‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 274 sur 329 · AFFAIRES DV DUC DÉ GUELDRE · texte numérisé non relu

AFFAIRES DV DUC DÉ GUELDRE

plairait grandement s'il était force à l'empereur votre père rompre son entreprise au commun bien de leurs deux Majestés, ce qu'il étdt nécessaire dire, combien, madame, je n'ai jamais en lisant vosdites lettres au roi dit que lui y allit par dissimulation, mais bien aucuns étant près de lui, lesquels soutiennent ledit messire Charles de Gueldre.

Madame, combien je sais que vous et votre conseil de par delà soyez assez sages et que n'avez besoin de mon conseil, toutefois pour vous obéir et à votre correction, mon petit avis est que devez, comme premièrement sur la nouvelle de la prise d'Arduyck je vous ai écrit, faire tout votre possible par force d'armes et autrement pour le recouvrement de vos villes et contre ledit de Gueldre ce que pourrez, toutefois sans nuire ni rompre l'entreprise de votredit père en Italie, laquelle sera bien brève, si à cette heure il diligente de son côté.

Et si n'avez la force pour faire la guerre tellement que pouvez recouvrer le vôtre et battre ledit de Gueldre, au moins vous devez parforcer de le faire et pourvoir tellement que ne veniez à perdre plus rien et pareillement que, si ne pouvez recouvrer lesdites villes ni les marchands, au moins que vos gens ne soient battus, ni vos pays pillés ni détruits, mais plutôt faites dommage à vos ennemis par tous les moyens que pourrez, et si pouvez rendre le semblable audit messire Charles de Gueldre de ce qu'il vous a fait, lui prenant quelque ville ou faire quelque autre exploit de guerre sur lui, en serez grandement louée, cependant qu'ira le personnage que doit envoyer le roi, lequel je ferai hâter le plus que je pourrai, combien comme je crois il y fera aussi peu de profit qu'a fait le secrétaire et autres que ledit seigneur roi y a envoyés ni pour ses lettres, et

a LA TRÈS SAINTE lIoUE

crois que jamais ledit de Gueidre ne fera rien sinoil par force et composition, et étant ledit personnage par devers vous, vous parforcerez de le gagner et lui promettre quelque somme d'argent au cas qu'il besogne tellement que ladite restitution soit faite, et si ledit messire Charles de Gueidre ne fait ladite restitution, ainsi comme je crois il ne fera, vous devez par moyen dudit personnage y trouver quelque expédient d'y ôter pour cette heure la guerre, et serait de déposer en mains tierces lesdites villes, et délivrer les prisonniers avec quelque sûreté, jusqu'il se trouvera quelque forme de composition, y mettant tel terme que bon vous semblera et que cependant soit faite une trêve, et aussi cependant que ledit personnage du roi sera par delà pourrez semblablement députer quelque personnage avec lui pour voir si l'on pourra venir à quelque accord des choses dessusdites et du plain pays, et cependant l'empereur mettra fin ou par un moyen ou par autre à la guerre de Venise, et ne serait pas mal qu'avant que votredit père eût achevé sadite entreprise de Venise fût succédé quelque bon accord en cesdites choses de Gueidre, et si ne se peut appointer, l'empereiur avoir finie sadite entreprise, y pourra mieux et plus facilement entendre, et peut-être qu'alors lui et le roi y trouveront quelque bon expédient, mais durant ces pratiques ou de trêve ou d'appointement, il ne se faut point fier à non garder nos villes, mais comme ledit de Gueidre fait les siennes.

Madame, de mon cas je vous remercie très humblement de ce que avez fait et que m'en écrivez, et je crois que les affaires sont comme je vous ai écrit et la maison fort chargée; mais, madame, mon cas est de telle qualité qu'il est aussi nécessaire d'y pourvoir comme d'autres que je sais qu'il y est pourvu,

L^ARMÉE DU ROI s'APPRdCHË DE LA MIRANDOLE 15

et si j'avais autre remède, croyez, madame, que j'en eusse écrit tant de lettres comme j'ai fait, à cette fin; madame, je vous supplie que si n'avez expédié mon homme à le vouloir expédier incontinent et le renvoyer, et Dieu sait comme je souffre en attendant.

