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Dion Cassius, liv. LXV, ch. xiv

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se taa lui-même. Néanmoins Vitellius ne mourut pas du coup *. »

Les Gaulois vont bientôt agir pour leur propre compte, sous le règne même de Vespasien.

i. Dion Gassius, liv. LXY, ch. xxu

ESSAI DE FONDATION D'UN EMPIRE GAULOISJ — CIVILIS, CLASSICUS ET SABINUS

(69-70 ap. J.-G.

§ 1. — LES BATATES. LEUR CONDITION SOUS LA DOMINATION ROMAINE. CLAUDIUS QYIUS. COMMENCEMENTS DE LA RÉVOLTE.

« Les Bataves, dans le temps qu'ils habitaient au delà du Rhin, faisaient partie des Cattes. Chassés par une sédition domestique, ils vinrent occuper rextrénoité de la côte des Gaules, alors inhabitée, et une île située entre des bas-fonds, baignée en face par rOcéan, et de tous les autres côtés pai* le Rhin. Dans leur alUance avec les Romains, ils ne furent point oppiimés, comme on Test dans la société d'un plus fort; ils ne fournirent à l'empire que des armes et des hommes. Longtemps exercés par les guerres de Germanie, ils accrurent encore leur réputation en Bretagne, où l'on avait fait passer leurs cohortes, de tout temps commandées par les plus nobles de leur nation. Outre ces cohortes, ils entretenaient, .dans

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leur pays, un corps de cavalerie d'élite, qui excellait surtout à nager. Sans quitter leurs armes et leurs chevaux, sans rompre leurs rangs, ces cavaliers traversent le Rhin dans sa plus grande impétuosité.

« Julius Paulus et Claudius Civilis, d'un sang royal, avaient une grande considération parmi les Bataves. Paulus, sur une fausse accusation de révolte, fut tué. Civilis, mis aux fers et envoyé à Néron, puis absous par Galba, courut encore, sous Vitellius, un nouveau péril, lorsque Farmée demanda à grands cris son supplice. De là ses ressentiments. Civilis avait de la finesse dans Tesprit plus qu'il n'est ordinaire aux baiv bares.

<c Civilis, bien résolu à se révolter, et renfermant dans son cœur de vastes desseins, qu'il se réservait de développer selon l'événement, commença & préparer la révolution. Vitellius avait ordonné des levées parmi les Bataves. Ces levées, toujours odieuses par elles-mêmes, l'étaient encore plus par l'avarice et les dissolutions des préposés, qui recrutaient des vieillards et des infirmes, afin qu'ils se rachetassent à prix d'argent. D'un autre côté, comme dans ce pays les enfants grandissent de bonne heure, ils enrôlaient des jeunes gens de douze à treize ans, s'ils avaient de la figure, pour les prostituer. De là un grand mécontentement, dont les chefs, qui avaient combiné d'avance leur sédition, profitèrent pour faire refuser l'enrôlement. Civilis, sous le prétexte d'un grand festin, rassemble dans un bois sacré les premiers de la nation, et, parmi le peuple, les plus audacieux* Ouand la nuit et la joie eurent commencé à exalter

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toutes les imagiaatioosy débutant par Téloge et par la gloire de la nation batave, il passe à rénumération de tout ce qu'ils avaient à soufl&ir, insultes, enlèvements, brigandages, ils n'étaient plus, comme autrefois, des alliés : on les traitait comme de vils esclaves; tantôt c'était le lieutenant qui arrivait avec tout le fardeau de son cortège et toute l'insolence de son pouvoir, tantôt les préfets et les centurions, dont ils étaient la proie; et, quand leurs oppresseurs s'étaient bien rassasiés de leurs dépouilles et de leur sang, on les changeait; puis c'étaient de nouveaux gouffres qu'il fallait remplir par mille exactions inventées sous cent noms différents; et voilà encore qu'on les écrasait d'un enrôlement, où le fils allait se voir arraché à l'auteur de ses jours, le frère à son frère, pour ne plus se revoir jamais. En aucun temps les Romains n'avaient été moins redoutables; il n'y avait dans lem* camp que du butin et des vieillards. Les Bataves n'avaient seulement qu'à lever les yeux, et ne pas se faire un épouvantail de quelques vains noms de légions; ils avaient une infanterie et une cavalerie excellentes, les. Germains pour frères, les Gaules qui conspiraient pour eux, jusqu'aux Romains mêmes à qui cette guerre ne déplairait pas : vaincus, ils s'en feraient un mérite auprès de Yespasien; vainqueurs^ ils n'auraient pas de conkples à reticbre.

