‹ L'histoire de FranceChapitre 119 sur 140 · MODESTIE DE JUUEN. — VANITÉ DE CONSTANCE · texte numérisé non relu

MODESTIE DE JUUEN. — VANITÉ DE CONSTANCE

« Julien, qui était au-dessus de la fortune et supérieur par ses mérites à Téclat du trône, condamna sévèrement la précipitation des soldats qai, par acclamation, l'avaient nommé Auguste. Il protesta par serment qu'il était aussi éloigné de souhaiter ce rang que de l'accepter. Pour augmenter la joie de la victoire, il fit paraître publiquement Chnodomaire ; ce prince s'incUnant, puis s'humiliant jusqu'à terre, demanda grâce à la façon des barbares, Julien le rassura. Peu de jours après, Chnodomaire fut conduit à la cour de Constance, puis envoyé à Rome par ce dernier, qui lui assigna pour séjour le quartier des étrangers, sur le mont Cœlius. Il y mourut de langueur.

« Malgré ces grands et brillants succès, quelques favoris de Constance, pour lui faire leur cour, blâmaient Julien et l'appelaient par dérision le Victorm, parce qu'il avait insinué dans son rapport, quoique avec modestie, que les Germains avaient été défaits toutes les fois qu'il avait commandé en personne. Par un tour de force d'adulation dont l'exagération était évidente, mais bien faite pour chatouiller la vanité sans bornes de Constance, on parvint à persuader ce dernier que ce n'était qu'à lui seul qu'il fallait attribuer tout ce qui se faisait de grand dans l'univers. Enlé

par ces éloges, on le vit, à partir de ce jour et dans la suite, dénaturer les faits, mentir audacieusement fen disant dans ses édits : « J'ai combattu, j'ai vaincu, « j'ai relevé des rois prosternés à mes pieds. » Dans le fait, tout cela s'était passé sans lui (357). »

§ 13. — CAMPAGNE DE MAYKKCE. — DÉFAITE d'une armée FRAKQUE.

M Satisfait des résultat» d'une campagne couronnée par la victoire de Strasbourg et par l'affranchissement du cours du Rhin, notre jeune héros montra sa pieuse sollicitude pour les morts en ordonnant de les enterrer tous indistinctement, afin de ne pas voir ces cadavres servir de pâture aUx oiseaux de proie ; puis il congédia les ambassadeurs qui étaient vetius, comme nous avons dit, faire avant la bataille d'insolentes propositions, et retourna à Saverne, d'où il fit conduire dans le pays Messin et garder jusqu'à son retour les prisonniers et le butin qu'on avait fait. Quant à lui, il devait se rendre à Mayence, y jeter un pont sur le Rhin, et aller chercher chez eux ces barbares, dont il ne restait plus un seul en deçà du fleuve. Son armée se montra d'abord mal disposée pour ce dessein ; mais il la gagna si bien par son éloquence et par l'aménité de ses paroles, qu'il la fit entrer dans ses vues. Les bons exemples augmentent l'attachement, et ce fut cet attachement qui porta l'armée à suivre un chef compagnon de tous ses travaux , et qui n'usait de sa réputation d'habile général que pour se faire une plus large part des périls et des fatigues de la guerre i

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Oa arrive doue à M&yence; le pont est jeté, et Tarmée romaine s'avance sur le territoire ennemi. Après avoir ravagé les établissements des Germains sur le Mein et avoir assuré les arrangements pris avec rennemi, autant que les circonstances le permettaient, Julien revint à ses quartiers d'hiver, où de nouvelles épreuves l'attendaient. Sévère, général de la cavalerie, se rendait à Reims pas Cologne et Juliers ; en route, il rencontra un puissant corps de Francs, composé, comme on l'apprit dans la suite, de «eize cents hommes, qui dévastaient les localités qu'on avait dégarnies de troupes. L'absence du prince, qu'ils savaient au loin, occupé contre les Alamans, fit croire à ces Francs qu'il leur serait facile de recueillir un riche butin sans coup férir. A l'approche des nôtres, ils se jetèrent dans deux forts abandonnés et s'y défendirent de leur mieux.

« Frappé d'abord de cet audacieux coup de main, Julien en comprit bientôt les conséquences. Il arrêta donc son armée et assiégea dans les formes ces deux places, que baignent les eaux de la Meuse. Ces bar** bares firent une résistance si désespérée, que le siège dura cinquante-quatre jours, c'est-à-dire la presqm totalité des mois de décembre et de janvier. Le prévoyant Julien, qui craignait de voir l'ennemi lui échapper en profitant de l'obscurité de la nuit et de la rivière, qui était gelée, durant toutes les nuits dn soir au matin, fit parcourir le Ûeuve par des soldats qui, montés sur des barques légères, rompaient les glaces sur les deux rives et par ce moyen enlevaient aux assiégés tout espoir de fuite. Voyant cette ressom'ce leur manquer, et réduits aux abois par la faim

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et la fatigue, ils se rendirent et forent aussitôt envoyé» à Constance. Un corps considérable de leurs compatriotes s'était mis en mouvement pour les dégager ; mais, à la nouvelle de leur capture et de leur translation, ils retournèrent sur leurs pas sans avoir tenté la moindre chose. César alla passer le reste de l'hiver chez les Parisiens. »

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