Des nouvelles n'est autre survenu de par delà, sinon que l'armée du roi, le quatrième de ce mois, était prochaine de Lamirandola, à cinq milles italiens et les avaient envoyés sommer et Ton cuide que de cette heure elle soit rendue, nonobstant que le gouverneur que l'empereur a mis à Modena se soit retiré dans ladite Admirandola et y ait mis deux cents Allemands et mis hors l'étendard impérial, et depuis ledit gouverneur est sorti dehors et a écrit une lettre à monsieur de Longueville lieutenant du roi, afm qu'il ne touchât à. ladite Admirandola pour être ville d'empire, de quoi le roi a été terriblement troublé, disant que la fille du seigneur Jean-Jacques, es mains de laquelle ladite Admirandola était premièrement, avait icelle perdue au service de l'empereur et du roi; toutefois ledit seigneur roi croit qu'il ait fait cela sans aucune commission dudit empereur. Semblablement ledit seigneur roi se plaint que ledit gouverneur de Modène avait voulu donner aux gens qui étaient dedans le chastel de Bologne, quatre mille ducats afin qu'ils voulussent mettre ledit chastel en ses mains disant qu'il avait fait comme serviteur du pape et non point comme serviteur de l'empereur; j'ai fait leâ excuses dudit gouverneur comme il appartenait, et remontré que par deçà sont écrites beaucoup de menteries.

Le roi n'attend ici autre chose sinon la résolution de l'empereur votre père, et m'a dit que si l'empereur votredit père vient et qu'il se veuille voir

ensemble, Sa Majesté passera les monts comme il a promis, et si ne vient dans la fin de cedit présent mois, Sadite Majesté n'attendra plus, mais s'en retournera, combien qu'il enverra à votredit père l'aide qu'il lui a promis et qu'il est tenu, et prie ledit seigneur roi votredit père que si, de son côté, il ne peut faire ladite guerre de Venise, il le veuille déclarer franchement et incliner à la paix, laquelle ledit seigneur roi lui pourchassera la meilleure qu'il pourra ; toutefois jusqu'à présent, il n'y a pas grand fondement, l'on le connaîtra dans dix jours pour les réponses qui viendront du pape et de l'empereur.

Ledit seigneur roi m'a dit ce matin qu'incontinent prise ladite Admirandola, il fera venir trois ou quatre cents lances en son duché de Milan, et le demeurant des gens de cheval et de pied, il enverra à l'entreprise contre les Vénitiens avec les gens de l'empereur; mais il n'entend qu'ils voisent au siège de Padoue si l'empereur votre père n'y est personnellement ou vraiment si votredit père n'y envoie si grand nombre de gens de son côté que raisonnablement se puisse avoir espoir d'obtenir la ville de Padoue.

De l'empereur votredit père le roi est tout ébahi que l'on a nouvelle de lui jà longtemps a, sinon une qu'est venue de Milan que ledit empereur était à Munich avec sa sœur, et que jusqu'ici Ton ne voit pas grand apprêt de guerre.

Monsieur de Gurce, par lettres du XXVII du mois passé, m'écrit d'Inspruck que, par ordonnance de Tempereur, il avait demeuré là quatre jours avec le conseil pour les provisions de la guerre et qu'ils avaient espoir avoir par tout ce mois bien douze mille combattants. Vrai était qu'il y avait aucune faute d'argent, lequel il pourchassait par tous moyens

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et pour les nouvelles qu'il eut de la rupture et défaite des gens du pape et des Vénitiens, il se partit ce jour pour se tirer hâtivement devers l'empereur, mais il ne m'écrit point où il fut.

Madame, la reine est été à Chambéry, pour visiter le Saint Suaire et est retournée, laquelle en fait singulier estime.

Monsieur de Lorraine est venu ici en cour et pareillement le marquis de Montferrat.

Monsieur de Longueville a été malade de fièvres à Plaisance et s'en est allé à Milan pour se faire guérir.

