FRÉDÉRIC H SE LIVRE A DISCRÉTION AU ROI
qu'aide d'argent et secours de soudards ne pouvoir sommairement à besoin subvenir à cette affaire pour la lointaineté du lieu, comme autrefois et de fraîche mémoire, en cas semblable, aux Français du temps du roi Charles VIII, après la conquête qu'il fit dudit royaume de Naples, en était advenu. Plusieurs autres remontrances fit messire Philippe de Ravestain sur le défaut de ce, tant que le duc de Valentinois dit que ses autres compagnons avaient fait la chose outre son vouloir, et que, s'il l'avait signée, ce avait fait à leur appétit seulement. Mais quoi que ce soit, en ce faisant et en ce cas, mal autorisé et bien inconstant il se montra. Je mets ce compte à part, pour dire que messire Philippe de Ravestain, mal content de ce que sans lui sur l'affaire de Frédéric composition avait été faite, dit à messire Bérault Stuart et à ses autres compagnons que plus ne demeurerait avec eux à Naples; mais s'en voulait aller sur mer, pour faire ce qu'il devait et accomplir son voyage de Turquie, comme par le roi lui avait été commandé. Toutefois fut arrêté, par prières pour huit jours seulement; et en ce terme les navires et galères du roi, qui étaient partis du port de Toulon, en Provence, avec les carraques de Gênes, arrivèrent à Naples armés et équipés dûment.