Sorte de coiffure défensive
lurent retirer, ils se trouvèrent lassés, dont lesdils aventuriers s'aperçurent, qui les chassèrent vivement et de façon qu'ils entrèrent pêle-mêle, parmi les ennemis, dans la place. Quand ceux qui la gardaient virent qu'ils étaient perdus, ils se retirèrent en une grosse tour, où incontinent ils furent assiégés et l'on bouta le feu au pied. La plupart s'y laissèrent brûler plutôt que de se rendre; les autres sortaient par les créneaux, qui étaient reçus sur la pointe des piques par les aventuriers. Bref, il en échappa bien peu en vie. Il y fut tué, du côté des Français, un gentilhomme nommé Camican, et le baron de Mont faucon blessé à mort; toutefois il en échappa, mais ce fut à bien grand'peine.
§ 6. — COMMENCEMENT DE LA GUERRE ËNTRB LE PAPE BT LE DUC DE FERRARE. — DÉFECTION DES SUISSES.
On fit rcinparcr la place et on y mit grosse garnison, pensant aller mettre le siège à Padoue; mais nouvelles vinrent que le pape Jules était tourné de parti et qu'il allait faire la guerre au duc de Ferrare *,
1. Au milieu de lolO, Jules 11 laissa enfin éclater son profond ressentiment contre le roi de France. 11 donna au roi d'Aragon l'investiture du royaume de Naples, mettant à néant par cet acte solennel les droits de la France sur ce royaume et s'assurant du même coup le concours et l'appui de Ferdinand le Catholique. Il profita du mécontentement des Suisses, auxquels Louis XII, par une économie impolitique, avait refusé une augmentation de solde, pour armer contre la France cette nation belliqueuse. Il rendit aux Vénitiens la force et la confiance. Enfin dans le même temps il voulut tenter un coup de main sur Gênes et envahir les Etals du duc de Fer-