RECUEILS : PERSONNAGES DIVERS
Il y a beaucoup moins d’acrimonie et de vivacité dans les appréciations formulées, plus de mesure et plus FR md que dans le recueil précédent.
1311. Mascaron (Jules), 1634-1703. Recueil de ses oraisons funèbres, Paris, 1704, in-12°, 412 p., édit. du P. Bordes. — Aut. édit. : 1740, 1745, 1760.
Ces oraisons funèbres sont du nombre de cinq, celles d'Anne d'Autriche, Henriette d'Angleterre, duc de Beaufort, Pierre Séguier, Turenne. D’une façon générale, Mascaron ne tient presque aucun compte des faits historiques et considère le discours funèbre comme uné leçon de morale religieuse. Il faut cependant faire une exception pour les éloges du duc de Beaufort et de Turenne, dans les- : quels l’orateur donne des renseignements utilisables sur le carac-
- tère et les actions de ces deux personnages.
Voir : n° 1182 et 1798.
1312. La Rue (Charles ne), 1643-1725. Panégyriques et Oraisons funèbres, Paris, 1740, 3 vol. in-12°, et dans Migne, Collection des orateurs sacrés, Paris, 1847, in-4°, t. XX VIII.
Le Père jésuite de La Rue, humaniste renommé, acquit aussi, comme prédicateur, une telle réputation qu'on le préféra parfois à Fléchier. Les panégyriques qu'il a prononcés sont au nombre de
* sept : ceux d'Henri II de Condé (pour l'anniversaire de la mort de
ce prince, en 1685), Luxembourg (1695), Bossuet (1704), maréchal Anne Jules de Noailles (1709), le grand dauphin (1711), maréchal de Boufflers (1711), due et duchesse de Bourgogne (1712).
Sans doute, dans ces oraisons funèbres, le sermonnaire rapporte tout à Dieu et se préoccupe de montrer aux auditeurs que la mort doit être pour eux un exemple encourageant; sans doute aussi il s'attache à préparer des effets et gradue avec art ses développements. Néanmoins, il tient compte des faits et n’oublie pas de les exposer; il ose même blâmer, avec discrétion toujours, ce qui lui paraît répréhensible dans le gouvernement de la France. D’autre part, il a connu les personnages, par exemple la duchesse de Bourgogne, à qui Louis XIV l'avait imposé comme confesseur, et aussi le maréchal de Boufflers. Aussi doit-on lire ces oraisons funèbres,
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en particulier celle de Boufflers, que l’on considère, à juste titre, comme son chef-d'œuvre : elles précisent quelquefois le caractère des personnages dont le Père de La Rue a eu à exposer les vertus.
1313. Masour (Jacques), 1650?-1723. Recueil de ses oraïisons funèbres, Paris, 1748, in-12°.
Appartenant à une famille de maîtres des requêtes, grand vicaire : de Poitiers, évêque d’Alet en 1708, Maboul fut un prédicateur très apprécié de son temps. Ses oraisons funèbres, qu’il publia les unes après les autres aussitôt après les avoir prononcées, sont au nombre de sept : Michel Le Tellier (1686), prieure Marie Françoise de Lezay de Lusignan (1708), abbesse de Maubuisson Louise de Bavière (1709), duc et duchesse de Bourgogne (1712), grand dauphin (1713), Louis XIV (1715) et archevêque de Narbonne Le Goux de - La Berchère (1720).
Elles sont tombées injustement dans l'oubli. Si Maboul donne une grande importance à la morale comme beaucoup de prédicateurs, il s'attache aussi à faire la biographie du défunt, à déterminer son caractère, à expliquer son œuvre. Trois de ces discours, ceux qui sont relatifs à Le Tellier, au duc et à la duchesse de Bourgogne et à Louis XIV, méritent d’être lus.
1314. Anse (Antoine), 1652-1737. Panégyriques des saints et Oraisons funèbres, Paris, 1748, in-f° (t. IIL pour les oraisons funèbres).
Enfant prodige, surnommé le « petit prophète », versificateur, précepteur du duc d’Antin, membre de l’Académie des inscriptions. et belles-lettres, Anselme a été surtout connu comme prédicateur. Ses odes sont ignorées et ses dissertations enfouies dans les Mémoires de l’Académie dont il faisait partie. Ses sermons lui acquirent au contraire une énorme réputation et M" de Sévigné reconnaissait chez cet orateur non seulement de la dévotion, mais aussi de l’éloquence, de la grâce et de l'esprit. Le jugement de la marquise nous paraît aujourd’hui indulgent quand nous lisons les oraisons funèbres d'Anselme. Il en a prononcé neuf, en particulier celles de Marie Thérèse, de M'° de Montpensier, des ducs de Lorge et de Montausier. Généralement, il consulte les personnes « sages »,
qui ont été en relations avec les défunts : de ceux-ci, il ne dissimule «
pas toujours les défauts, p.ex. dans l’oraison funèbre de la Grande Mademoiselle.
Voir, sur l’auteur, n° 1481.
1315. Masson (Jean Baptiste), 1663-1742. Oraisons funèbres.
De son vivant, Massillon n’a publié que l’oraison funèbre du prince de Conti. Elles se trouvent toutes réunies dans les diverses éditions de ses Æuvres, en particulier l’édit. Blampignon, Barle-Duc, 1865-1868, 4 vol. in-8°. Massillon a été chargé de composer les éloges d'Henri de Villars, archevêque de Vienne, — de Camille de Villeroy, archevèque de Lyon, — de François Louis de Bourbon, prince de Conti, — du grand dauphin, — de Louis XIV et de Madame, duchesse d'Orléans (princesse Palatine).
Dans tous ces discours, Massillon s'applique à faire les portraits des personnages et à indiquer leurs caractères. Il se montre, en outre, indépendant et n'hésite pas à critiquer les abus qu'il a remarqués dans le gouvernement et dans la société. Ses oraisons funèbres intéressent ainsi non seulement au point de vue biographique, mais encore au-point de vue politique et social.
Voir : n°° 1255 et 1794.
2° Clergé séculier.
(Les numéros 1316-1318 concernent les cardinaux; les numéros 1319- 1320, des prélats appartenant à plusieurs diocèses; les numéros suivants ont trait aux évêques des diocèses particuliers et ceux-ci sont classés par ordre alphabétique.)
1316. Rouvier (Pierre), 1574-1649. AReomaus sive historia monasterii sancti Joannis Reomaensis, in tractu lingonensi, Paris, 1637, in-4°, 693 p.
Jésuite, Rouvier a dédié son ouvrage au cardinal de La Rochefoucauld, abbé du Moûtier Saint-Jean. Il le connaissait et devait lui consacrer spécialement un de ses livres en 1645. Ce dernier est le développement de la vie du cardinal qui se trouve dans l’histoire du Moûtier Saint-Jean ; l’auteur expose avec méthode la part que François de La Rochefoucauld eut dans la politique et aussi dans la