‹ L'histoire de FranceChapitre 129 sur 140 · Jornandès, eh. xxxv · texte numérisé non relu

Jornandès, eh. xxxv

2. C'est le célèbre envahisseur de l'Afrique, le féroce conquérant de Garthage.

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avait voulu Tempoisonnar, ravailr* renvoyée à son pore, dans les Gaules, après lui avoir coupé le nez et les oreilles, condamnant ainsi cette infortunée, privée de sa beauté naturelle, à porter perpétuellement la marque de son affreux supplice. Cette cruauté, capable de soulever même des ékangers, devait rendre inéviteible la vengeance d*un père.

c< Gagné par Genséric, Attila se résolut donc à faire éclater cette guerre qu'il méditait depuis longtemps. Il envoya en Italie à Tempereur Valeniinien des députés qui avcûent pour mission de semer la discorde entre les Romains et les Goths, afla d'affaiblir par des haines intestines ceux qu'il ne pouvait vaincre par les armes. Il affirmait qu'il ne voulait diminuer en rien l'amitié qui l'unissait au peuple romain ; que c'était une guerre particulière entre lui et Théodoric, roi des Visigoths, et qu'il désirait ardemment que Valentinien restât étranger à cette querelle. Le reste de sa lettre ne contenait que les salutations ordinaires les plus flatteuses, colorant ainsi son mensonge de l'apparence de la vérité. Il écrivit également à Théodoric, roi des Visigoths, une lettre conçue dans le même esprit» l'engageant à rompre l'alliance des Romains et à se rappeler l'acharnement que ces derniers avaient mis dans les combats récents qu'ils avaient livrés contre lui. Avant de combattre par les armes, cet homme astucieoi combattait par la ruse.

« Alors l'empereur Valentinien envoya aux Visigoths et à leur roi Théodoric des ambassadeurs qui s'exprimèrent ainsi : « Il est de votre prudence, ô le

« plus valeureux des hommes, de vous entendre avec « nous contre ce tyran qui, aspirant à subjuguer le a monde entier, ne s'inquiète jamais de la valeur des « motifs de faire la guerre et tient pour légitime ti tout ce qu'il fait. Le cercle de sa puissance s'étend a partout où son bras peut atteindre, et sa licence « égale son orgueil; dédaigneux de tout droit et de « toute justice; il se pose en ennemi du genre humain; « haine donc à celui qui se fait gloire de haïr tous « les hommes 1 Souvenez-vous, de grâce, et cela ne « peut s'oublier, que les Huns sont venus nous attac< quer; mais ce qui rend cet ennemi dangereux, ce « sont les pièges qu'il tend pour atteindre son but. « Comment, sans parler de nous, pouvez-vous laisser te tant d'orgueil impuni ? Vous dont les armes sont « redoutées, montrez-vous secourables à nos malheurs, « et joignez vos forces aux nôtres ; portez secours à « l'empire, cet empire dont vous possédez une porte tion. Quant à nous , cette alliance , commandée « autant par notre désir que par notre intérêt, est « assez indiquée par les desseins de notre ennemi. )> « Par ce discours et d'autres semblables, les ambassadeurs de Valentinien entraînent le roi Théodoric, qui répondit en ces termes : « Vos désirs sont satis- (( faits, Romains; vous nous avez rendus, nous aussi, « ennemis d'Attila. Nous le poursuivrons partout où « il sera, et, bien que ses victoires sûr plusieurs puis- « santés nations l'aient enivré d'orgueil, les Goths (( savent cependant combattre les superbes. Je n'ai a jamais regardé comme dangereuses que les guerres « injustes, et nul revers n'est 4 craindre pour celui

« qui combat sous la protection du Ciel. » Cette réponse du chef est vivement acclamée par tous ses compagnons d'armes, qu'imite la foule enthousiaste. Le désir de combattre s'empare de tous; on brûle d'en venir aux mains avec les Huns. Le roi Théodoric se met donc à la tête d'une armée hmombrable de Yisigoths, laisse dans son palais quatre de ses fils, Frédéric, Turic, Hotmer et Himmérit, et n'amène avec lui pour partager ses fatigues que les deux plus âgés, Thorismund et Théodéric. Heureux entourage que d'avoir près de soi pour auxiliaires et pour soutiens eaux qui nous sont chers et pour qui c'est un bonheur de s'exposer aux mêmes dangers que nous. >»

§ 3. — PRÉSAGE DE L*INVASION DES HUNS EN GAULE. SIÈGE ET PBISE DE METZ.

« Le bruit s'était répandu que les Huns voulaient faire irruption dans les Gaules. Il y avait alors dans la ville de Tongres un évêque d'une exquise sainteté, nommé Arvatius. Adonné aux veilles et aux jeûnes, souvent baigné d'une pluie de larmes, il priait la miséricorde du Seigneur de ne pas permettre l'entrée des Gaules à cette nation incrédule et toujours indigne de Dieu. Mais, pressentant par inspiration, que, à cause des fautes du peuple, ce qu'il demandait ne lui était pas accordé, il forma le projet d'aller à Rome, afin que la protection des mérites apostoliques, unie à ses prières, lui obtint plus facilement ce qu'il demandait humblement an

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