‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 63 sur 329 · LES FRANÇAIS A ROME · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS A ROME

bon rapport du traitement. Aussi devaient-ils; car iceux Pisains et Lucquois s'efforçaient à Tenvi à qui mieux festoyerait les Français, comme ceux qui, longtemps avait, désiraient avoir confédérée alliance, pour leur pays tenir en franchise, et qui avaient contre leurs ennemis en eux attente de secours.

§ 3. -— LES FRANÇAIS A ROME : RIXES ElfTRE ESPAGNOLS ET FRANÇAIS.

Toutes ces choses achevées, l'armée de France prit pays par les Itales, en adressant ses erres vers la cité de Rome, et tant hâta son train, que de Pise à Rome ne fit de demeure que cinq journées, sans ce que le charroi de l'artillerie fit détour ou empêchement au demeurant de ladite armée; et fut faite cette diligence tant extrême pour approcher les pays contraires premier que de soudards et vivres fussent pourvus, et aussi pour prévenir les ennemis.

Les Français passèrent par la terre des Ursins romains, étant lors du parti du roi et bons Français; au pays desquels trouvèrent le seigneur Jean Jourdain Ursin, ayant pour le roi charge de gens d'armes delà les monts, lequel reçut à grand honneur Farmée de France et moult de services fît et de secours donna auxdits Français, tant de provisions de vivres, que de renfort de gens, et ouvertures de passages, et de toutes autres aides, dont en icelui pays avait grand pouvoir, comme celui qui, entre tous ceux de la seigneurieuse partiauté des Ursins, avait puissance autorisée; et par lui furent les Français avertis que messire Fabrice Colonne, avec sept mille Golonnois, était parti de Rome pour aller au secours de don Frédéric contre le roi ; par quoi n'était heure de retarder.

l'entreprise, mais sur ce mettre promptement provision de remède. De jour en autre avaient les lieutenants du roi courriers et nouvelles du vouloir du roi, qui était surtout de hâter l'armée, et le plus tôt que possible serait; par quoi ne firent les Français par chemin autre demeure, ains à toute diligence tirèrent vers Rome, et tant errèrent, qu'un vendredi, vingt-cinquième jour du mois de juin, devant Rome, arrivèrent deux milles près de la ville; et pour eux un peu rafraîchir et aviser sur l'affaire de leur conquête, et mieux ordonner de leurs besognes, voulurent illec arrêter le camp et prendre logis. Plusieurs grands seigneurs et citoyens de Rome se trouvèrent au devant de l'armée de France, pour icelle doucement recueillir et amiablement traiter, en offrant au roi service de corps, secours de biens, passage ouvert par leur cité de Rome, et par leur pays adresse de chemin de sûreté; et pour commencer à montrer de quoi, grand'force de pain, vin, chairs fraîches et salées, foin, paille, et toutes autres choses nécessaires pour soutenir ost, avaient iceux Romains, pour la venue des Français, fait illec charroyer. Ainsi fut devant Rome l'ost de France à séjour, par l'espace de trois jours seulement; c'est à savoir le vendredi, le samedi et le dimanche. Ces jours durant, plusieurs gens d^armes français et allemands furent voir Rome, visiter les saints lieux, et là querre ce que besoin leur faisait. Le duc de Valentinois, avec grosse garnison de gens d'armes, s'en alla dedans le château Saint- Ange, lequel il gardait pour le pape. Ce dimanche, entour les deux heures après midi, grand nombre de Français et Allemands se trouvèrent en la place du camp de Flour; aussi firent plusieurs Espagnols, dont à Rome avait grand nombre; car le pape Alexandre sixième, qui en ce temps possédait le Saint-Siège

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