BATAILLE DU PONT-MI LVIUS. — TRIOMPHE DE LA CROIX
Vainqueur de Maxence au pont du Tibre (Pont Milvius, aujourd'hui Ponte Molle), du haut duquel il précipita dans le fleuve une partie de Farinée de Maxence, Constantin entre dans Rome en triomphe et aux applau< dissements du peuple.
Mais il ne se laisse point troubler par les louanges et les acclamations. Comprenant que c'est avec le secours de Dieu qu'il a vaincu, il veut immédiatement manifester hautement sa reconnaissance. Il fait placer le labarum dans la main d'une statue qui lui est élevée, par son ordre, dans l'endroit le phis fréquenté de la ville, et au-dessous il fait graver cette inscription en latin :
PaB ce SIGNE DE SALUT, EMBLÈME DE LA VÉRITÉ ET DU COURAGE, j'ai SAUVÉ ET DÉLIVRÉ VOTRE VILLE DU JOUG d'une DOMINATION TYRANNIQUE *, j'aI RENDU AU SÉNAT ET AU PEUPLE ROMAIN, REMIS EN LIBERTÉ, LEUR ANTIQUE GLOIRE ET LEUR SPLENDEUR.
L'ARIANISME EN GAULE. — SAINT HiLaIRE DE POITIERS 1
La religion chrétienne est maintenant victorieuse, eUe ne subira plus que Tassant impuissant de Fempereur Julien; les empereurs sont désormais chrétiens. Mais la religion du Christ a bientôt à se défendre contre des dangers intérieurs.
§ 1 . — NAISSANCE ET JEUNESSE DE SAINT Hn.AIEK.
Saint Hilaire était Gaulois d'origine, né à Poitiers, d'upe des meilleures familles des Gaules. Il se maria et eut une fille nommée Aspre. Sa femme et sa fille le précédèrent ou le suivirent dans la foi. Car saint Hilaire ne naquit pas chrétien, mais le devint. Étant encore païen, il s'enrichit extrêmement de toutes « les richesses des Egyptiens », c'est-à-dire de
1. La vie de saint Hilaire a été écrite vers l'an 565 par Fortimat, à la prière d'un évoque de Poitiers. Ce Fortunat ne parait pas être le célèbre Vénance Fortunat, lui-même évoque de Poitiers vers la fin du vi« siècle, mais un écrivain un peu plus ancien. C'est cette vie qui forme le fond du récit de Lenain de Tillemont, reproduit et analysé ici.
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tout ce que les auteurs païens avaient de bon, soit pour la connaissance de Dieu, soit pour les règles de la morale, soit pour Tart de la parole, soit pour les autres sciences. Il se fît particulièrement remarquer par son éloquence, que saint Jérôme loue souvent, en rappelant un homme très éloquent, et se rendit encore célèbre par la poésie ; saint Jérôme nous apprend en effet qu'il publia, quand il fut chrétien, un livre d'hymnes. L'insuffisance de la philosophie, des lettre^ et des sciences humaines Tayaut tourné vers la lecture des Livres saints, Hilaire, après s'être pénétré des vérités qu'ils renferment , reçut le baptême.