‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 99 sur 329 · AMEUBLEMENT DU CHATEAU DE BLOIS · texte numérisé non relu

AMEUBLEMENT DU CHATEAU DE BLOIS

écriteaux et étaient tout petits personnages, qui était tapisserie fort belle. Sur le berceau de ladite dame Claude y avait un pavillon de damas vert, et à l'autre bout de la chambre y avait un lit de camp tendu de sayette noire, où couchait ladite dame de Toumon, sa gouvernante, qui était nouvellement veuve; autre lit n'y avait en ladite chambre. Après était la salle de la reine, qui était tendue d'une tapisserie d'histoires et batailles, et sur la cheminée un dosselet aussi de drap d'or frisé. En la chambre de la reine y avait une tapisserie de bêtes et oiseaux étranges, avec personnages d'étranges pays; et y avait en ladite chambre un lit de camp tout accoutré de drap d'or frisé bien riche, sur la couche un pavillon de damas cramoisi. Au logis de l'archiduc y avait une galerie tendue des faits des Troyens ; après, une grande salle tendue des gestes d'Alexandre le Grand, et un dosselet sur la cheminée de drap d'or frisé bien riche : au plancher de cette salle pendaient deux chandeliers merveilleusement gros, qui étaient d'argent et en croix, pour mettre à chacun quatre flambeaux, lesquels chandeliers pendaient à de grosses chaînes d'argent. Au bout de ladite salle était une chambre où l'archiduchesse se tenait et retirait tout le jour, laquelle était tendue d'une tapisserie de personnages ; le tour du lit qui était dedans était de drap d'or trait, et les rideaux de même, doublés de damas blanc. Derrière ladite chambre, y en avait deux ou trois petites bien accoutrées, mais pour ce que l'archiduc en faisait ses garde-robes, nul n'y allait. A l'autre bout de cette salle, était la chambre de l'archiduchesse, où lesdits sieur et dame couchaient, laquelle était tendue de drap d'or ras rouge et noir, avec deux lits de camp, dont celui où ils couchaient était d'or trait, les rideaux de même doublés de damas

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blanc ; et par-dessus ce lit de camp était tendu un grand ciel de drap d*or frisé, les rideaux de taffetas jaune et rouge. A l'autre bout de cette chambre y avait un autre lit de camp de drap d'or frisé, les rideaux de même, doublés de damas blanc. Sur les deux lits y avait des couvertes de même, et par-dessous des draps de toile de Hollande. Tout à l'en tour desdits lits de camp, et sur le buffet, étaient des tapis de drap d'or de même que ladite chambre. Au coin du lit y avait une chaire dorée, fort bien menuisée et ouvrée, venant d'Italie, dont le fond était couvert de drap d'or frangé, tout à l'entour de grandes franges d'or et d'argent. Devant le feu y avait une autre chaire couverte aussi de drap d*or, et un grand tapis de pareille étoffe par-dessus de même la chambre, et largement des carreaux pour se seoir. Outre ce y avait une autre chambre au derrière tendue de velours cramoisi, brodé de A et de K couronnés ; pareillement le tour du châlit de la couchette, le tapis sur le buffet de même; parmi ladite chambre y avait largement des tabourets, couverts de velours vert ; et sur la couchette y avait un pavillon merveilleusement beau, et bien fait, qui était de soie en manière de bourses faites sur des planchettes. Ce fut l'une des pièces que l'archiduchesse estima autant que tous les autres accoutrements de logis, non tant pour la richesse, que pour la rareté et la délicatesse de son ouvrage. Outre ladite chambre y en avait une tendue de satin cramoisi brodé de cordelières et orangé aux armes de Bretagne. Item, outre cette chambre y en avait une autre tendue de velours blanc et violet semé de A et D d'or brodés dessus; en ce lieu faisait l'archiduchesse sa chambre de retraite, où était une selle d'argent sous un pavillon carré de damas blanc et violet. En haut vers

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les galetas était logée madame de Halluyn, en la chambre de laquelle était tendue une tapisserie de damas gris et jaune, semée de S de velours noir brodés. Après cette chambre il y en avait deux autres, dont l'une était tendue de personnages, et l'autre de verdure, et en celle de verdure y avait deux lits de camp tendus de taffetas. Au logis du seigneur de Bourbon, qui était sous celui de l'archiduc, y avait une salle tendue de belle tapisserie à personnages; et pareillement la chambre dudit seigneur de Bourbon, dont le tour du lit était de satin cramoisi brodé d'or fait par brodeur en forme de langues de feu; au milieu duquel lit et aux quatre coins y avait en un rondeau un lion heaume tout couvert de perles, ce qui était fort riche à voir, et disait-on qu'il avait bien coûté de quarante à cinquante mille ducats. Item, y avait une autre chambre derrière où était logée madame de Bourbon, qui était tendue pareillement de personnages, le tour du lit était de satin cramoisi et blanc fort richement brodé, représentant une volerie sur un ruisseau, qui était fort estimée. Au derrière où était ladite dame de Bourbon logée, y avait deux ou trois chambres tendues de tapisseries fort belles, où étaient logés les sieurs de Besançon, de Ville, de Ghièvres, Philippe le Bâtard, de Bergues et d'autres. Pareillement étaient logées toutes les dames, qui avaient cinq chambres bien accoutrées et de belles tapisseries. Et faut noter que la plupart des tapisseries dessusdites étaient aussi fraîches que toutes neuves ; et celles qui étaient tendues, tant aux logements du roi et de la reine, que desdits archiduc et archiduchesse, étaient toutes pleines d'or. De plus faut entendre que toutes celles qui étaient de draps d'or et de draps de soie, en avaient d'autres dessous et histoires presque aussi

riches que celles qui étaient dessus. Outre ce faut savoir que tout le logis de Farchiduc, la salle de devant et quatre chambres semblablement à Tarchiduchesse, étaient toutes tapissées par bas de tissus velus, tellement qu'il n'apparaissait rien du plancher. Avec ce la plupart des chambres de gens de qualité appartenant à l'archiduc, logés dedans le château, étaient toutes tapissées par terre. Et à la vérité, il y avait si grand nombre de tapis velus, riches tapisseries, et lits de camp de drap d'or et de soie, qu'il n'y avait chambre ni garde-robe qui n'en fût pleine.

§ 16. — DÉTAILS DU SÉJOUR DE l'arCHIDUC ET DE l'archiduchesse A BLOIS.

L'archiduc étant arrivé en la chambre qui lui était préparée, tôt après alla souper, et avec lui les sieurs de Nevers, de Ligny et comte Palatin. Ce jour était la veille de Notre-Dame des A vents, et, pour cette cause, le roi jeûnait au pain et à l'eau, par quoi se retira de bonne heure, et ne vit davantage pour ce jour l'archiduc. Quant à l'archiduchesse, elle se tint en sa chambre, et pour ce soir elle ne vit personne. Environ les sept heures on lui envoya des confitures, en la manière qui ensuit : premièrement y avait un des maîtres d'hôtel du roi qui allait devant; après petits pages vêtus de damas jaune bandés de velours cramoisi, qui tenaient chacun un chandelier d'or avec un flambeau de cire vierge ; et . après eux, madame de Bourbon portait une grande boite d'or pleine de diverses boîtes de confitures; puis venait madame d'Angoulême portant une autre boite d'or pleine de serviettes; après, madame de

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