‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 78 sur 329 · LE COMTE DE MONTPENSIER AU TOMBEAU DE SON PÈRE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MONTPENSIER AU TOMBEAU DE SON PÈRE

qu'aucuns furent d'avis que la ville de Capoue devait être brûlée, et du tout être mise en ruine, comme celle qui de tout temps était ennemie des Français, et qui maintes fois avait iceux détroussés et à eux empêché le passage de Naples, et que par ses embûches et efforts, et aussi pour icelle réduire, étaient morts plusieurs Français, et que tant qu'elle serait en être et en puissance, que jamais en sûreté par là ne passeraient : dont, pour obvier à 'ce, fallait qu'elle fût brûlée et détruite. Les autres furent d'avis différent, disant que du tout ne devait être dévastée, et que si elle l'était, dommage s'en ensuivrait pour le roi; car elle pouvait de là en avant donner sûreté aux Français, qui maîtres en étaient, et service au soutien de bonnes et grosses garnisons pour le roi, qui, sans bonnes places, et bien fortifiées, ne pouvait seulement posséder ni garder le royaume de Naples, dont Capoue était Tune des plus propices et secourables pour ce faire. Par quoi fut conclu qu'elle ne serait brûlée ni détruite, mais serait mise dedans grosse garnison de Français pour la garder, et pour ce faire, furent ordonnés soixante hommes d'armes de ceux de Jacques Silly et de messire Aymar de Prye, avec quelque nombre de gens de pied ; et pour le gouvernement d'icelle, le seigneur d'Aubigny y mit un gentilhomme des siens, nommé Maulevrier, du pays d'Anjou, auquel la bailla en garde, sur sa vie.

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