‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 273 sur 329 · AFFAIRES DU DUC DE GUELDRE · texte numérisé non relu

AFFAIRES DU DUC DE GUELDRE

de mondil sieur votre neveu n'avaient pourvu au moins sur les confins dudit de Gueldre et soient demeurés tant négligents et impourvus d'obvier aux mauvaises pratiques dudit de Gueldre, et que vraiment ils sont mauvais serviteurs et font mauvais office pour votredit père et pour mondit sieur votre neveu, répliquant derechef ledit sieur roi que le diable l'en puisse emporter, si n'a de ces choses grande moleste et déplaisir, et que si aucuns pensent le contraire de Sa Majesté que c'est à tort, et derechef m'a confirmé et promis qu'il observera sa foi et promesse, et que nullement directement ou indirectement en quelque manière que ce soit ne donnera aide audit de Gueldre de gens ni d'argent, ni aussi lui donnera aucune faveur, mais que toutellement l'abandonne et abandonnera et délaissera et est contente Sa Majesté, que s'il est trouvé qu'autrement il le fasse, de perdre son duché de Milan et remettre icelui sous l'empire, et que si ledit de Gueldre veut faire les folies, il veut permettre qu'il en porte les peines et qu'il ne saurait plus faire en ces choses pour votredit père ni pour mondit sieur votre neveu.

Madame, comme je fisse instance audit sieur roi qu'il voulût donner aide à l'empereur et à mondit sieur votre neveu contpe ledit messire Charles de Gueldre, il me répondit que Sa Majesté avait bien peu de gens es confias de Bourgogne et de Picardie et qu'il les avait quasi tout en Italie, pareillement que devais considérer la grande dépense qu'il avait portée et porte encore, et que de présent il aide, et a d'aider à votredit père en ces guerres de Venise. Vous devez faire le mieux que pouvez contre ledit de Gueldre, et pour ces causes se devrait plus accélérer votredit père à la perfection de ladite guerre de Venise, et y mettre une fin par guerre ou par paix,

ainsi que tous ces jours passés lui a fait par moi écrire, et puis après tant mieux pourra pourvoir en cesdites choses de Gueldre ou d'une manière ou d'autre, me répliquant derechef pour la tierce fois que le grand diable l'en puisse emporter si n'avait grand déplaisir de ces choses ainsi survenues en Gueldre.

Et quant à envoyer un personnage digne de respect audit messire Charles de Gueldre, afin d'expérimenter s'il se voudra abstenir de son obstination, ainsi que ces jours passés j'en ai fait instance, selon que m'avez écrit, ledit sieur roi m'a répondu avoir de ce donné la commission et ordonné à son chancelier, ni la chose avait été délayée sinon pour cause seulement d'élire une personne qui derechef par ceux qui sont entour vous ne fût tenue suspecte, ni dite ainsi qu'ils ont fait des autres que Sa Majesté y a envoyés par ci-devant, c'est à savoir qu'en secret ils portaient argent ou autre commission, lesquels ayant dit telles paroles ont menti, car jamais comme il m'a dit n'y est allé ni aussi y entend aller par dissimulation envers votredit père, vous, ni mondit seigneur votre neveu, mais sincèrement et fraternellement.

Et si, madame, vous avez souvenance de vos lettres, vous en connaissez qu'en vosdites lettres, n'y était contenu choses pour lesquelles ledit sieur roi dût être indigné à rencontre de vous, et croyez, madame, que si aucune chose y fût été de mauvaise sorte, ne fusse été si fol que de les déclarer, mais bien vous savez que tout ce que contenaient vosdites lettres n'était sinon qu'il semblait que l'on alyt par dissimulation, et que si ledit sieur roi voulait tenir la main à certes, que ledit de Gueldre se garderait bien de faire telles nouvelletés pour lesquelles il vous dé-

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