‹ L'histoire de FranceChapitre 5 sur 140 · III. — aUERRE CONTRE LES BBLGBS, (57 av. J.-C · texte numérisé non relu

III. — aUERRE CONTRE LES BBLGBS, (57 av. J.-C

Après sa victoire. César mit son armée en qtiartiers d'hiver chez les Séquanes, sous les ordres de

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son plus habile lieutenant, Labiénus, et retourna en Italie. Pendant son absence, une ligue formidable s'organisa contre la domination romaine.

La Gaule, comme nous Tavons dit, était divisée en trois parties, dont Tune était occupée par les Belges, c Ils formaient, dit Strabon, une confédéra* tion de quinze peuples répandus le long de TOcéan, entre le Rhin et la Loire. Seuls de toute la Gaule, ils avaient été assez vaillants pour résister aux Cimbres et aux Teutons qu'ils avaient empêchés d'entrer sur leurs terres. Ils pouvaient mettre 100,000 hommes sous les armes. Les plus braves d'entre eux étaient les Bellovaques (peuple du Beauvaisis) et les Suessions (peuple du Soissonnais). Ceux-ci, quelque temps avant César, avaient eu pour roi Divitiac, le plus puissant chef de la Gaule, qui avait conquis File de Bretagne ; et son successeur Galba (nom qui en gaulois signifiait gras) possédait douze villes.

Pendant Thiver, César fut averti qu'à Texception des Rèmes (peuple du diocèse de Reims), qui se donnèrent complètement aux Romains , les Belges formaient une ligue, se livraient réciproquement des otages et levaient des troupes. Il créa aussitôt deux nouvelles légions qu'il envoya en Gaule au commencement de Tété (57 av. J.-C.) Lui* même ne tarda pas à les rejoindre et à se rendre sur les frontières de la Belgique. Les confédé« rés étaient déjà entrés en campagne, bien qu'ils n'eussent pas réuni toutes leurs forces qui, d'après les contingents promis, devaient monter à près de 300,000 soldats. Ils assiégeaient une ville des Rèmes, Bibrax (aujourd'hui Bièvre, près Laon, dans l'Aisne), c Leur manière de faire les sièges

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est semblable à celle des Gaulois, dit César. Ils investissent la ville, lancent des pierres contre les remparts, et quand ils en ont ainsi chassé les défenseurs, ils s'approchent des portes en faisant la tortue (c'est-à-dire en étendant leurs boucliers audessus de leurs têtes, de façon à en faire comme une espèce de toit) et sapent la muraille. » Les habitants résistèrent avec peine une journée, et lorsque la nuit eût mis fin à Tattaque, ils expédièrent des courriers à César qui leur envoya immédiatement des Numides, des archers crétois et des frondeurs des îles Baléares, les plus habiles de tous. L'arrivée de ces troupes fit perdre aux Belges l'espoir de s'emparer de la place ; ils dévast^ent les environs, et vinrent camper à deux mille pas du camp de César.

Quelques jours se passèrent en escarmouches; puis les Belges ayant voulu traverser l'Aisne qui les séparait des Romains furent vigoureusement ropoussés. Cet échec, joint à la nouvelle que les Edues, alliés de César, étaient entrés sur le territoire des Bellovaques, dispersa l'armée; chaque peuple alla défendre son territoire. Dans ce mouvement de retraite qui ressemblait presque à une fuite, Tarrière-garde sur laquelle se lança la cavalerie romaine fut complètement taillée en pièces.

