Eusèbe, Vie de Constantin^ liv. I, ch. xxv, sqq
LA QAULE CHRÉTIENNE 39
rages. Il se contenta d*en refouler d'autres et de les écarter des frontières de l'empire, comme des bêtes sauvages ; c'étaient ceux dont il avait vu l'humeur incompatible avec une existence tranquille et pacifique. Cela fait, il songea à d'autres parties du monde, passa contre les nations de la Bretagne jusque dans les sites reculés de l'Océan, puis il tourna les yeux vers des contrées qui avaient besoin de son secours pour guérir leurs maux. Il songea à Rome, alors gémissant sous la tyrannie de Maxence K
>§ 4. — IL PREND LA RÉSOLUTION DE n'ADORBR QU'UN SBUL DIEU.
11 comprit qu'il ne lui' suffisait pas d'avoir, des ressources militaires, et qu'il lui fallait un secours plus puissant, à cause des maléfices et des sortilèges qu'employait le tyran son ennemi. Et il appela Dieu à son secours, persuadé que l'appui de la divinité le rendrait invincible. 11 .se demanda en lui-même quel Dieu il choisirait. Pendant qu'il s'interroge, la réflexion suivante lui vient à l'esprit : parmi tant d'empereurs qui l'aVaient précédé, ceux qui avaient placé leur espérance dans la multitude des dieux et qui les avaient honorés par des sacrifices et des offrandes avaient été le jouet de prédictions flatteuses et d'oracles pleins d'heureuses promesses; mais ils étaient morts malheureusement et n'avaient eu
1. Maxence, fils de Maximien Hercule qui avait abdigué en même temps que Dioclétien, était parvenu à Fempire, à Rome ; représentant du vieux parti psQen, il persécute les chrétiens pendant que Constantin les protège en Gaule.
auprès d'eux aucun dieu pour les sauver miraculeusement du trépas qui les menaçait. Seul son père, qui avait suivi une voie contraire à celle de ses devanciers et qui avait condamné leur erreur et adoré pendant tout le temps de sa vie un seul Dieu, maître de toutes choses, avait trouvé en lui un sauveur et un gardien de son empire, en même temps que Fauteur de toutes sortes de bienfaits. Il regarda comme le comble de la démence d'adorer de» dieux qui n'existaient nulle part et résolut d'adorer le seul Dieu qu'avait adoré son père.