‹ L'histoire de FranceChapitre 109 sur 140 · ÉTAT DÉPLORABIE DE L'ADMINISTRATION DANS CETTE CONTRÉE · texte numérisé non relu

ÉTAT DÉPLORABIE DE L'ADMINISTRATION DANS CETTE CONTRÉE

« L'empereur Constance, ûls de Constantin, après les compétitions sanglantes à travers lesquelles il réussit à rester seul maître de l'empire romain S fixa sa résidence d'hiver à Arles, où il célébra pompeusement, par des représentations théâtrales et des jeux du cirque, la trentième année de son règne, accomplie le 6 des ides d'octobre (10 octobre 333).

« L'incurie prolongée du gouvernement de la Gaule laissait ce pays complètement ouvert aux incursioas des barbares, qui marquaient leur passage par les massacres, le pillage et l'incendie. Sylvanus, général

1. Constance, deuxième fils de Constantin, à la mort de son père^ partagea l'empire avec ses frères, Cons* tantm II et Constant, et eut en partage l'Orient et la Grèce. Ses frères ayant péri en Occident, il resta seul maître de l'empire, après avoir attaqué et battu les usvu:pateurs Magnence et Vétranion.

d'infanterie, jugé capable d'arrêter ces désastres, se transporta dans ces contrées par ordre du prince. Arbétion, qui supportait difficilement la rivalité d'un mérite supérieur au sien, travailla de toutes ses forces à lui faire confier cette mission périlleuse. »

§ 2. — PERFIDIES COirrRE SYLVANUS.

w Un certain Dynamius, comptable des équipages de l'empereur, sollicita de Sylvanus des lettres de recommandation à ses amis, pour qu'il fût reçu par eux comme un de ses intimes. Le général, dans sa simplicité, ne soupçonnant aucun mauvais dessein, les lui donna, et le perfide les garda, dans l'intention d*en faire un usage criminel au moment opportun. En effet, pendant que Sylvanus, ne songeant qu'au service de l'État, parcourt les Gaules, chasse devant lui les barbares, qui déjà se défiaient d'eux-mêmes et tremblaient, ce même Dynamius, donnant libre carrière à son esprit d'astuce et d'intrigue, élaborait l'imposture la plus criante. Il eut pour fauteurs et complices de cette machination, si l'on en croit des bruits incertains, Lampadius, préfet du prétoire, Eusèbe, ex-intendant du domaine privé et qu'on avait surnommé Maitiocope, et Édèse, ci -devant secrétaire du prince. Ces deux derniers, amis intimes de Lampadius, avaient été invités lorsque celui-ci prit possession du consulat^

« Conservant intacte la signature, Dynamius effaça avec un pinceau tout ce qui était dans les lettres et y substitua une rédaction bien différente. Ainsi il fai-

LBS INVASIONS BARliAttËS ^3

sait dire eu termes couverts à Sylvanus, écrivant tant à ceux de ses amis qui étaient à la cour qu'à ceux qui menaient une vie privée (tels que Tuscus Albinus et plusieurs autres), que, sur le point de s^élever au trône, il les priait de le seconder dans ce hardi projet. Ce tissu d'impostures avait pour but de perdre

Arènes d'Arles.

un innocent ; Dynamius en confia le dépôt à Lampadius, pour qu'il le fît passer sous les yeux de l'empereur. Devenu le principal acteur de ce drame odieux, et certain de perdre le plus zélé défenseur du trône, Lampadius saisit le moment de s'introduire seul dans le cabinet de Constance ; lecture des fausses

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lettres est faite en plein conseil ; les tribuns sont arrêtés sur-le-champ, et Ton fait venir des provinces les particuliers dont il était fait mention dans les lettres. »

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