Madame, je vous ai écrit qu'il ne fallait d'ici à Lyon que trois postes, que jamais n'y avez voulu entendre, et le maître des postes a écrit à son .homme de non passer plus avant; madame, la dernière qui m'est venue, il m'a convenu lui bailler un écu et demi et pour envoyer cette jusqu'à Lyon m'en faut bailler quatre; madame, je vous dis qu'il m'est nécessaire vivre et suis si bas comme un qui a eu dix ans les fièvres continues; j'ai dépendu depuis cinq ans en ça au service de votre maison huit cents ducats en extraordinaire et dernièrement, allant en Espagne, trois cents, en deux navires, de quoi je n'ai jamais eu récompense ni satisfaction, ce que les autres ont bien, et non seulement ne puis avoir récompense desdits extraordinaires, mais encore de ce que m'est dû raisonnablement de la sueur de mon corps et peine de mon sang; madame, je n'eti puis plus, et vous avertis qu'il m'est impossible vous écrire si je n'ai le moyen, car il me faut vivre, et j*ai honte, pour être amïi^ssadeur de l'empereur, d'écrire qu'il le me faut ôter hors de ma bouche, et cuidez, madame, que je l'écris à mon regret et ne suis point accoutumé d'ainsi le faire, et ce que j'en

;t Textrême désespération en quoi j*en suis et s grande nécessité.

ime, je prie Notre Seigneur vous donner très et longue vie. Écrit à Grenoble, ce VI® jour de ^otre très humble et obéissant serviteur : i de Borgo.

rès redoutée dame, si très humblement que uis à votre bonne grâce me recommande, ime, le XIIP jour de ce présent mois je vous ai é la poste par laquelle je vous ai averti des les pour lors occurrentes et pareillement de lition de ce gentilhomme que le roi envoie en e, qu'est de vouloir exhorter ledit de Gueidre re et restituer les villes prises à monsieur votre et mettre hors de ses prisons les marchands, trouver au demeurant quelque bon moyen d et appointement en ces choses de Gueidre ; e crois, madame, qu'il en sera comme par je vous ai écrit et écris encore par la lettre

nouvelles, le roi et toute la cour attendent rand désir de jour en jour la résolution de reur votre père. Les dernières nouvelles qui nues de lui sont du IX de ce mois d'emprès uke (Insprûck) une petite journée, pleines de poir qu'en peu de jours il serait prêt, mais ique de là à six jours il ne pouvait détermit dire le jour qu'il serait prêt, leur de Gurce m'écrit par lettre duditIX«jour ludit Isprouke comme cedit jour lui et mesul d'Eflpjpitain se partaient de là pour eux tirer ledit empereur à faire résolution sur toutes

ATTITUDE éQUIVOQUB DO ROI d'aRAOON 19

choses et que incontinent l'empereur m'avertirait de tout. Quand j'en aurai nouvelle je vous en avertirai. Tout le monde crie ici pour ce que le roi demeure en cette ville pour la grande faute de vivre qui est ; toutefois ledit sieur roi est délibéré d'y attendre ladite résolution.

La réponse du pape touchant la pratique de l'ambassadeur du pape n'est encore venue, et, puisqu'elle tarde tant, Ton commence à cogiter qu'il n'y soit pas grand fondement en ladite pratique.

D'Espagne, l'ambassadeur d'Aragon a eu poste avec lettres datées du sixième de cedit mois responsives aux nouvelles de la victoire du roi contre l'armée du pape et des Vénitiens. Ledit roi d'Aragon démontre avoir plaisir de ladite victoire, priant ledit sieur roi de France à en vouloir user à faire une bonne paix universelle, et ledit sieur roi prie semblaWement ledit roi de France avec paroles toutes douces et humaines à vouloir faire rendre la ville de Bologne audit pape, et remettre es mains de l'Église; sur quoi le roi a répondu qu'il n'a rien à faire en ladite ville, mais qu'elle s'est voulu mettre en l'état qu'elle était accoutumée, et que si ledit roi d'Aragon la veut faire rendre, qu'il la voise assiéger et prendre par force et en faire l'entreprise; et que ladite ville et les Bentevoilles démontrent à vouloir être bons sujets de ladite Église, mais non vouloir souffrir qu'ils soient si malvaisement traités que d'être contraints par lui roi de France à se rendre es mains du pape de la façon que ses officiers la tenaient.

Touchant le concile ledit roi d'Aragon a répondu qu'il n'est à ces temps convenable de le faire, mais qu'il se devra faire depuis qu'il sera fait une paix universelle et que alors il y entendra volontiers.

