‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 49 sur 329 · ACCIDENTS ARRIVÉS AU PAPE ALEXANDRE VI · texte numérisé non relu

ACCIDENTS ARRIVÉS AU PAPE ALEXANDRE VI

Le vingt- huitièmajour de juin, le pape Alexandre VI, étant en l'église de Saint-Pierre de Rome, soi pourmenant avec le cardinal Coppoue, un des chandeliers de l'église, pesant cent livres ou plus, chut entre eux deux, et tant près du pape, que son habillement, depuis le chef jusqu'aux pieds, fut dérompu et déchiré.

Le lendemain, jour de la fête solennelle de Saint- Pierre et Saint-Paul, patrons et chef de l'Église militante, sur les deux heures après midi, étant le pape en sou palais, assis en une chaire élevée sur douze degrés, au-devant de lui, contre une fenêtre verrinée, un tourbillon ventueux vint tant impétueusement heurter, que, par le croulis de l'orage, fut la fenêtre entr' ouverte, et le verre brisé; et voyant le Père Saint que le pouvoir du vent forçait la fenêtre, pour icelle appuyer, transmit le cardinal Coppoue, lequel n'eut pouvoir de résister au boufîement du vent; mais, malgré lui , alla la verrerie par terre ; et voyant celui cardinal qu'à la rencontre de ce vent n'y avait sûreté, laissa le pape en sa chaise, et droit se mit à la porte à la fuite, et n'eut le pied sitôt hors la salle, que la tempête tomba dedans, et à la chute brisa cinq voûlcs, et là tua cinq hommes. Le pape eut telle peur de ce cas, qu'il chut de sa chaire le long des degrés, et se blessa à la tête et aux mains en six lieux. Toutefois, au derrière d'une tapisserie, dedans un arceau de muraille, qui là était, tout foulé et blessé, au mieux qu'il put se retira et garantit; et là demeura jusqu'à ce que ses gens et le peuple de Rome, qui tôt y accoururent, eussent d'autour de

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lui, des bois et pierres qui là étaient tombés, la place désempêchée. Tout sanglant et poudreux fut levé de ce lieu, et emporté en sa chambre, et visité par les médecins, lesquels, pour le nettoyer et purger, de son corps tirèrent treize onces de sang; et tellement le secoururent, que peu à peu se revint.

Ainsi fut perçus le souverain pasteur, qui peut être indice de la dispersion de ses brebis, en persécution d'icelles.

§ 4. — la guerre de pise. — 80mmat10x aux habitants d'avoir a rendre la ville.

Van'mée que conduisait le seigneur de Beaumont était partie de Paterne pour aller à Pise,

Le seigneur de Beaumont, lieutenant du roi, pre^ mier qu'approcher de plus, voulut envoyer sommer les seigneurs et le peuple de la ville de Pise; et pour cela transmit deux capitaines de Tarmée, nommés Jannet d'Arbouville et Hector de Montenart, lesquels se mirent à chemin tirant vers Pise ; et à Theure de vêpres, furent à la vue de la ville, dont issirent deux Pisains, nommés messire Francisque Pitta, docteur, et François de Vivario, hommes bien enseignés, lesquels firent demeurer leurs gens à la garde des portes, et au devant des Français furent avec toute révérence. Après le salut fait, Jannet d'Arbouville, qui avait la charge de porter la parole, fit ce qui lui était commandé, en sommant iceux Pisains de rendre la ville et la mettre entre les. mains du roi, pour en faire à son plaisir; autrement que de siège et guerre mortelle dedans deux jours avoir fussent assurés. A la sommation des Français, les Pisains ne voulureot avoir pour l'heure paroles contraires; mais affir-

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