'en alla tout d'une traite à trente ou quarante milles de là, tirant en Allemagne, et manda au seigneur Constantin, son lieutenant général, et au seigneur de La Palisse, qu'ils levassent le camp le plus honnêtement qu'il était possible. Chacun s'ébahit assez de cette façon de faire, mais on n'en eut autre chose. Les capitaines, tant français, allemands que bourguignons, eurent conseil ensemble, où ils conclurent de lever le siège, ce qui était assez fâcheux et malaisé, pour avoir cent vingt ou cent quarante pièces d'artillerie devant la ville, et il n'y avait pas d'équipage pour en mener la moitié. Les Français furent ordonnés pour tenir l'escorte et la garde, jusqu'à ce que l'artillerie fût levée ; mais le gentil prince de Hanau, qui assez connaissait la turpitude de sa nation, ne partit point d'auprès de l'artillerie, ce qui lui fut tourné à gros honneur; car depuis le matin au point du jour jusques à deux heures de nuit, il fallut se tenir en bataille, et, si on mangéîi, ce ne fut guère à son aise, car, d'heure en autre, il y avait chaudes et âpres alarmes, parce que ceux de la ville faisaient force sorties et grosses, et aussi parce qu'il fallait mener une partie de l'artillerie au camp où on allait loger, puis la laisser là et ramener les chevaux et bœufs quérir le demeurant. Sans nulle perte des gens de l'empereur ni des Français se leva le