DERNIÈRE EXPÉDITION DE JULIEN. — IL QUITTE LES GAULES
« Cependant Julien, satisfait de Taccroissement de sa fortune et de la confiance de T armée, afin de tenir ses troupes en haleine, et pour ne pas encourir luiinême le reproche d'indolence ou d'apathie , après avoir envoyé une ambassade à Constance, se porta sur les frontières de la seconde Germanie, avec un
1. Julien donne les mêmes détails presque mot pour mot dans la lettre au sénat d'Athènes.
armement propoiiioimé à l'entreprise qu'il méditait. Il marcha sur la ville de Tricesme, puis, passant le Rhin, il tomba sur le pays des Francs Attucdres, race turbulente qui ravageait insolemment les frontières de la Gaule. Il les attaqua à l'improviste et les défît sans peine, parce qu'ils ne s'attendaient pas à une attaque, conûants qu'ils étaient dans le détestable état de leurs routes, où jamais ne s'étaient aventurées les armées romaines. Il leur •prit ou tua beaucoup de monde. Le reste fit humblement sa soumission et reçut du vainqueur, qui voulait donner la sécurité aux frontières des Gaules, la paix aux conditions qu'il lui plut de dicter. Julien revint ensuite sur ses pas, repassa le Rhin, visita les garnisons qui étaient sur la frontière et se rendit au pays des Rauraques. Enfin, après avoir repris possession et pourvu à la sûreté de ce pays, où les barbares se croyaient établis pour toujours, il se dirigea par Besançon sur Vienne pour y passer l'hiver ^ . »
Julien quitta la Gaule pour aller prendre la couronne impériale à Constantinople. Constance meurt avant son atrivée. Le libérateur des GauleSy après avoir tenté son impuissante restauration du paganisme, devait mourir dans une bataille contre les Perses (363). La Gaule est dès ce moment la proie des usurpateurs et des envahisseurs.