DÉSERTION DES TROUPES AUXILIAIRES DE LUDOVIC LE MORE
Les Bourguignons, Albanais et Lombards, après ce, ne firent sur le champ long séjour; mais le plus
tôt qu'ils purent se retirèrent. Les Français, voyant cette retraite, s'arrêtèrent, et tout autour de la ville mirent le siège. ^
Le comte de Ligny se mit dedans Tabbaye dont j*ai parlé par ci-devant, et coucha cette nuit dedans, sans guère dormir. Le sire de la Trémouille, avec ses gens d'armes, prit le quartier, en approchant la ville, lequel, de sa part, faisait si bon guet, qu'homme par là ne se pouvait sans sa merci sauver. Le seigneur Jean-Jacques était de l'autre part de la ville avec ses gens. Les Suisses et l'artillerie autour de l'abbaye étaient. Somme, chacun fit cette nuit devant la place - et aux passages prochains de là, guets et gardes, afin que nul d'emblée se retirât.
Le seigneur d'Alègre, avec deux cents hommes d'armes, fut transmis sur la rivière du Tésin, pour garder le passage. Cette nuit commencèrent Français et Bourguignons à parlementer. Les Allemands du seigneur Ludovic et les Suisses du parti du roi allaient et venaient ensemble, comme si entre eux fût la trêve. Un nommé le capitaine des Piètres, du parti du seigneur Ludovic, se rendit cette nuit au comte de Ligny, dont furent les Bourguignons mal contents; car ils cuidaient celui capitaine l'un de tous ceux de leur parti plus assuré pour le seigneur Ludovic. Toutefois en ce furent déçus. Ainsi peu à peu chacun venait à la raison.
Le lendemain jeudi, neuvième jour d'avril, les Allemands du seigneur Ludovic avec les Français eurent sur leur affaire parlement, disant que si, bagues sauves, on les voulait laisser et donner passage, que volontiers en leur pays s'en iraient.
Les Bourguignons pareillement demandèrent aux lieutenants du roi sauf-conduit, pour eux retirer avec leurs bagues, et demandaient que les Lombards fus-