BOURGOGNE
Ce mémoire est du même genre que celui de Fleury, mais moins complet et moins littéraire. L'auteur anonyme a eu l'honneur *« d'approcher » assez souvent et d’ « entretenir » le dauphin, qui lui a fait part de ses sentiments : c'était peut-être un aumônier ou
un religieux chargé de distribuer « les charités » du duc. Il montre celui-ci dépensant son argent pour les pauvres, adversaire du jansénisme et aussi du jeu, faisant constamment des efforts pour devenir maître de lui-même. Précis et curieux, plus même que beaucoup d’oraisons funèbres.
— Senfiments sur la mort de Monseigneur le dauphin et de Madame la dauphine, Paris, 1712, in-4°, 3 p.
Aucune valeur.
— Relations de la maladie et de la mort du duc et de la duchesse de Bourgogne, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint- Simon, t. XXII, appendice 7, p. 471 et sq. (avec de nombreuses lettres officielles).
Le récit est sec et précis : on y trouve des détails curieux. L’auteur semble être un familier du duc et de la duchesse.
— Service et enterrement du duc et de la duchesse de Bourgogne à Saint-Denis, le 18 avril 1712, ext. du Cérémonial de Desgranges, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XXIIT, appendice 1, p. 447-456.
Description de la cérémonie tout entière.
— Oraisons funèbres des dauphins de France et de'la dauphine, Amsterdam, 1713.
Ce recueil étant difficile à trouver, nous analyserons ci-dessous quelques-unes des oraisons funèbres prononcées en 1712, en insistant sur les principales.
— Le Gouvezzo (Regnault). Oraison funèbre du duc, Angers, 1742, in-4°, 15 p.
Pour l’auteur, trésorier de l’église d'Angers, le duc a rempli ses devoirs à l'égard des hommes et à l’égard de Dieu. Rien de curieux : banalités.
— Du Cercgau (Jean Antoine), 1670-1730. Oraison funèbre du duc et de la duchesse, Bourges et Paris, 1712, in-4°, 70 p.
D’après ce Père jésuite, Louis de Bourgogne, qui a été un modèle
pour la régularité des mœurs, doit être surnommé le juste. Si son caractère fut désagréable quand il était jeune, la religion l’a sauvé. Après une allusion rapide aux campagnes malheureuses du duc, l’orateur insiste sur l'intention qu'il avait de réformer le royaume, sur l’union des deux époux, leur piété, leur charité. Il fait le portrait de l’un et de l’autre : mais il parle surtout du dauphin, qui a
vécu en juste et est mort en juste. Par suite, beaucoup de morale.
— NV. Mém. Trév., 1712, p. 1908-1912.
— Masour Ra n 1650?-1723. Oraison funèbre du duc et de la duchesse, Paris, 1712, in-4°.
L’évèque d’Alet a de l’éloquence et du goût : il ne Du pas les deux époux au même rang et il sait finement marquer les différences qui existaient entre eux dans les deux portraits qu'il fait. Pour lui, le duc a joint « à l’héroïque science de la guerre celle des
grands principes de la politique la plus sainte »; Maboul insiste
trop sur les qualités militaires et exagère l'importance du siège de Fribourg : mais, prudemment, il ne parle pas de la campagne de 1708 ; il s'attache plutôt aux projets de réforme du duc de Bourgogne. En ce qui concerne la duchesse, on doit remarquer le passage où il analyse la pénible situation dans laquelle elle se trouve quand son père, le duc de Savoie, prend parti contre la France. IL
termine en faisant l'éloge de la piété sincère des deux époux et de”
leur mort sainte.
— GarcLArD (Honoré), 1641-1727. Oraison funèbre du duc et de la duchesse, Paris, 1712, in-4°, ou Migne, Orateurs sacrés, t. XXXIIL La vie du dauphin et de sa femme a été précieuse à l’état, aimable dans la société et conforme à la religion. L’orateur tient la balance égale entre les deux défunts. Son éloge est évidemment entaché d’exagération : le Père Gaillard effleure seulement la question militaire pour insister sur l’application du duc aux affaires et “sur ses aptitudes à cet égard. Quant aux principales qualités de la dauphine, c'était de savoir parler et plaire. Dans le troisième point seulement, l’orateur semble faire une différence entre le duc et la duchesse : il expose plus complaisamment la piété et la religion du premier.
— Verneuiz (Olier ne). Oraison funèbre du duc et de la duchesse, Toulouse, 1712, in-4°, 28 p.