‹ L'histoire de FranceChapitre 70 sur 140 · ET CONSTANTIN · texte numérisé non relu

ET CONSTANTIN

§ 1. ^ SJ^UHÉ DE l'histoire DE L'ÉGLISB DEPUIS DÈCB jusqu'à DIOCLÉTIEN.

L*Église, qui avait été agitée d'une persécution violente et presque continuelle depuis l'an 250 jusqu'à l'an 260, sous les empereurs Dèce, Gallus et Valérien, recouvra la paix par les édits de Gallien en sa faveur, et les troubles qui agitèrent l'empire sous Oaude, son successeur, ne semblent pas avoir donné beaucoup de loisir à ce prince de penser à autre chose qu'à se défendre des attaques des ennemis de l'État. Claude ayant régné environ deux ans, Aurélien, qui lui succéda en 278, témoigna beaucoup de bonté et d'équité envers les chrétiens dans les premières années de son règne. Mais il changea d'inclination plus tard et persécuta l'Église , particulièrement celle des Gaules, en 273 et 274. Il publia même des édits contre les chrétiens. Mais étant mort aussitôt après, au commencement de l'an 275, cette

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tempête se dissipa. Tacite, Florien, Probe, Carus avec

ses enfants Garin et Numérien, se succédèrent Tun à l'autre jusqu'au mois de septembre 284, époque à la-

quelle Numérien fut tué et Dioclétien mis à sa place.

Dioclétien, fait empereur à Chalcédaine le 17 septembre, se trouva maître de tout Fempire Tannée suivante par la mort de Garin. Il prit ensuite Maximiën Hercule pour collègue et le déclara Auguste le lo' avril 286. Mais ces deux princes, se voyant accablés de tous côtés par les révoltes de leurs sujets et par des guerres étrangères, firent -deux Césars le !«' mars 292, Constance-Chlore, père du grand Constantin, et G^dère, à qui Ton donna aussi le nom de Maximien i.

Eusèbe dépeint de la manière suivante Fétat où était l'Église durant ce temps : « Le démon, qui a reçu la puissance de persécuter les saints, semblait être endormi d'ua profond sommeil; le nom et la religion de Jésus-Christ étaient dans Festime et dans la vénération de tout le monde ; les assemblées des fidèles étaient rempUes d'une infinité de personnes; et Fon était obUgé partout d'abattre les anciennes églises pour en rebâtir de plus spacieuses. »

§ 2. ~ MARTYRS QUI ONT SOUFFERT AU COMMENCEMENT DU RÉGNE DE DIOCLÉTIEN DANS LES GAULES.

Ce portrait qu'Eusèbe nous fait des dix-huit premières années du règne de Dioclétien nous représente sans doute mieux Fétat de FOrient que de l'Occident; car presque tous les martyrs qui ont soufifert dans les Gaules sous Dioclétien furent persécutés dès

1. Ce système du gouvernement à deux têtes dans chacune des parties de Fempire est ce qu'on appelle la tétrarchie. Maximien et Constance-Chlore se partageaient FOccidënt.

le commencement de ce règne, lorsque Itoximien Hercule j était. Il y vint en 286, et, à peine avaitril passé les Alpes, qu'il fit massacrer le 22 septembre la célèbre légion Thébéenne, dont saint Maurice était le premier officier.

On croit qu'il envoya aussitôt Rictius Varius, son préfet du prétoire, célèbre dans les martyrologes sous le nom de Rictiovaire, pour faire mourir les restes de la même légion répandus en divers endrpits des Gaules ; la première exécution de cet officier fut de faire noyer à Bâle divers chrétiens. On prétend qu'il arriva à Trêves le 4 octobre, et que dès le jour même et les deux suivants il fit mourir non-seulement plusieurs soldats thébéens, mais encore un fort grand nombre des principaux habitants de la ville, parce qu'ils étaient chrétiens. Ce fut probablement lui aussi qui fit martyriser à Cologne et aux environs saint Géréon et plusieurs autres de la légion Thébéenne (286).

En 287, il fit plusieurs martyrs à Reims, d'où, étant parti pour venir du côté de Soissons, il exerça sa cruauté à Fimes le 2 mars contre saint Macre et un peu plus loin contre saint Rufin et saint Valère (fête le 14 juin). Il s'en alla alors du côté de la Picardie pour faire mourir saint Quentm, qui fut effectivement martyrisé le 31 octobre. Les saints Fuscien, Victoric et Gentien furent aussi martyrisés par lui auprès d'Amiens, le 11 de décembre, quarante-deux jours après saint Quentin.

11 faut rapporter à la même année le martyre de saint Firiîiin, évêque d'Amiens, et de saint Just enfant (fêtes le 25 septembre et le 18 octobre), s'il est vrai qu'ils aient souffert sous Varus, car on les met aussi en d'autres temps. Saint Crépîn et saint Crépinien furent couronnés les derniers par la cruauté de

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ce préfet (fête le 25 octobre) ; car Rictius Varus mourut en même temps qu'eux, vers Tan 288.

Julien succéda à Varus comme préfet du prétoire et il fit mourir saint Yon à Chartres, dans la Lyonnaise, et saint Lucien à Beauvais, dans la Belgique. * Eutyque et Astère, qui ont eu part au martyre de saint Victor de Marseille, semblent aussi avoir été préfets du prétoire ; et ils ont sans doute succédé à Julien env290 ou 291. Pour Licinius Fescennius, qu'on trouve avoir martyrisé saint Denys à Paris et saint Nicaise dans le Vexin, il peut avoir été gouverneur de la seconde Lyonnaise , qui était alors plus étendue qu'elle n'a été depuis, si même la Lyonnaise était déjà divisée en deux provinces.

On prétend que sainte Foy et saint Caprais ont souffert à Agen sous le juge Dacien ; on ne marque point le nom de celui qui condamna à Nantes en Bretagne les saints frères Donatien et Rogatien ^

8 o. — COMMENCEMENT DU RÉGNE DE CONSTANTIN EN GAULE ».

Devenu empereur après la mort de Constance- Chlore, Constantin, César des Gaules, se mit à parcourir, en donnant des preuves de la plus grande humanité, les provinces qui avaient été administrées par son père. Les Barbares qui confinent au Rhin et à l'Océan occidental ayant osé remuer de nouveau, il les soumit à sa domination et adoucit leurs mœurs sau-

1. Lors de la grande persécution ordonnée par Galérius et par Dioclétien, la Gaule dut d'être épargnée à la mansuétude et à l'esprit tolérant du César Constance- Chlore.

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