‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 300 sur 329 · LE DUC DE NEMOURS AU MILIEU DES SIENS · texte numérisé non relu

LE DUC DE NEMOURS AU MILIEU DES SIENS

armes de Navarre et de Foix, mais qui était fort pesant. En sortant de sondit logis, il regarda le soleil déjà levé, qui était fort rouge, et commença à dire à la compagnie qui était autour de lui : « Regardez, messeigneurs, comme le soleil est rouge )>. Là était un gentilhomme qu'il aimait à merveille, fort gentil compagnon, qui s'appelait Haubourdin, qui lui répondit : « Savez-vous bien ce que c'est à dire, monseigneur? Il mourra aujourd'hui quelque prince ou grand capitaine; il faut que ce soit vous ou le vice-roi. » Le duc de Nemours se prit à rire de ce propos, car il prenait en jeu toutes les paroles dudit Haubourdin. Il s'en alla jusques au pont, voir achever de passer son armée, laquelle faisait merveilleuse diligence.

Cependant le bon Chevalier vint le trouver et lui dit : « Monseigneur, allons nous ébattre un peu le long de ce canal, en attendant que tout soit passé j). A quoi s*accorda le duc de Nemours, et il mena en sa compagnie le seigneur de Lautrec, le seigneur d'Alègre et quelques autres, jusques au nombre de vingt chevaux. L'alarme était grosse au camp des Espagnols, comme de gens qui s'attendaient d'avoir la bataille en ce jour ; et ils se 'mettaient en ordre, comme pour recevoir leurs mortels ennemis. Le duc de Nemours, allant ainsi à Tébat, commença à dire au bon Chevalier : « Monseigneur de Bayard, nous sommes ici en butte fort belle ; s'il y avait des arquebusiers de l'autre côté cachés, ils nous escarmoucheraient à leur aise ». Et sur ces paroles, ils avisèrent une troupe de vingt ou trente gentilshommes espagnols entre lesquels était le capitaine Pedro de Paz, chef de tous leurs genétaires S et tous lesdits gen-

Page 1