« Ce discours ayant Hè reçu avee de grand» $spfk9ah dlssements, il les Ëa tous par les fiEK^iécaticMtts imiéi» diez les barbaireâ^. On dépiika v«rs les CanBBiélàle^^ poïDf ktff proiK)ser une allianee. Cette natkHft luytéltf mi» partie de l'Ile : s^Hkbiable aux^ Bâtâtes |Mtr Tcnri*

giue, le langage, la valeur, elle ne le cède qu'en nombre. Des émissaires secrets allèrent gagner les auxiliaires de Bretagne, alors cantonnés à Mayence* Il y avait parmi les Canninéfates un chef, nommé Brinnon, d'une audace insensée, d'une naissance illustre. Son père, qui s'était porté à beaucoup d'hos* iilités, avait impunément bravé la ridicule expédition de Gaïu8. Cet esprit de révolte dans la famille fut seul une recommandation pour le fils; on l'élut pour chef, en l'élevant sur un pavois et le balançant sur les épaules, selon l'usage de ces barbares. A peine élu, Brinnon, de concert avec les Frisons, peuple d'au delà du Rhin, vient par mer attaquer un camp de deux cohortes, bâti tout près du rivage. Le camp fut pris et pillé. Tous les vivandiers, tous les négociants romains, qui, à la faveur de la paix, se tenaient dispersés, furent la proie des barbares. Les enseignes^ les drapeaux, et ce qu'il y avait de soldats se retirèrent dans la partie supérieure de l'île, sous la conduite d'Aqnilius, primipilaire. »

§ 2. — GRANDE DÉFAITE DE L^ARMÉB ET DE LA FLOTTE ROMAINE SUR LE RHIN. LES GAULES INVITÉES A SB METTRE EN RÉVOLTE.

M Civilis, persuadé qu'il fallait se couvrir de la ruse, fat le {H^emier à blâmer les préfets d'avoir abaskdoimé les forts : il dit qu'avec la cohorte qu'il commandait il réprimerait ce mouvement de» Canninéfates^ qu'ils «fisseni à regagner chacun leurs campements* H était tîttbie que ce conseil cachait un piége; que les cohortes, dispersées, seraient plus facilement battues^

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'Ct que Civilis, et non Brinnon, était le grand ressort •de ces mouvements. Les preuves s'en échappaient insensiblement par l'indiscrétion des Germains, à qui «ne guerre donne trop de joie pour qu'ils puissent longtemps la cacher. Civilis, voyant le peu de succès de la ruse, recourut à la force. Il marche avec les €anninéfates, les Frisons et les Bataves, tous rangés en coin, et chaque nation séparée. Notre artnée se mit aussi en bataille non loin du Rhin. Les vaisseaux qu'on avait ramenés dans cet endroit, après avoir mis le feu aux châteaux, étaient tournés contre l'ennemL H n'y avait pas longtemps qu'on se battait, lorsqu'une cohorte de Tongres passa du côté de Civilis ; nos soldats, consternés de cette trahison imprévue, se laissaient égorger et par les alliés et par les ennemis. On essuya sur la flotte une pareille perfidie. Une partie des rameurs qui étaient Bataves, par une feinte maladresse, troublaient les manœuvres des matelots et des soldats. Bientôt ils rament en sens contraire et vont présenter les poupes à la rive ennemia. Us finissent par massacrer les pilotes et les centurions qui ne faisaient pas comme eux; enfin la flotte entière, qui était de vingtHjuatre vaisseaux, ou passa aux ennemis, ou fut prise.

« Cette victoire, glorieuse pour le moment, fut encore utile pour la suite; elle leur donna des armes et des vaisseaux qui leur manquaient, et une grande réputation dans les Gaules et dans la Germanie, qui les célébraient comme les auteurs de la liberté. ' La Germanie envoya sur-le-champ des députés pour leur ©ffrir des secours. Civilis mettait tout son art à se

faire uue alliée de la Gaule; il employait la séduction et les présents. Les préfets des cohortes qui étaient prisonniers furent renvoyés dans leur pays; on laissa aux soldats la liberté de rester ou de partir :

Travaux de défense romains.

ceux qui restaient obtenaient un grade honorable; ceux qui s'en allaient emportaient quelques dépouilles des Romains. En même temps, dans des entretiens secrets, il leur représentait les maux qu'ils

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avaient soufferts depuis tant d'années dans une malheureuse servitude, qu'ils se déguisaient sous le nom de paix. Les Bataves, quoique exempts de tributs, avaient pris les armes contre leurs communs tyrans, et, dès la première rencontre, ils avaient dispersé et vaincu le soldat romain : que serait-ce si les Gaules secouaient le joug? »

§ 3. — LUPERCUS, LIEUTENANT DU OélTéRAL EN CHEF ftOMAIN HOADÉONUJS, EST CONTRAINT DE CHERCDER UN REFUGE DANS LE CAMP RETRAlfCHÉ DE VETERA.

t« C'est ainsi que Civilis portait ses regards et sur les Gaules et sur la Germanie ; il était à la veille, s'il eût réussi, de se faire un royaume de ces belles et riches provinces. Hordéonius, dans les commencements, nourrit pai' sa connivence les succès de Civilis. Ce ne fut que lorsque les courriers lui eurent annoncé, coup sur coup, que le camp était forcé, les cohortes taillées en pièces, le nom romain exterminé dans l'Ile des Bataves, qu'il ordonna au lieutenant Lupercus * de marcher à l'ennemi. Lupercus commandait un camp de deux légions. Il prend les légionnaires qu'il avait avec lui, les Ubiens, qui étaient tout proches, la cavalerie de Trêves, qui était cantonnée non loin de là, et il passe le fleuve en diligence. Il avait renforcé ses troupes d'une division de cavalerie batave, gagnée depuis longtemps, mais qui feignait encore la fidélité, afin que, en trahissant les Romains sur le champ

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