SAC DE CAPOUE PAR LES FRANÇAIS
Pour revenir à mon assaut, je dis que, devant la fuite et prise des Colonnois, que ceux de Capoue soutinrent le faix de l'assaut tant qu'ils le purent supporter; mais quand plus ne purent, les aucuns abandonnèrent la place où il y avait brèche, et les autres tinrent pied ferme. Toutefois les Français emportèrent la ville d'assaut et entrèrent dedans, avec bruit tumultueux, occision de peuple et effusion de sang. Les gens de pied, qui des premiers entrèrent, comme les plus légèrement armés, mirent à saquement tous ceux que devant eux trouvèrent, par les rues, en armes, et musses * par les maisons, sans pardonner à nul, de quelque état qu'il fût, et tant, que le long des rues, à grands ruisseaux, courait le sang des morts. Je ne veux déclarer les piteux plaints et cris lamentables des femmes désolées, et des petits enfants qui devant eux voyaient meurtrir leurs