‹ L'histoire de FranceChapitre 7 sur 140 · VIL — 8IÉ0E DE OERQOVIE. — DÉFAITB DE CÉSAR · texte numérisé non relu

VIL — 8IÉ0E DE OERQOVIE. — DÉFAITB DE CÉSAR

Le désastre d' Avaricum, si grave qu'il fût, n'ar battit point le courage des Gaulois et ne fit qu'augmenter l'autorité et le prestige de Vercingétorix; oar l'on se rappela que c'était contre son avis que la ville n'avait point été évacuée et brûlée. Il obtint même d*eux qu'à Tavenir, pour résister aux subites

attaques des Romains, ils retrancheraient leurs camps, ce qu'ils n'avaient jamais fait auparavant. En même temps , grâce à ses habiles menées, la Gaule presque entière prenait les armes.

César, après avoir été apaiser un commencement de soulèvement chez les fidèles Edues donna quatre légions à son meilleur lieutenant, Labiénus, pour les opposer aux Senons, aux Parisiens et aux Belges, et lui-même avec six autres alla assiéger la Ger« govie des Arvernes dont Tarmée de Vercingétorix couvrait les approches. Il se livra là des combats meurtriers avec des succès divers. Durant une absence de César» motivée par une trahison des Edues, son camp faillit être^emporté; une autre fois les Romains furent sur le point de surprendre la ville. Ils étaient parvenus aux pieds des remparts qu'ils commençaient à escalader, c Déjà les mères, dit César, jetaient du haut des murailles des habits et de l'argent, et s'avançant le sein découvert et lés bras étendus suppliaient les Romains de les épargner et de ne pas les traiter comme à Avari« cum où Ton n'avait fait grâce ni aux femmes ni aux enfants; quelques-unes même, s'aidant de main en main à descendre, s'étaient livrées aux soldats i, quand accoururent de l'autre bout de la ville les Gaulois occupés à la fortifier : une mêlée furieuse s'engagea, c Les femmes qui un instant auparavant nous tendaient les mains du haut des remparts s'offraient aux Barbares, échevelées suivant leur usage, et les imploraient en leur montrant leurs enfants. » Les Romains avaient le désavantage du lieu et du nombre. Fatigués de leur course et de la durée du combat, ils ne se soutenaient plus qu'avec peine contre des troupes fraîches et sans

Siège de Gergovie par les Romains.

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blessures, et durent bientôt battre en retraite. • Pendant que les Romains étaient ainsi repoussés d§ la ville, Vercingétorix prenait Toffensive, et après une lutte acharnée culbutait les ennemis. La dixième légion demeurée en réserve put seule arrêter sa poursuite ; sept cents Romains et qu£u*ante-six centurions étaient restés sur le champ de bataille.

Cette défaite était, du moins autant que nous pouvons le savoir, la première que César eût éprouvée ; elle eut en Gaule un immense retentissement. Les peuples jusqu'alors indécis se soulevèrent. César leva le siège de Gergovie et voulut d'abord se retirer chez les Edues, mais chemin faisant il apprit qu'eux et leurs clients avaient fait alliance avec Vercingétorix. Deux chefs édues, Eporédorigh et Virdumar s'étaient emparés de Noviodunum (Nevers) où il avait mis en dépôt une partie de ses bagages, ses provisions et ses équi* pages, les deniers publics, les otages de la Gaule et les nombreux chevaux qu'il avait fait acheter en Espagne et en Italie. Tous les Romains qui s'y trouvaient avaient été massacrés, et la ville pillée * puis brûlée.

Labiénus, de son côté, chargé de combattre les Parisiens , joints aux Senons , aux Aulerkes et à d'autres peuples voisins, s'était montré digne de son général. Menacé de tous les côtés, il sut opérer avec tant d'habileté qu'il parvint à rejoindre César après avoir anéanti, probablement près de Vitrysur-Seine, Tarmée ennemie commandée par un vieux guerrier, Camulogène, qui périt les armes à la main.

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