‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 321 sur 329 · CAPITULATION DE THÉROUANNE · texte numérisé non relu

CAPITULATION DE THÉROUANNE

terre, durant ce temps, le fit pratiquer pour être à son service, lui faisant offrir beaucoup de biens , mais il perdit sa peine, car son cœur était tout français.

Or il faut entendre une chose, c'est que, combien que le bon Chevalier n'eût pas de grands biens, homme son pareil ne s'est trouvé de son temps qui ait tenu meilleure maison que lui, et, tant qu'il fut dans les pays de l'Empereur, il la tint opulemment aux Hennuyers et Bourguignons; et encore que le vin y soit fort cher, toutefois ne leur manquait-il rien quand ils s'allaient coucher, et il y eut tel jour qu'il dépensa vingt écus en vin. Plusieurs eussent bien voulu qu'il n'en fût jamais parti ; toutefois il s'en retourna en France quand il eut achevé son terme, et fut conduit et très bien accompagné jusques à trois lieues des pays de son maître.

§ 10. — CAPITULATION DE THÉROUANNE. — Ï»RISE DE TOURNAt.

L'Empereur et le roi d'Angleterre demeurèrent quelques jours devant Thérouanne, qui enfin se rendit par faute de vivres *; et fut la composition que les capitaines et gens de guerre sortiraient vies et bagues sauves, et qu'aucun mal ne serait fait aux habitants, ni la ville démolie. Ce qu'on promit aux gens de guerre fut bien tenu, mais non pas à ceux de la ville; car le roi d'Angleterre fit abattre les murailles et mettre le feu en plusieurs lieux, qui fut grosse pitié. Toutefois depuis les Français la remirent

1. C'est le 24 août 1513 qu'eut lieu dans cette ville l'entrée de Henri VIU et de Maximilien, cédant toujours le pas au roi d'Angleterre.

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en son ordre et plus forte que jamais. De là l'Empereur et le roi d'Angleterre levèrent leur siège et rallèreht planter devant la ville de Tournay, qui se fût assez défendue, si les habitants eussent voulu accepter le secours des Français qu'on voulait leur bailler; mais ils dirent qu'ils se défendraient bien d'eux-mêmes, dont mal leur en prit, car leur ville fut prise et mise aux mains du roi d'Angleterre, qui la fortifia à merveille *. L'hiver était déjà avancé; parquoi l'armée fut rompue, et le roi d'Angleterre se retira en son royaume, et l'empereur d'Allemagne. Pareillement le camp du roi de France se défît et l'on se logea par les garnisons, sur les frontières de Picardie.

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