Item, ledit ambassadeur a eu encore nouvelles par

ladite poste, comme l'aide qu'envoie le roi d'Aragon à l'empereur, à savoir de trois mille piétons et. sept ou huit cents chevaux étaient partis de Séville pour eux embarquer à Malica et descendre premièrement au royaume de Naples, et depuis aller au secours de l'empereur; Dieu sait à quel temps ils y seront.

Messire Annibal Bentivoille et les ambassadeurs de la ville de Bologne sont venus cejourd'hui.

Ici s'attend dans trois ou quatre jours le cardinal de Ferrare.

Le roi a envoyé l'expédition bien ample du gouvernement du duché de Milan à monsieur de Foix.

Venant ici le sieur Albert de Carpy, pour ge justifier de ce qui lui était imputé, fut pris en Alexandrie et mené au château de Milan ; le roi a mandé qu'il soit délivré et que l'on le laisse venir ici à se jus* tifier.

Aucuns gens d'armes du roi de France passent continuellement à Vérone, et le demeurant ira quand l'empereur sera prêt; pensez, madame, quelle belle et grande occasion l'on perd à cette heure à faire notre affaire ; c'est notre malheur, je ne veux dire autrement.

Madame, l'empereur m'a écrit une lettre moitié douce et aigre par laquelle il me mande que ne soie si hardi de me partir d'ici, et que j'aie patience encore pour un peu de temps, de quoi, madame, je vous promets que je me trouve en grande perplexité, considéré les termes et nécessités en quoi je suis été et suis, et me mande en outre l'empereur que je doive avoir bon courage; car il a commandé et ordonné bien expressément que je sois payé et satisfait entièrement de tout mon dû du passé, afin que me puisse entretenir, et payer mes crédenciers, et que ci-après me soit continuellement payée ma pension afin de

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pouvoir continuer au service de votre maison, et qu'achevée cette guerre qu'il espère être cet été ou par force ou par appointement, qu'il me pourvoira bien en Italie, et m'a envoyé la lettre que je vous envoie avec cette liée adressant à vous et à messieurs des finances.

Je vous supplie, madame, très humblement que sans plus de délai vous y veuilliez donner une bonne et briève expédition du moins d'une bonne partie de mon crédit comme il est bien nécessaire et du demeurant m'en donner une bonne assignation que je ferai vendre incontinent pour argent pour m'entretenir comme dit est.

J'avais envoyé partie de mes robes -et de mes serviteurs en Italie et à cette heure je suis contraint de les renvoyer querre. Dieu sait comme je m'en trouve, toutefois je me console que raisonnablement avant qu'il soit la fin de septembre l'on pourra être dehors ou par moyen ou par autre.

Madame, je prie le Créateur vous donner très longue et bonne vie. A Grenoble, ce XVIII<» jour de juin. Votre très humble et très obéissant serviteur : Andréa de Borgo.

Ma très redoutée dame, si très humblement que faire puis à votre bonne grâce me recommande.

Madame, j'ai expédié une poste le XVIIP jour de ce présent mois par laquelle avez été avertie de toutes choses. Madame, depuis j'ai parlé au roi ensuivant vos dernières lettres tant touchant les prisonniers, que d'autres choses en conclusion. Sa responsion et résolution a été telle que par mes autres lettres vous ai écrit et tout ce qu'écrit messire Charles de Gueldre ne sont que mensonges et mentcries et qu'il n'y a

point de raison en son fait et m'en a dit le roi ce que paravant il m'avait dit et dont par moi avez été avertie, à cette cause ne vous en fais plus longue lettre sinon que mon avis est qu'il en sera comme plusieurs fois vous ai fait savoir.

Des nouvelles, madame, le vingtième jour de ce présent mois vint la réponse du pape à l'ambassadeur d'Ecosse de la manière que s'ensuit :

A savoir un brief du pape responsif aux lettres que le roi lui avait écrites et était à la un crédencial sur ledit ambassadeur d'Ecosse.

Sur ladite crédence ledit ambassadeur a dit au sieur roi tout plein de bonnes paroles générales, mais quant à la paix de Ferrare ledit pape demeure comme il était paravant la victoire eue.

