LB8 APOSTATS CONFESSEKT DE KOUVÊAU JÉSUS-CHRIST
« Attalus ayant été réclamé avec grands cris par le peuple, il parut avec l'assurance que lui donnaient la pureté de sa conscience, l'exercice de sa vertu et la liberté avec laquelle il avait toujours fait profession parmi nous de dire la vérité. Ayant été promené autour de l'amphithéâtre avec une tablette devant lui sur laquelle il était écrit : « Voilà Attalus le chrétien ! » le peuple entra en fureur.
« Mais le président de la province, ayant appris qu'il était citoyen romain, commanda de le ramener en prison avec les autres ; il écrivit à l'empereur touchant leur affaire, et attendit sa réponse* Le temps qui
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s*écoula cependant ne leur fut pas inutnb, car leur patience attira la miséricorde divine, et les membres de l'Église qui étaient morts par F apostasie reçurent de ceux qui étaient demeurés vivants par la foi la communication de cette vie. Les martyrs firent grâce à ceux qui n'avaient pas eu le courage d'être martyrs, et l'Église fut comblée de joie de recevoir vivants dans son sein ceux qui en étaient sortis morts. Tous parurent bientôt devant le tribunal du président, auquel l'empereur avait fait réponse que l'on coupât la tête à ceux qui confesseraient qu'ils étaient chrétiens, et que Ton renvoyât absous ceux qui le nieraient. Au temps d'un marché qui est fort célèbre dan^ ce pays ici et où il se fait un merveilleux concours de différentes nations, le gouverneur fit amener les bienheureux martyrs pour les traduire devant le peuple. Les ayant interrogés, il condamna les citoyens romains à avoir la tête tranchée, et les autres à être exposés aux bêtes. Jésus-Christ reçut une grande gloire de la confession si inopinée, et si peu attendue par les païens, de ceux qui dès le commencement avaient renoncé à la foi. On les avait interrogés à dessein de les absoudre ; mais quand ils eurent confessé qu'ils étaient chrétiens, ils furent mis avec le reste des martyrs. Alexandre, Phrygien de nation, médecin de profession, qui était établi depuis longtemps dans les Gaules et qui était fort connu par l'ardeur de sa charité et par la ferveur du zèle avec lequel il prêchait, comme un apôtre, les vérités de notre religion, leur avait fait signe qu'ils confessassent devant les juges la foi qu'ils avaient niée. Le peuple, furieux de voir la foi confessée de nouveau par ceux qui l'avaient reniée, conmiença à crier contre Alexandre et à l'accuser d'être cause de leur
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olwigemeaft. Le président lui ayant demandé à l'heure même qui il était, il répondit qu'il était chrétien, et fut condamné à être exposé aux bêtes. Le jour suivant; il fut amené avec Attalus, que le gouverneur avait encore condamné au même supplice, pour contenter le peuple. Après qu'ils eurent tous deux souffert dans l'amphithéâtre tous les tourments que la plus ingénieuse cruauté put inventer, ils eurent la tête tranchée. Alexandre ne dit pas un mot et ne jeta pas un soupir. Attalus ayant été mis sur la chaise de fer et brûlé , dit en latin au peuple , en montrant la fumée insupportable qui sortait de son corps : « C'est véritablement manger les hommes que de faire ce que vous faites. Mais, pour nous, nous ne les mangeons point et ne faisons rien de ce qui est mal. )> Gomme on lui demandait quel était le nom de Dieu, il répondit : « Dieu n'a point de nom comme un homme. »