REPRISE DE LA MIRANDOLE. — BATAILLE DE BOLOGNE
(22 mai 1511).
(Le Loyal Serviteur. — Fieurange TAdventureux.)
Le seigneur Jean-Jacques Trivulce, en ces deux ans, reconquit, avec Farmée du roi de France, La Mirandole, et repoussa l'armée du pape jusque devant Bologne, où elle fut défaite sans mettre l'épée à la main, et le pape faillit être pris dedans. Jamais ne fut vue si grosse pitié; car tout leur bagage y demeura, artillerie, tentes et pavillons; il y avait tel Français qui lui seul amenait cinq ou six hommes d'armes du pape, ses prisonniers ; et il y en eut un qui avait une jambe de bois, appelé La Baume, qui en avait trois liés ensemble. Ce fut une grosse défaite et gentiment exécutée. Le bon Chevalier sans peur et sans reproche y eut honneur merveilleux, car il menait les premiers coureurs, et, le soir de la défaite, en soupant, le seigneur Jean-Jacques lui fit cet honneur de dire que, après Dieu, le seigneur de Bavard devait avoir Thonneur de la victoire. Il y avait beaucoup de vaillants capitaines quand il proféra ces paroles, et il était si sage et si vertueux qu'il ne les eût point dites s'il n'y eût eu grande raison.
Au retour, le gentil duc de Nemours alla voir le duc et la duchesse de Ferrare, où il fut reçu à grande joie, et lui fut fait force festins selon l'usage du pays, car la gentille duchesse en savait trop bien la manière. (Le Loyal Serviteur.)
(1511.) Quand l'hiver fut passé et que vint, vers le mois de mars, l'armée du pape et des Vénitiens se