LUDOVIC LE MORE LIVRÉ PAR LES SUISSES
Les Suisses du parti du roi, qui tenaient bataille, sachant que le sire de la Trémouille sur les Allemands du seigneur Ludovic voulait charger, tout soudain lui mandèrent qu'il ne se hâtât de ce faire, et que, s'il marchait en avant pour exécuter son entreprise, avec eux aurait à besogner, et qu'ils lui donneraient sur queue. Ainsi fut ce propos différé et remis, qui moult déplut aux Français; mais autre chose n'en surent faire, si n'est penser qu'en peu de sûreté est celui qui d'armes tant pesantes se saisit, que, au besoin, ne s'en peut aider. Pour au propre revenir, après la sommation du sire de la Trémouille, les Allemands du seigneur Ludovic promirent de rendre ledit Ludovic; et pour ce, vers iceux Allemands furent transmis le seigneur de Mauléon et le bailli de Dijon, qui bonne diligence mirent pour le trouver, et telle poursuite en fit le bailli de Dijon, que par aucuns des Allemands, auxquels il donna deux cents écus, sut où il était, et là prit son adresse où prit le seigneur Galéas. Il voulut prendre le seigneur Ludovic, lequel ne lui voulait bailler la foi, et ainsi qu'ils étrivaient , arriva le comte de Ligny parmi la presse, et là le vint trouver à tous ses cheveux troussés sous une coiffe, une gorgerette autour du col, un pourpoint de satin cramoisi, et des chausses d'écarlate, la hallebarde au poing, et eil ce