CONDÉ
Attaché à Henri I" de Condé, l’auteur, qui devint conseiller d'état en 1614, arrête sa biographie au mois de juillet 1610; il s’agit donc seulement de l'enfance et de la jeunesse du prince, qui n'avait jusqu'alors joué aucun rôle : v. Hauser, t. III, n° 1484.
Où — Berruer (François). Discours funèbre, Bourges, 1647, in-4°, 21 p.
Ce Père carme développe l'idée que Condé a combattu avec énergie l’hérésie protestante : beaucoup de verbiage.
— Cosue pe Santr-Mrcuez (le Père). Oraison funèbre, Bourges, 1647, in-4°, 35 p.
Pour ce Père feuillant, Condé a été surtout l'adversaire dés protestants. A signaler un passage curieux sur les défauts du prince, alors qu'il était le chef des révoltés; long récit de la mort.
— Nour (Jacques). Haranque funèbre, Dijon, 1647, in-4°, 49 p.
Nouet, Père jésuite, protégé par le défunt, avait été appelé par lui à Dijon pour y prècher; il dédie son discours au grand Condé. Il le divise en trois parties : avantages de la naissance, vertus extraordinaires de sa vie (lutte contre les protestants, rien sur les révoltes), bonheur de sa mort. C’est un panégyrique outré dans lequel le prince apparaît vraiment trop grand. Il est écrit dans un style ampoulé, prétentieux et souvent bizarre : « Il eut, dit Nouet, pour précepteur Nicolas Le Fèvre, homme qui n'avait qu'un œil à la tête, mais qui en avait mille dans son esprit »!
— Vois (Joseph ne). Oraison funèbre, Paris, 1647, .in-12°, 48 p.
Conseiller et aumônier du prince de Conti, second fils du défunt, il a fort connu celui-ci et par suite son discours contient des détails précis. Mais il est fait Sans aucun plan. L'auteur commence, en effet, par raconter la mort. Puis vient la biographie proprement dite : Voisin fait allusion aux révoltes qui eurent lieu pendant la régence de Marie de Médicis et excuse Condé en disant qu'il fut toujours le premier à se soumettre. Il parle ensuite de la lutte contre les protestants et de la piété du prince converti.
— Mucner (Hubert), 1598-1651, Discours évangélique, Paris, 1647, in-4°.
Mugnier, Père jésuite, était le confesseur du duc d’Enghien et
fut grandement mélé à sa vie jusqu’en 1648. Son et est analysé par ‘Chérot, Le père du grand Condé, Paris, 1892.
Un service fut plus tard fondé par le président Perrault bour célébrer.chaque année la mémoire d'Henri II de Condé. Ainsi ont été prononcées beaucoup d’oraisons funèbres, même par des orateurs illustres. Elles n’ont pas une grande valeur historique; il est. néanmoins curieux d’en consulter quelques-unes. P. ex. à:
— Moxcn (Edme), 1668-1746. OEuvres, édit. partielles, 1704, 1716, 1725; édit, complète, Paris, 1745, in-4°; ou dans JE Orateurs sacrés, &. XLVI. “
Cette ôraison funèbre est courte et médiocre. L'orateur . expose que Condé fut le défenseur courageux de la religion catholique et qu'à cet égard «il fut le précurseur de Louis le Grand ». Condé aurait HP de participer aux révoltes contre Marie de Médicis : the, c’est lui qui, dans le conseil du roi, aurait proposé l’attaque contre | La Rochelle. Mongin développe ensuite un second point : Condé pratiqua la religion et toutes les vertus, aussi fut-1l en Bourgogne
aimé des peuples dont il était le gouverneur. y 2 — Bourpazoue (Louis), 1632-1704. Oraison funèbre, prononcée le 10 décembre 1683. :
C'est à la demande du grand Condé que Bourdaloue a composé « ce genre de discours qui m'est nouveau ». Henri de Condéest né au moment où la France, à la fin du xvi siècle, était fort divisée. Protestant, il se convertit et sera dès lors très religieux, favorisant les ordres monastiques, en particulier les Jésuites (dont Bourdaloue fait partie). Dans sa vie publique, il a défendu la religion catho- e lique : Bourdaloue insiste, avec faits à l’appui, sur ce rôle joué par Condé depuis 1621 et, sur ce point, il conclut, lui aussi, que le prince fut un précurseur de Louis XIV, qui devait recueillir les M bénéfices de sa politique. Malgré une allusion à l'attitude de Condé pendant la minorité de Louis XII, l'orateur affirme qu'il fut fidèle au roi et lui attribue une influence énorme sur le gouvernement. Populaire en Bourgogne, bon père, Condé a eu un fils qui est un. d des plus grands hommes du siècle. En somme, Bourdaloue n'a guère réussi; il manque de mesure dans l'éloge et fait un panégy- Ü rique exagéré d'un prince qui, certes, n'avait pas eu toutes les = . vertus. . ;
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CONDÉ. à 167
— Li Rue (Charles DE), 1643-1725. Oraison funèbre, prononcée 2 septembre 1685.