Et quant à la paix de Venise, le pape ne lui a envoyé aucune particulière réponse, sinon qu'il ne veut pas retourner au traité de Cambrai ni à ce n'est tenu, mais qu'il a bien bon vouloir devers l'empereur et qu'il a espoir d'appointer envers l'empereur le fait des Vénitiens et que plus tôt Sa Sainteté les aiderait d'aucunes sommes d'argent afin que plus tôt ledit appointement se peut faire,, avec ledit empereur, et en conclusion, madame, il ne s'est trouvé aucun fondement en cette pratique dudit ambassadeur.

L'homme dudit ambassadeur qui est retourné de devers le pape a rapporté de bouche qu'en partant l'ambassadeur d'Espagne lui dit que l' appointement entre l'empereur et les Vénitiens était en bons termes et quasi demi-fait et que dans brief temps il avait l'espoir qu'il s'achèverait et serait conclu, et que de la part de l'empereur il y avait un homme près ledit ambassadeur d'Espagne poursuivant ledit appointement. Le roi ni son conseil ne sont point été contents de ces réponses du pape.

LETTRES Dfi lWpEREUR SS

Après j'ai eu la résolution de Tempereur laquelle le roi attendait et sont ses lettres données à Halle près d'Isprouck le douzième jour de cedit mois, contenant entre autres choses ce que s'ensuit.

Premièrement, qu'il était délibéré de venir à l'entreprise personnellement.

Iteniy qu'il aurait son armée de quatorze mille combattants selon le traité de Blois.

Item, tiercement, il prie le roi que lui envoie les cent lances et les huit mille piétons, et la bande d'artillerie selon qu'il y «st tenu, et qu'il avertisse l'empereur du jour ou du lieu où, au Veronois ou au Vincentin ou Padouan, son armée sera prête, car au même temps et au même lieu la majesté de l'empereur et sadite armée y seront sans faute, et l'empereur m'écrit qu'il a pratiqué avec le marquis de Mantoue pour le faire capitaine général de son armée, et s'il n'en veut prendre la charge, qu'il y sera un duc d'Allemagne cousin de son impériale Majesté qui s'en venait à Trente.

Après l'empereur m'écrit qu'il n'est pas vrai que l'armée du pape et des Vénitiens ait été détruite, mais qu'elle est quasi demeurée tout entière des gens d'armes à cheval, et que lesdits Vénitiens se renforcent.

Outre, il m'écrit que je fasse entendre au roi que puisque le temps est si avant et les chaleurs sont jà grandes et aussi pour non se partir d'avec la reine et pour d'autres fraternelles causes qu'il m'écrit, que l'avis de son impériale Majesté est qu'il ne doit jà passer en Italie, mais qu'il se doive entretenir à ces confins du Dàuphiné, afin que, si la nécessité vient qu'il doive passer, il soit plus tôt prêt et que bientôt il pourra être à l'entreprise, puisqu'il a tous ses gens d'armés de cheval et de pied delà lesdits monts et son artillerie avec.

Eq outre il m'écrit qu'il lui semble que l'on doive entendre à persequir la matière du concile de bonne manière. '

Et quant à la pratique de l'ambassadeur d'Ecosse, l'empeteur demande, comme il est accoutumé, ou qu'il retourne au traité de Cambrai, ou gu'il soit fait un appointement des Vénitiens en satisfaction de son impériale Majesté.

Les résolutions du roi sont été comme s'ensuit :

Il a loué grandement la venue de l'empereur à l'entreprise lui priant à se hâter.

Outre il prie derechef l'empereur à lui déclarer le jour qu'il sera prêt et le lieu où il veut faire la congrégation de son armée, et qu'il en avertisse le roi, comme beaucoup de fois il l'en a prié, et que tout incontinent au même jour et lieu, il aura prêté l'aide qu'il lui a promise par ledit traité de Blois.

Ledit sieur roi a trouvé très bon l'avis dudit empereur qu'il demeure et s'entretienne par deçà pour si la nécessité vient pouvoir passer et être plus prêt, et à cette cause il se part mercredi ou jeudi d'ici pour aller à Valence disant qu'il sera aussi prochain d'Italie là qu'ici, car de demeurer en cette ville il est impossible pour la faute de vivres.

