‹ L'histoire de FranceChapitre 103 sur 140 · GÉOGRAPHIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE POLITIQUE

« A une époque reculée, alors que, plongés dans les ténèbres de la barbarie, les Gaulois étaient inconnus, ce pays était occupé par trois races distinctes : les Celtes ou Gaulois, les Aquitains et les Belges, tous différents par leurs mœurs, leurs langages et leurs lois. Entre les Celtes ou Gaulois et les Aquitains coule la Garonne, fleuve qui descend des Pyrénées, baigne plusieurs villes et se jette dans l'Océan. Les Gaulois sont encore séparés des Belges par la Seine et par la Marne, rivières également importantes. Elles traversent la Gaule lyonnaise, se joignent après avoir environné comme une lie la forteresse des Parisiens, appelée Lutèce, puis, roulant leurs eaux dans un même lit, vont se perdre dans la mer près du fort de Constance,

« De ces trois nations, les Belges passaient pour les plus vaillants aux yeux des anciens, parce que, d'une part, ne connaissant pas les raffinements de la civilisation, ils n'éprouvaient pas l'action dissolvante des plaisirs efféminés ; de l'autre, leur situation géographi-

Porte romaine à Trêves.

que les tenait en collision permanente avec les Germains d'outre-Rhin. Les Aquitains, au contraire, chez lesquels le voisinage et l'accès facile de leurs côtes firent affluer les marchandises étrangères, s'amollirent rapidement et ne présentèrent qu'une faible résistance à la conquête romaine,

8 LRS INVASIONS BABBARE8

« Quand la Gaule, épuisée par la lutte, eut fait sa soumission au dictateur Jules César, elle fut divisée en quatre gouvernements : celui de la Narbonaise, qui comprenait la Viennoise et la Lyonnaise ; celui de l'Aquitaine, qui avait sous lui tous les peuples du nom d'Aquitains; le troisième embrassait les deux Germâmes, et le quatrième les Belges. Mais, de nos jours, les provinces comprises dans toute i'étendue des Gaules sont : la seconde Germanie, où l'on trouve Cologne et Tongres , villes considérables et opulentes ; la première Germanie, où l'on trouve, outre plusieurs villes municipales, Mayence, Worms, Spire et Strasbourg, célèbre par la défaite qu'y essuyèrent les barbares. Vient ensuite la première Belgique, où l'on voit Metz et Trêves, illustres résidences des princes; la seconde Belgique, limitrophe de la première, et dont les villes importantes sont : Amiens, Châlons-sur-Mame et Reims. La province des Séquanais compte Besançon et Rauraque (Bâle), qui le cèdent à peu d'autres villes. Lyon , Chalon-sur-Saône , Sens , Bourges et enfin Autun, dont les murailles sont si anciennes, embellissent la première Lyonnaise. La seconde montre avec orgueil Rouen, Tours, Mediolanum (Évreux) et Tricasses (Troyes). Les Alpes Grecques et Poenines ont , outre des villes moins connues , Avenche (en Suisse), déserte à la vérité, mais qui doit avoir eu autrefois de la réputation, si l'on en juge par les ruines de ses édifices. Ces provinces et ces villes sont la fleur de la Gaule. Dans l'Aquitaine, limitée par les Pyrénées et par la mer qui baigne l'Espagne, la première province d'Aquitaine renferme de grandes

et belles cités, parmi lesquelles il faut mentionner de préférence : Bordeaux, Clermont, Saintes et Poitiers. Auch et Bazas sont l'honneur de la Novempopulanie (Gascogne). Euse, Narbonne et Toulouse sont les pre* mières villes de la Narbonâise, La Viennoise a plu-

Porte romaine à Trêves (3* aspect).

sieurs belles cités, telles que Vienne, Arles, Valence, auxquelles il convient d'ajouter Marseille, dont l'alliance, suivant l'histoire, a souvent été utile aux Romains dans des circonstances critiques. Dans le voisinage de Marseille, on trouve Aix, Nice, Antipolis (Antibes) et les îles d'Hyères. »

Page 1