TENTATIVES DE PAIX AVEC LE PAPE
qui n'est estimée pas moindre de celle qu'il eut contre les Vénitiens et demeurant les choses d'Italie es termes qu'elles sont, pourrait faire marcher sadite armée et faire beaucoup de choses à son plaisir; toutefois, madame, non seulement ne le fait, mais encore ne saurait se montrer plus humble de ce qu'il fait, et à cette heure se montre tout enclin à la paix avec le pape, mais que Sa Sainteté fît content l'empereur, retournant au traité de Cambrai ; et ainsi a répondu ledit seigneur roi à l'ambassadeur d'Ecosse, l6quel le pape a envoyé ici avec un bref bien bon de Sadite Sainteté audit seigneur roi pour faire la paix; et ledit ambassadeur offre qu'il abandonnera lesdits Vénitiens, mais que icelle Sa Sainteté ne voudrait point donner d'aide audit empereur contre lesdits Vénitiens, toutefois l'on cuide que au moins Sadite Saiûteté aidera à l'empereur pour le recouvrement de Trévise, pour non jamais avoir été es mains de l'empereur depuis ledit traité de Cambrai. Le roi serait bien coûtent que l'empereur fût content condescendre à cet appointement, car plus facilement l'entreprise se pourrait exécuter contre lesdits Vénitiens et qu'après tout le monde demeurerait en paix ; j'en ai écrit à l'empereur, je ne sais quelle sera sa résolution.
Madame, je suis averti à certes de la mort dudit cardinal de Pavie qu'est que le pape ayant entendu que ledit cardinal s'était parti de Bologne en habit dissimulé pour se tirer devers Sa Sainteté où elle était à Ravenne, de quoi icelle Sa Sainteté n'était bien contente de son partement, et entendant qu'il venait en sa cour devers lui, tout courroucé incontinent manda que l'on ne le laissât venir; et alors le duc d'Urbin, qui était ennemi dudit cardinal, et pour lés mauvaises parolçs qu'avait dites ledit pape, lui
allit au-devant et lui donnit d'un poignard au corps el les autres de la garde dudit pape Fachevèrent de tuer.
D*Espagne sont venues nouvelles en sept jours du roi d'Aragon à son ambassadeur, et à moi de l'ambassadeur Claude de Cilly, contenant comme le roi ayant entendu que la pratique de la paix était rompue en a été très mal content et a rompu son armée de mer, et qu'il envoie aucun nombre de gens au royaume de Naples, et envoie par mer à Tempereur Taide qu'il lui a promis, et davantage il prie Dieu qu'il ait bon vent et qu*il ne leur intervienne du calme du vent contraire.
Madame, le pape a fait légat de Bologne et de la Romagne le cardinal de Regina, qui est Espagnol et protecteur d'Espagne; il avait écrit une lettre au seigneur Jean-Jacques Trivulce, lieutenant du roî, le requérant à non faire contre les choses de TÉglise; vous verrez par le double enclos la réponse qu'il lui a faite.
Madame, j'attends bien continuellement quelque provision de par vous à mon cats, mais je vois que rien ne me vient.
Madame, je prie Dieu vous donner très longue et bonne vie avec l'entier de vos très nobles désirs. A Grenoble, ce dernier jour de mai. Votre très humble et obéissant serviteur : Aiidrea de Borgo.
§ 2. — NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI DE FRANCS ET LE ROI DES ROMAINS. — AFFAIRES DU DUC DE 6UELDRE. . — TERGI- VERSATIONS DE l'empereur SOLLICITÉ d'iNTBRVENIR ÉNEHOI- QUEMENT EN FTALIE. — ATTITUDE ÉQUIVOQUE DU ROI d'aRAOON.
Ma très redoutée dame, si très humblement que faire puis à votre bonne grâce me recommande. Madame, j'ai reçu la nuit passée vos lettres du