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LE CONCILE 0E BÉZIERS

L'Église de Gaule se conservait encore en ce tempslà dans le bonheur d'avoir la foi dans toute sa pureté. Toutes les persécutions des Ariens n'empêchaient point les évêques de demeurer fidèles à la divinité de Jésus-Christ.

Saturnin, évêque d'Arles, ternissait néanmoins la gloire de cette Eglise et en troublait toute la paix. C'était un méchant homme, d'un esprit entièrement corrompu, et qui, outre l'infamie de l'hérésie arienne, s'était rendu coupable de beaucoup de crimes. Cet évêque, emporté et factieux, tyrannisait alors les Gaules par les menaces, par la terreur des magistrats et par les violences. Mais les prélats de cette province, bien loin de céder à sa fureur, ne furent pas môme intimidés par le .bannissement de saint

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Pauliii, de saint Èusèbe, de Lucifer et de saint Denis. Saint Hilaire ne craignit pas d*ôtre l'auteur d'une résolution d'excommunication contre Saturnin, Orsace et

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Ffg. 13. — Un concile dans les premiers temps de rÉglise, diaprés nne ancienne peinture.

Yalens (ces deux derniers, chefs de l'arianisme dans l'IUyrie). Mais ils accordèrent aux autres qui étaient entrés dans le parti des Ariens le pardon de leurs erreurs, s'ils voulaient y rentncer.

Les faux apôtres, ne pouvant souffrir de se voir flétrir par ce décret, obligèrent les évoques de se trouver à un synode assemblé à Béziers en Languedoc, où Saturnin voulut être présent avec d'autres évêques ariens; Paterne, évêque de Périgueux, était de ce nombre. Saint Hilaire s'opposa ouvertement aux blasphèmes des hérétiques. Car, comme il nous rapprend lui-même, il s'y rendit dénonciateur devant les évêques des Gaules contre ceux qu'il croyait être les propagateurs de l'Arianisme. Il présenta des témoins contre eux et s'offrit de justifier comment ils étaient hérétiques : ce qui regardait principalement Saturnin. Il représenta que, sous le nom de saint Athanase,dont^Constance voulait que tous les évêques signassent la condamnation, on ne prétendait pas moins que de condamner la vérité de la foi. Il fit voir que l'on corrompait l'Évangile et que l'on ruinait la foi.

Mais le peu de liberté qu'on lui donna ne lui permit pas de représenter ces choses avec l'étendue, l'ordre et la netteté qu'elles demandaient. Plus il pressait qu'on lui donnât audience, plus les ennemis de la vérité s'obstinaient à la lui faire refuser. Comme ils craignaient de se voir -confondus à la lumière du public, ils ne voulurent point écouter ce que^ le saint avait envie de leur dire.

Ils le déposèrent même, s'il en faut croire Auxence, évêque ahen de Milan. Non contents de leurs propres violences, ils trompèrent le César Julien, venu en Gaule Tan 355, à la fin de décembre; ils l'engagèrent à donner des ordres contre saint Hilaire, quoiqu'il eût été témoin de l'injustice avec laquelle on l'avait traité; on fit en cela une très-grande injure à ce prince même. Saturnin trbmpa aussi l'empereur Constance, qui était alors à Milan, car on envoya une

fausse relation à ce prince, au nom du concile, pour procurer l'exil du saint; Constance ordonna cet exil.

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