‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 309 sur 329 · INVASION DES FRONTIÈRES · texte numérisé non relu

INVASION DES FRONTIÈRES

Privée de son glorieux chef, fort réduite en nombre par les pertes considérables qu'elle avait faites à Brescia et à Ravenne et par l'abandon des lansquenets impériaux^ auxquels Vempereur Maximilien avait donné Vordre de quitter le service de la France, Varmée victoneuse en fut bientôt réduite à défendre le Milanais. En effets le roi ne pouvait plus compter sur r alliance de Maximilien qui^ dés le 6 août 4512, avait conclu une trêve avec les Vénitiens, Vévêque de Marseille, Claude Seyssel, envoyé en ambassade auprès de ce prince, le trouva fort mal disposé, rempli de dissimulation et de mauvais vouloir. Au retour de sa mission, il passa par. Matines, espérant y voir Marguerite d'Autriche et int&i'^sser cette princesse au maintien de la bonne harmonie entre les deux souverains; mais Vévéque ne fut point admis en sa présence. Après avoir informé le roi du mauvais succès de ses démarches, il se rendit auprès du duc de Savoie, qui s'employa, mais vainement, à cette œuvre de réconciliation. Durant ce temps les troupes françaises dans le Milanais étaient obligées de reculer de place en

place. Les habitants des villes naguère conquises et i pillées, entre autres ceux de Ravenne, exercèrent d'horribles représailles sur les Français. Dans cette dernière place, la garnison de la citadelle ayant capitulé, moyennant vie et bagues sauves, malgré cette condition les soldats furent égorgés , et les officiers, enterrés jusqu'au cou, restèrent dans cet affreux état jusqu'à ce qu'ils demandassent la mort comme une faveur.

Maximilien Sforza reprit possession de son duché avec l'aide des Suisses, du pape et de l'empereur lui-même, qui reconnut le concile de Latran, sans se déclarer encore hautement contre la France,

§ 1. — MAUVAISES MESURES PRISES PAR LOUIS XII POUR LA DÉFENSE DE l'iTALIE. — RETOUR OFFENSIF DES SUISSES ET DES VÉNITIENS.

(Mémoires de Fleurange.)

Ledit seigneur roi démena un merveilleux deuil de la mort de monsieur de Nemours, son neveu, tel qu'on ne le pouvait apaiser; et manda ledit seigneur roi audit sieur de la Palice casser toute son armée et mettre les gens d'armes en garnison par les villes, ce qùe'monsieur de la Palice fît à bien grand regret, et n'étaient point les autres capitaines de cette opinion; et. en fit le roi très grand mal, car il ne devait jamais rompre son armée, mais la renforcer, car il en avait bien le pouvoir ; et ne fût point advenu ce que depuis a été ; car je veux dire que cette faute a été cause de toutes les guerres qui ont depuis été faites en Italie et en la plus grande partie de la chrétienté, et s'il eût alors renforcé son armée et bouté avant, il eût été prince de toutes les Italies et roi de Naples aussi ; car il avait l'empereur Maximilien pour lui, et

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