Le lendemain. César pénétra dans le pays des Suessions et assiégea leur capitale Noviodunum (ôoissons) dont les habitants n'opposèrent pas une longuerésistance, dès qu'ils eurent vu les Romains élever des terrasses, construire des tours et appro- I cher les mantelets des murailles, c Effrayés,, dit César, de la grandeur et de la promptitude de ces

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travaux qu'ik n'avaient jamais vus et dont ils n'avaient jamais entendu parler, ils envoyèrent des députés au proconsul, et à la prière des Rèmes, leurs voisins et alliés, ils obtinrent la vie sauve. > — Les Bello vaques réfugiés dans leur ville forte, Dratuspantium (Gratepanche, dans la Somme), se irendirent à leur tour. Grâce à Tintervention de Pédue Divitiao, leur soumission fut acceptée, mais ils durent livrer leurs armes et six cents otages. Elle fut suivie de celle des Ambiens (peuple du territoire d'Amiens); puis César entra sur le territoire des Nerviens qui habitaient le Hainaut et le midi de la Flandre, t C'était, dit-il, un peuple barbare et intrépide qui interdisait tout accès aux marchands étrangers, proscrivait Fusage du vin et toutes les superfluités de la vie, les regardant comme propres à énerver les âmes et à amollir le courage. Ils avaient résolu de n'envoyer aucun député et de n'accepter aucune proposition de paix. » Les Atrebates (peuple du territoire d'Arras) et les Veromandues (peuple du Vermandois) s'étaient réunis à eux.

Une bataille terrible s'engagea sur les bords de la Sambre qui séparait les deux partis. Jamais César et son armée, composée de huit légions, n'avaient couru un aussi grand danger. Les six premières arrivées sur les bords de la rivière commençaient à peine à fortifier leur camp lorsque les ennemis, sortant d'un bois et culbutant la cavalerie romaine qui avait franchi la Sambre, fondirent sur elles t avec une impétuosité si incroyable, dit César, qu'ils semblèrent en un même instant être dans le bois, au milieu de la rivière et aux prises avec nous. L'engagement avait été si rapide

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et Tennemi si impatient de combattre que Ton n'avait eu le temps ni de revêtir les insignes du commandement» ni de mettre les casques, ni d'ôter les enveloppes du bouclier, i Les Romains furent enfoncés au premier choc, le désordre se mit dans leurs rangs, et il fallut toute Tintrépidité, toute la présence d'esprit de César, et la discipline admirable de ses soldats pour rétablir le combat. Après une attaque des Nerviens conduits en masses compactes par leur général Boduognat, le camp fut emporté , les bagages pris, et la destruction des Romains enveloppés de toutes parts sembla si certaine que leurs fuyards allèrent Pannoncer au loin.

L'apparition soudaine des deux légions restées en arrière et arrivées au pas de course au bruit de la mêlée, changea la face du combat. Malgré leur défense héroïque, les Gaulois furent écrasés à leur tour ; pas un ne songea à fuir, c Le soir, dit César, la race et le nom des Nerviens étaient anéantis. Les vieillards qui s'étaient retirés au milieu des marais avec les enfants et les femmes, se rendirent à César. Leurs députés lui dirent que le nombre de leurs sénateurs se trouvait réduit de six cents à trois, que de 60,000 combattants, il en restait à peine cinq cents. » César, qui n'était pas coutumier du fait, usa cette fois de clémence. Il pourvut à leur conservation, leur rendit leur territoire et leurs villes et défendit aux peuples voisins de les attaquer ni de leur faire aucun mal.

La campagne fut terminée par la prise de la ville forte des Aduatikes, (Falais-sur-Mahaigne, en Belgique) dont nous avons parlé plus haut (p. 93, 94). Les habitants avaient capitulé >et livré loiurs armes quand, la nuit suivante, ils assaillirent à l'impro-

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Hste le camp des Romains. Ils furent repousses^ et, pour punir cette perfidie, César, devenu maître de la ville le lendemain, en fit vendre à l'encan tous les habitants ; leur nombre, à ce qu'il sut des acheteurs, s'éleva à 53,000.

César apprit en même temps que P. Crassus, envoyé par lui avec une seule légion contre les Venètes (pays de Vannes) et d autres peuples des contrées appelées plus tard Bretagne et Normandie, avait reçu, sans coup férir, leur soumission, c Ces événements annoncés à Rome, dit-il, firent décréter quinze jours d'actions de grâces aux dieux ; ce qui n'avait eu lieu jusqu'alors pour aucun général» »

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