‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 313 sur 329 · CAMPAGNE DE NAVABRE *. — SIÈGE INFRUCTUEUX DE PAMPELUNE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE NAVABRE *. — SIÈGE INFRUCTUEUX DE PAMPELUNE

Le bon Chevalier fut encore quelque temps après en Dauphiné, faisant grosse chère, jusques à ce que le roi de France son maître envoya une armée en Guyenne, sous la charge du duc de Longueville,

1. La restauration des Sforza au duché de Milan, dans la personne de Maxiniilien, fils aîné de Ludovic le More, fut l'œuvre des Suisses, qui y trouvèrent de grands avantages, et convint surtout aux deux principaux membres de la Sainte Ligue, au pape Jules II et au roi Ferdinand le Catholique. Jules II crut apercevoir dans le rétablissement en Lombardie d'un prince italien que soutenait l'armée helvétique, dont le cardinal de Sion

USURPATION DU IlOYAUME DE NAVARRE H5

pour vouloir recouvrer le royaume de Navarre, que depuis peu avait usurpé par force le roi d'Aragou sur celui qui le tenait à juste titre; et il n'y avait trouvé prétexte, sinon que celui-ci était du parti du roi de France. Je ne sais comment il alla de ce beau voyage, mais après y avoir longuement été sans rien

était le guide et le chef, un commencement de succès pour ses grands desseins en faveur de l'indépendance italienne. Le roi Ferdinand, de son côté, ne craignant plus rien pour le royaume de Naples de la part des Français rejetés au delà des Alpes, se considéra désormais comme le principal arbitre des adaires dans la péninsule. Il se retourna alors avec une perfide habileté contre le trop confiant voisin qu'il avait endormi. Dépouillé de ses domaines d'Italie, Louis XII commençait à craindre que les alliés ne pénétrassent en France. Au nord, il avait en effet à se prémunir contre une descente des Anglais, que Maximilien favorisait secrètement en livrant passage aux troupes auxiliaires recrutées pour Henri VIII. Au midi, on redoutait tout à la fois l'invasion de. la Guyenne par les Anglais et celle du Languedoc par les Espagnols. En effet, son gendre Henri VIII ayant déclaré la guerre à la France, Ferdinand lui avait persuadé de transporter ses troupes à Fontarabie et de les joindre aux siennes, afin de prendre la Guyenne que Charles VII avait enlevée aux Anglais^depuis près de soixante ans. Un traité d'alliance conclu par Louis XII avec le roi Jean d'Albret et la reine de Navarre fournit un prétexte de plus au roi d'Aragon pour envahir ce petit royaume, s'y établir et en rester maître. Ainsi le crédule Henri VIII, sans rien acquérir pour lui, aida son beau-père à s'emparer de la Navarre sur Jean d'Albret, que Jules II avait excommunié comme allié de Louis XII, et à compléter ainsi vers les Pyrénées la frontière espagnole que le roi d'Aragon avait eu la gloire d'achever aussi vingt ans auparavant sur les côtes méridionales de l'Espagne, en face de l'Afrique, par la conquête du royaume de Grenade.

116 La TRES SAINTE LICIË

exécuter, la grosse armée s'en retourna et on fit passer les monts Pyrénées à une partie d'icelle, dont fut chef le seigneur de la Palisse; et puis, quelque temps après, lui fiit envoyé de renfort le bon Chevalier sans peur et sans reproche, qui lui mena quel^ ques pièces de grosse artillerie. Le roi de Navarre dépouillé était avec eux. Ils prirent quelques petits forts, puis vinrent mettre le siège devant Pampelune. Cependant, le bon Chevalier alla prendre un château, où il eut gros honneur, comme vous Tentendrez.

Cependant que le gentil seigneur de la Palisse plantait, avec le roi de Navarre, le siège devant la ville de Pampelune, il fut avisé qu'il serait bon d'aller prendre un château, à quatre lieues de là, qui nuisait merveilleusement au camp des Français. Je crois bien qu'en la place il n'y pouvait pas avoir grosse force; toutefois, parce que l'on se doutait qu'en une petite ville près de là, appelée le Pont-la-Reine, pourraient être quelques gens qui peut-être la viendraient secourir, on décida qu'on mènerait une assez bonne bande de gens de cheval et de pied. Le roi de Navarre et le seigneur de la Palisse prièrent le bon Chevalier qu'il voulût prendre cette entreprise en main, et lui, qui jamais ne fut las de travail qu'on lui siit bailler, l'accorda incontinent. 11 prit sa compagnie et celle du capitaine Bonneval, hardi chevalier, quelque nombre d'aventuriers et deux enseignes de lansquenets, qui étaient chacune de quatre cents hommes, et ainsi s'en alla tout en plein jour devant cette place.

11 envoya un trompette, pour faire entendre à ceux qui étaient dedans qu'ils eussent à la mettre entre les mains de leur souverain, le roi de Navarre, et qu'il les prendrait à merci et les laisserait aller, leurs vies et bagues sauves; qu'autrement» s'ils étaient pris

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