‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 83 sur 329 · LES TRAITÉS DE LYON ET DE TRENTE · texte numérisé non relu

LES TRAITÉS DE LYON ET DE TRENTE

En celui temps, le roi était à Lyon sur le Rhône, et la reine quant et lui, et plusieurs grands seigneurs de France ; et là arrivèrent les ambassadeurs de Philippe d'Autriche, archiduc et comte de Flandre, lesquels ambassadeurs vinrent pour traiter du mariage de Madame Claude de France, fille du roi, laquelle était lors en l'âge de trois ans ou environ, et du fils de l'archiduc, petit enfant aussi ; lequel mariage fut traité par le Digne de Besançon et autres ambassadeurs dudit archiduc; et tellement que le dixième jour du mois d'août, en l'an mil cinq cent un, fut celui mariage accordé par le vouloir du roi, lui présent et la reine, et tout le conseil K Le roi et la reine

i, Philippe le Beau, fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne et époux de Jeanne la Folle, fille de Ferdinand le Catholique et d'Isabelle, durant sa courte car-

Bâ LOUIS XII ET PHILIPPE LE BEAU

furent moult éjouis de ce mariage, pensant par ce moyen avoir paix durable avec le roi des Romains, père de l'archiduc, et au roi d'Espagne, père de l'archiduchesse : par quoi la fête fut grande du roi et de la reine; et tant que chacun d'eux fit convis et banquets aux ambassadeurs moult solennels, auxquels furent faites maintes nouvelletés et étranges momeries; et, entre autres, la reine fit un banquet auxdits ambassadeurs, où fut faite une danse en barboire, en laquelle fut dansé à la mode de France, d'Allemagne, d'Espagne et de Lombardie, et à la fin

rière, manifesta toujours des dispositions pacifiques envers la France. Il aimait personnellement Louis XII; et la plupart de ses actes donnent lieu de croire que, s'il avait vécu, il aurait tenté de prévenir les guerres désastreuses qui durèrent pendant près de deux siècles. Ce prince s'était déjà porté comme médiateur entre son père et le roi de France. Bientôt après, ses députés vinrent proposer à Louis XII et à la reine Anne de Bretagne un mariage entre Charles d'Autriche et Claude de France.

Ce traité fut conclu à Lyon, au mois d'août loOi. La dot de la jeune princesse fut ainsi stipulée : « A défaut d'enfants mâles du roi et de la reine, elle aura tout ce qui doit lui échoir selon droit et coutumes; s'il survient enfants maies, 300 000 écus d'or, savoir : 200 000 de la part du roi et 100 000 de la part de la reine. Son douaire sera de 20 000 écus d'or avec places et forteresses convenables pour sa demeure et sûreté de sa personne. Ces places seront choisies, autant que faire se pourra, sur res de la souveraineté du roi, et le surplus au le Hainaut. Si l'un des deux conjoints vient à ^ avant la célébration du mariage, on fera en sorte enouer avec un autre enfant du roi ou de l'archi- *il vient enfants mâles de cette union, l'aîné pren* nom et les armes de Bretagne. »

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