ECM a «confondu l’opiniâtreté des errants par la fermeté de sa foi; il a ranimé la lâcheté des politiques par l’ardeur de son zèle; il a arrèté les scandales des libertins par l'éclat de sa piété ». Ici encore l’histoire est plusieurs fois faussée; c’est ainsi qu'après la mort d'Henri IV le prince de Condé aurait résisté aux propositions du duc de Bouillon et aurait gardé sa foi, malgré les sujets de mécontentement qu'il avait. L’orateur insiste sur le rôle de Condé lors de l'attaque de Là Rochelle et sur sa carrière militaire. Puis, après avoir vanté les qualités de son héros, il fait l’éloge de la France et de Louis XIV et termine en disant : « L’hérésie s'éteint devant ce glorieux monarque. » La révocation de l’édit de Nantes allait être en effet prononcée.
Voir : — Aumale, Histoire des princes de Condé pendant les XVI° et XVII siècles, Paris, in-8, t. II, IV et V; — chapitre Lellres, n°° 944 el 986.
. 1604. CONDÉ (Louis II de Bourbon, prince DE), 1621-1686. — . Cosre (Pierre), 1668-1747. Histoire de Louis de Bourbon, deuxième du nom, prince de Condé, premier prince du sang, Amsterdam, 1692, in-12. — Aut. édit. : Amsterdam, 1694 (augmentée), — Cologne, 1693, 1694, 1695, — La Haye, 1748 : — publication partielle dans Arch. cur., 2° série, t. VIII, p. 7-255. Né à Uzès, protestant, Coste sortit de France lors de la révocation; il vécut en Hollande, puis en Angleterre, où il connut Locke ; * en 1704, il retourna en France. Sur lui, v. Bul. Soc. Hist. P. F., 1908, &. LVII, p. 526-544. Dans une lettre du 7 novembre 1692, Coste a expliqué comment il avait conçu son ouvrage : « Je ne me suis point scrupuleusement renfermé dans mon sujet principal. Je me suis fait au contraire une loi de parler de bien des choses auxquelles le prince de Condé n’a point de part, toutes les fois que j'ai jugé qu’elles pouvaient servir à faire mieux sentir la suite et la liaison des événements qui devaient de toute nécessité entrer dans cet ouvrage. » Ses sources sont nombreuses : les relations des campagnes de Rocroy et de F ribourg, l’histoire du siège de Dun- . kerque, la lettre du roi sur la détention des princes avec la réponse d’un particulier, et les mémoires des contemporains, en particulier
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ceux de La Rochefoucauld. Il raconte les faits avec simplicité et se: montre impartial, désireux de composer une histoire et non un panégyrique : p. ex., il n’hésite pas à exposer le rôle Te par Condé pendant la Fronde.
— La Bruxe (Jean ne). Mémoires pour servir à l'histoire de Louis de Bourbon, prince de Condé, ou Histoire de la vie et des actions de Louis de Bourbon, prince de Condé, Cologne (Amsterdam), 1693, in-12°, 2 vol. — Aut. édit. : 1694.
Ancien pasteur de l’église wallonne 8 Tournai, puis pasteur réfugié de Schoonhoven, Jean de La Brune a composé son livre « sur les mémoires fidèles que j'avais et sur ceux que mes amis m'ont bien voulu fournir ». Il a aussi consulté les mémoires des contemporains et les histoires publiées; il les ‘cite à la fin de son avertissement et il est curieux de constater qu'il ne signale pas l'ouvrage de Coste, qui cependant avait paru. Il proteste qu’il n’a rien dit que de « très véritable et de très sincère » et, en eflet, il insère les mêmes textes que Coste avait déjà publiés. Il termine par un portrait de Condé et un parallèle entre celui-ci et Turenne. Le caractère de cet ouvrage a été défini exactement par l’auteur luimême : « Le dessein que je me propose, dit-il, est de ramasser les relations qui ont été faites de temps en temps des principales actions de ce prince et de lier-en sorte ces pièces qu’on voie un abrégé de sa vie depuis sa naissance jusqu’à sa mort. »
— Vuoervex (Michel Ange pe), 1626-1699. Biographie et portrait du prince de Condé, pub. p. Rev. Lil., 11° année, 1899-1900, &. XVIIT, p. 545-554.
Vuoerden, baiïlli de Tournai, puis de Lille, a écrit en 1695 des mémoires conservés aux archives municipales de Lille et déjà utilisés en partie. C’est de ces mémoires qu'est tiré l'extrait relatif au grand Condé. Vuoerden fait de celui-ci un portrait, généralement exact, aux points de vue physique et moral; il raconte ensuite les principales batailles livrées par Condé. Il ajoute un éloge latin et une inscription funèbre latine qui sont de sa composition.
— ByrGrer (François), 1622-1688. La vie et la mort de Louis de Bourbon, prince de Condé, et premier prince du sang, où La mort du prince de Condé et les principales actions de sa vie, Paris, 1689,
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