LA CANDIDATURE DE MAXIMILIEN A LA PAPAUTÉ
(Le Glay, Correspondance de Maximilien^ t. II.) Maximilien A Marguerite.
Très chère et très aimée fille, j'ai entendu l'avis que vous m'avez donné par Guyllain Pingun, notre garderobe vyess, dont avons encore mieux pensé dessus.
Et ne trouvons point pour nulle raison bon que nous nous devons franchement marier.
Maximilien I^, empereur d'Âllema^e, diaprés Lucas de Leyde.
Et envoyons demain monsieur de Gurce, évêque, à Rome, devers le pape pour trouver façon que nous puissions accorder avec lui de nous prendre pour un co-adjuteur, afin qu'après sa mort pourrons être assuré d'avoir le papat et devenir prêtre et après être Saint, et qu'il vous sera de nécessité que, après ma mort, vous serez contraint de m'adorer, dont je me trouverai bien glorieux.
J'envoie sur ce une poste devers le roi d'Aragon pour le prier qu'il nous veuille aider pour à ce parvenir, dont il est aussi content, moyennant que je résigne l'empire à notre commun fils, Charles. De cela aussi je me suis contenté.
Le peuple et gentilhomme de Rome ont fait une alliance contre les Français et Espagnols et sont XX mille combattants, et nous ont mandé qu'ils veulent être pour nous pour faire un papat à ma poste et de l'empire d'Allemagne et ne veulent avoir ni Français, Aragonais, ni moins nul Vénitien.
Je commence aussi pratiquer les cardinaux, dont deux cent ou trois cent mille ducats me feront un grand service, avec la partialité qui est déjà entre eux.
Le roi d'Aragon a mandé à son ambassadeur qu'il veut commander aux cardinaux espagnols qu'ils veulent favoriser le papat à nous.
Je vous prie, tenez cette matière un peu secrète, aussi bien, en briefs jours, je crains qu'il faut que tout le monde le sache; car bien mal été possible de pratiquer une telle si grande matière secrètement pour laquelle il faut avouer de tant de gens et d'argent secours et pratique, et adieu. Fait de la main de votre bon père Maximilianus , futur pape. Le XVIIl^ jour de septembre.