Quant au concile, le roi entend à l'exécution.

Quant à l'ambassadeur d'Éçosse, il a expédié aujourd'hui avec réponses générales, bonnes et aigres, lui certifiant l'indissoluble union de leurs impériale et très chrétienne Majestés, et que si à cette heui;e Sa Sainteté ne s'incline à la paix, qu'il n'aura paix quand il voudra, et qu'il lui prie ne lui donner ocjcasion de. passer en Italie; car, s'il y passe, il en voudra :Venir à un bout, et les semblables paroles a dites le roi à l'ambassadeur d'Aragon, afin qu'il écrive à son maître ; duquel le bruit est que derechef il soutient le pape

suppuaTiONS. d^andrea de borgo 25

eu ses obstinations où il demeure, et que ledit roi d'Aragon ne voudrait que la paix se fit sinon par ces mains et de la façon qu'il voudrait et non autrement et que les Vénitiens soient sauvés et, en conclusion, en cettedite pratique d'Ecosse n'y a plus grand espoir.

L'on estime que le temps de cette année est si avant et que Padoue et Trévise sont si fortifiées que l'on doute que cettedite année sera bien difficile de les avoir par siège; je prie qu'il nous donne une bonne paix.

Madame, en cette affaire de Savoie, il semble qu'il y a peu d'espoir d'appointement, mais plutôt que les Suisses veuillent envahir, je ne sais qu'il en sera : le roi envoie au duc de Savoie trois cents lances.

Le marquis de Montferrat s'est parti cejourd'hui pour retourner en son pays et beaucoup de gens se sont partis pour retourner en leurs maisons.

De l'aide que le roi d'Aragon doit envoyer à l'empereur l'on n'en a jamais eu autre nouvelle, et ainsi le m'écrit l'empereur.

Madame, tant plus que j'attends, tant je suis en plus mauvais termes et sans provision et sans pitié nulle ; au dernier je prendrai pour témoin Dieu et le monde si je suis contraint à faire ce que me déplaira. Je vous supplie derechef très humblement et prie messieurs des finances à me pourvoir et faire raison de ce qui tn'est dû de la peine de mon corps et de ma sueur ; je l'ai écrit par plusieurs fois, mais il ne s'en tient compte, et toutefois, madame, il me semble que n'est pas la raison.

Ma très redoutée dame, je prie Notre Seigneur vous donner très bonne et longue vie. A Grenoble, ce vigile Saint-Jean-Baptiste. Votre très humble et obéissant serviteur: Andréa de Borgo.

Ma très redoutée dame, si très humblement que faire puis à votre bonne grâce me recommande.

Madame, je vous ai le septième jour du mois présent expédié la poste par laquelle vous avez été avertie de toutes nouvelles ; les autres qui sont depuis survenues, sont telles que s'ensuivent, à savoir :

Que le pape est de pire courage qu'il ne fut jamais et fait faire continuellement assemblée de gens à la fin que par mes autres lettres vous ai écrit et pour desturber l'entreprise contre les Vénitiens, et qu'il n'a nulle inclination à la paix.

Madame, écrivant cette sont venues les nouvelles au roi dont je vous envoie les copies ci-encloses par quoi ne vous en fais plus longue lettre.

Madame, j'ai reçu vos lettres du cinquième de ce mois et de ce que m'écrivez touchant monsieur de Liège j'en ai parlé au roi, à monsieur le Chancelier et autres de son conseil, qui en sont été bien contents, et pareillement à messire Robert de la Marche, frère dudit de Liège, qui est ici, des lettres que m'avez envoyées audit sieur de Liège, je les vous envoie ; car jà longtemps est qu'il est parti.

Quant à ce que m'écrivez des choses de Gueldre, madame, je vous conseille que faites votre cas comme par autre je yous ai écrit, car il est temps ; des autres choses contenues en vosdites lettres, je n'en ai voulu parler ni montrer, car il me semble n'être au propos.

Du fait de Ne vers j'en parlerai encore, mais je sais ne me sera répondu autre sinon choses générales comme déjà m'a été fait.

Madame, je vous avertirai continuellement de toutes autres choses qui surviendront, vous priant me tenir continuellement à votre bonne grâce et me commander vos bons plaisirs pour les accomplir comme je

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