‹ L'histoire de FranceChapitre 64 sur 140 · MARTYRE DE UÉVÉQUE POTHIN · texte numérisé non relu

MARTYRE DE UÉVÉQUE POTHIN

w Le bienheureux Pothin, évêque de Lyon, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, dont le corps était si faible qu'à peine il pouvait respirer, mais dont l'âme était soutenue par un désir ardent du martyre, fut traîné devant les juges. Son corps était accablé sous le poids des années et des maladies, mais son âme conservait une vigueur merveilleuse. Quand les soldats l'eurent mené au tribunal, que les juges y furent arrivés, et que le peuple eut élevé la voix contre lui, il fit une généreuse profession de notre foi. Le président de la province lui ayant demandé qui était le Dieu des chrétiens, il répondit : « Si tu en étais digne, tu le connaîtrais. » Il fut à l'heure même entraîné et odieusement maltraité. Les plus proches lui donnèrent des coups de pied et de poing, sans avoir aucun respect pour son âge. Les plus éloignés lui jetèrent tout ce qu'ils trouvèrent sous leurs mains. Il n'est personne qui n'eût pensé être coupable d'un crime et d'un sacrilège s'il ne portait la main sur lui. C'était pour ces païens une manière de venger leurs dieux. On le porta enfin demi-mort dans la prison, où il expira deux jours après. Les autres martyrs moururent en différentes manières, parant comme de couleurs et de fleurs différentes la couronne qu'ils voulaient présenter à Dieu. »

§ 5. — SAUiTE BLANDINE RESPECTÉE PAR LES BÂTES FÉROCES.

« Maturus, Sanctus, Blandine et Attalus furent menés à l'amphithéâtre pou?* y être exposés'*aux bêtes en un

LA. GAULE OHRÉTIENNB

jour qui avait été choisi exprès pour eux. Maturus et Sanctus passèrent par toutes sortes de tourments, comme s'ils n'eussent rien souffert auparavant, ou plutôt comme des vainqueurs qui avaient déjà défait l'ennemi. Us combattirent pour remporter la couronne; ils furent battus à coups de fouet; ils furent

MARI AVI RqO MINESTERDE

TEMPVLOCEROSAl^E

Fig. 4. — Vierge consacrée au Seigneur en prière, d'après Leblant 1 .

déchirés par les bêtes et endurèrent tous les supplices qu'il plut au peuple de demander dans sa fureur que l'on exerçât sur eux. Enfin ils furent assis sur une chaise de fer et brûlés vifs, et ils sentirent une odeur insupportable qui sortit de leurs membres consumés.

1. Leblant, de l'Institut, Imcriptions chrétiennes de la Gaule,

Mais tous ces supplices n'étaient pas capables d*apaiser le peuple. Sa rage n'était point satisfaite, à moins qu'elle n'abattît leur constance. Us ne purent néanmoins tirer de la bouche de Sanctus autre chose que cette parole ordinaire par laquelle il comfessait continuellement qu'il était chrétien. Enfin, comme ils respiraient encore après un long combat, ils furent tués et servirent ce jour-là de spectacle au monde, au lieu des représentations ordinaires de l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau pour être dévorée par les bêtes. Gomme elle était liée en forme de croix et qu'elle priait continuellement, ee spectacle redoublait l'ardeur de ceux qui combattaient avec elle, pour la même cause, dans le même champ, et leur faisait voir en sa personne, par les yeux de la foi. Celui qui avait voulu être attaché sur la croix. Les bêtes ne l'ayant point touchée, elle fut ramenée en prison et réservée à un autre combat. »

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