RETOUR OFFENSIF DES SUISSES ET DES VÉNITIENS
faisaient la plus grande part de leurs guerres ensemble.
(Juin i512.) Les Suisses qui n'étaient point d'accord ni en paix avec le roi de France, mais voulaient bien avoir part en Italie, entendirent la rompture de cette armée; aussi firent les Vénitiens qui ne pensaient pas que le roi en dût faire ainsi, dont furent merveilleusement aises. Les Suisses se commencèrent à mouvoir; et pensait monsieur de la Palice que ce ne serait rien, car ils étaient descendus à Milan deux ou trois fois; et pour ce que à chacun coup le grand nombre des chevaux français leur coupaient les vivres, s'en retournaient, avec cinquante mille écus qu'on leur donnait, et leur faisaiton la bataille d'écus au soleil ; et en apprit la façon monsieur le grand maître Chaumont. Cela fait, les Suisses marchèrent avec l'aide du cardinal de Sion et les Vénitiens de leur côté; quoi voyant, monsieur de la Palice garnit le château de Milan et le château de Crémone de gens, de vivres et d'autres munitions, et envoya monsieur d'Aubigny avec trois cents hommes d'armes dedans Bresse; et lui, avec toute la gendarmerie et les lansquenets du capitaine Jacob qui étaient demeurés, se retira dedans Pavie ; car la chose fut merveilleusement subite, et tant que ledit sieur de la Palice n'eut loisir d'assembler ses gens, ni de mettre ordre en son affaire. Les Vénitiens et les Suisses marchaient toujours; et se mirent ensemble leurs deux armées.