‹ L'histoire de FranceChapitre 108 sur 140 · Xrebellius PoUion, Histoire Auguste, passim · texte numérisé non relu

Xrebellius PoUion, Histoire Auguste, passim

gueillissait beaucoup. Ils parcouraient impunément les côtes et même toutes les Gaules ; Probus, après leur avoir tué quatre cent mille hommes qui occupaient le territoire romain, chassa le reste au delà du Neckar et de l'Elbe, et recouvra tout le butin qu'ils avaient fait sur les Romains ; il bâtit ensuite des villes et des forts sur le territoire des barbares, et il y mit des garnisons. « Il assigna des champs, des greniers, des maisons et des vivres à tous ceux qu'il établit au delà du Rhin pour veiller sur le pays. On ne cessait pas de combattre, et on lui apportait tous les jours des têtes de ces barbares, pour chacune desquelles on recevait une pièce d'or. A la fin, neuf petits rois de diverses peuplades vinrent se jeter à ses pieds. 11 exigea d'eux d'abord des otages, qu'ils donnèrent aussitôt, puis du blé, et enfin des brebis et des vaches. On prétend qu'il leur interdit, sous des peines sévères, l'usage des armes, les Romains devant les protéger si quelque ennemi les attaquait. Mais on vif que cette mesure ne pouvait être maintenue qu'à la condition de reculer les limites de l'empire et de faire une province romaine de toute la Germanie. Toutefois on punit rigoureusement, avec l'approbation même de ces rois, ceux qui n'avaient pas fidèlement rendu le butin dont ils s'étaient emparés. Probus reçut en outre seize mille recrues qu'il distribua dans les diverses provinces j, en sorte qu'il en incorpora cinquante ou soixante dans chaque compagnie ou parmi les troupes qui gardaient les frontières, disant qa% lorsque les Romains avaient des barbares pour auxiliaires, on ne devait pas les voir, mais les sentir.

c< Après avoir ainsi pacifié la Gaule, il écrivit dans « ces termes au sénat : « Je remercie, pères conscrits, « les dieux immortels de jn' avoir aidé à mériter « votre estime. La Germanie entière, quelle qu'en soit « l'étendue, est soumise; neuf rois de ces nations sont « venus se jeter en suppliant!^ à mes pieds, ou, pour « mieux dire, aux vôtres; tous ces barbares labourent « et sèment déjà pour vous, combattent pour vous « contre les peuples de l'intérieur. Décrétez donc, sui- « vant l'usage, des actions de grâces aux dieux. Qua- « rante mille ennemis ont été taillés en pièces; on « nous a olfert seize mille bommes armés; soixante- « dix mille des plus considérables ont été arrachés au « joug de l'ennemi ; toutes les Gaules sont délivrées. a J'ai réservé, pères conscrits, en votre honneur les « couronnes d'or que m'ont décernées toutes les cités a de la Gaule. Consacrez-les au grand Jupiter, aux « autres dieux et aux déesses. Tout le butin a été res- « saisi ; nous en avons même pris plus qu'on n'en avait « fait auparavant sur nous. Les bœufs des barbares (t labourent les champs de la Gaule, et ceux des Ger- <( mains présentent un front captif au joug de nos culti- (( vateurs. Les troupeaux de ces diverses nations pais- « sent maintenant pour notre subsistance ; leurs haras « donnent des chevaux à notre cavalerie ; nos greniers « regorgent du blé des barbares. Que vous dirais-je « de plus? Nous ne leur avons laissé que le sol; tout le « reste, nous le possédons. Nous avions 4'abord voulu, « pères conscrits, donner un nouveau gouverneur à la « Germanie ; mais nous avons ajourné jusqu'à ce qu'on c( la réclame, cette mesure, qui sera pourtant néces»

90 LES INVASIONS BARBABES

<c saire, lorsque, avecraide de la divine Providence, nos « ressources et nos armées seront plus considérables* » « Dans la suite, ayant appris ensuite que deux usurpateurs, Proculus et Bonose, s'étaient saisis de Tempire à Cologne dans la Gaule, et qu'ils cherchaient à s'emparer des Bretagnes, de» Espagnes et des provinces de la Gaule narbonaise, il les vainquit avec l'aide des barbares. Les Germains, en efiEet, quand Probus réclama leur secours, aimèrent mieux faire cause commune avec Probus qu'avec Bonose et Proculus. Probus permit ensuite à tous les Gaulois, ainsi qu'aux Espagnols et aux Bretons, d'avoir des vignes et de faire du vin*. »

Le même empereur établit une colonie de Francs au nord du Pont-Euxin pour défendre le Bosphore cimmérien contre les Alains ; mais ces Francs, ayant réussi à s'emparer de quelques barques ^ franchirent le Pont- Euxin, les détroits, la mer Egée et la Méditerranée, raioor gèrent les côtes de la Ch'èce, de VAsie et de F Afrique et revinrent débarquer dans leur patrie aux embouchures du Rhin, Constance Chlore ne put empêcher la confédération des Francs et des Alamans de franchir de nouveau le Rhin, de détruire un grand nombre de villes de la Gaule septentrionale et d'emmener les Jiabitants en captivité. Constantin arrêta les ravages des barbares, les vainquit dans plusieurs rencontres, et fit déchirer les chefs des Francs par les bêtes féroces dans les arènes de Ly(m. La lutte est désormais engagée à 'fond entre Vempire et les barbares ^.

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