‹ L'Histoire de FranceChapitre 95 sur 145 · DU TES · texte numérisé non relu

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trône, à la tête des armées, dans l'Église. Il abuse des citations et du style emphatique. Dans la seconde partie seule, on trouve résumés les faits militaires.

— Gosser (Jean Baptiste Zacharie). Oraison funèbre, Pari 1716,

L’archidiacre de Soissons montre que Louis XIV a été un des plus grands rois du monde aux yeux des hommes et aux yeux de Dieu. Il expose les guerres et le gouvernement intérieur : il raconte la lutte contre les protestants. Surtout il ne cache pas que le roïa supporté avec résignation les pires infortunes et que, sous son règne, il y a eu des moments fort pénibles. Tout cela est dit sans trop de phraséologie.

— Jérôme D’AxGers. Oraison funèbre, Poitiers, sd., in-4°, 40 p.

« Le récit de tant de guerres me fatigue et me lasse », dit le Père capucin, Aussi n’en parle-t-il pas et préfère-t-il développer longuement la politique du souverain contre les protestants. En somme, d’après l’orateur, Louis XIV a régné pour rendre la France plus florissante et plus heureuse, plus religieuse et plus chrétienne. Citations nombreuses : faibles renseignements.

— LararGuE (abbé). Oraison funèbre, Paris, 1715, in-4°, 46 p.

Ce discours, prononcé à Saint-Cyr, doit être, d’après l’auteur, un « récit simple et sans ornement » de la vie de Louis XIV. Celui-ci a été un roi très magnanime : détails à propos des guerres, vie militaire résumée. Il a été aussi un roi très chrétien; question des protestants, partie moins importante que la précédente. nr a trop nombreuses; style en général simple.

— Laçuizze (Louis), 1658-1742. Oraison funèbre, Strasbourg, 1715, in-4°, 44 p.

L'auteur de l’Æistoire d'Alsace n’a fait ici qu’un résumé des faits, qu'il indique seulement par des allusions. Louis XIV a été un grand roi pendant la paix (œuvre religieuse) et pendant la guerre (œuvre militaire). Le style a de l'allure.

— La More (Antoine Houdart nr), 1672-1731. Éloge funèbre, Paris, 1716, in-4°, 45 p. )

Discours prononcé à l’Académie française : œuvre élodtitté | mais sans précision historique. L’orateur se borne à montrer que le roi a été grand dans la prospérité et dans les disgrâces. Le pas-

sage le plus curieux est celui où il fait ressortir la constance et l'égalité d'humeur de Louis XIV dans le malheur.

— Laxnux (0e). Oraison funèbre, Toul, 1716, in-4°, 45 p.

- Le chanoine de Toul résume l’histoire militaire et l’histoire intérieure. Quelques détails, noyés au milieu de trop nombreuses citations. La seconde partie comprend la politique religieuse et l'exposé des vertus. Le tout se termine par le récit de la mort. .

— La Sanre (Xavier pe), 1684-1762. Laudatio funebris, Caen, 1716, in-4°, 32 p. : — trad. fr. par Du Rivet.

Peu utile.

— Le Prévôr (Pierre Robert), 1675-1735. Oraison funèbre, dans son Æecueil, Paris, 1765, in-12°, ou dans Migne, t. XLVI, ou à part, Paris, 1715, in-4°.

Prononcée à Beauvais, puis à Rouen. Louis XIV faisait redouter la nation à ses ennemis : résumé à grands traits, sans ordre parfait, avec tendance au panégyrique. Louis XIV faisait triompher la religion parmi ses sujets : l’orateur ne cache pas les faiblesses du roi, mais procède par allusions : il vante sa piété et insiste sur la révocation de l’édit de Nantes. Enfin, il expose les deuils qui ont accablé la famille royale, la maladie et la mort du roi. Un peu trainant et succinct.

"LE SAGE. Éloge funèbre, Saumur, 1717, in-40, 45 p.

Prononcé à la Martinique, ce discours du Père Le Sage montre la prospérité du règne et l'importance de la religion. Résumé militaire très bref : lutte contre l’hérésie. Intérêt restreint.

— Masouz (Jacques), 1650?-1723. Oraison funèbre, Paris, 1715, in-4°,

Parlant des malheurs de la fin du règne, l’évêque d’Alet dit que Louis XIV a été « plus grand dans ces derniers moments que dans les dangers de la guerre et sur le trône de sa gloire ». Il analyse ce que fut le roi, passionné pour les choses militaires, accomplissant son métier avec conscience, se faisant « chaque jour d’un travail assidu une loi sévère.., fidèle aux heures marquées ». Il se rencontre en ce sens avec Saint-Simon : « Ce qu'il fit un jour, on le lui vit faire tous les jours de sa vie. » Maboul parle alors de l’œuvre législative, de l'abolition du duel et du blasphème, de l’amour des lettres. II montre ensuite le chrétien et insiste beaucoup sur la

révocation de l’édit de Nantes. Il raconte la création des Invalides et de Saint-Cyr, l'accueil accordé à Jacques IT, la mort sainte du roi. Ce discours est intéressant, mais touffu et mal ordonné.

— Massizox (Jean Baptiste), 1663-1742. Oraison funèbre, dans ses Œuvres, édit. Blampignon, Bar-le-Duc, 1865-1868, in-8°.

Cette oraison, la plus célèbre de toutes celles qui furent composées à l’occasion de la mort de Louis XIV, est, au point de vue historique, une vue d'ensemble du règne, dont l’orateur ne dissimule pas les résultats désastreux. Massillon ne se laisse pas éblouir par

les victoires de Louis XIV : « Les traités de paix, dit-il, ne sontque

comme l’appareil d’une nouvelle guerre », et l’orateur n’est pas étonné d’ « un si long cours de prospérités inouïes, qui devait un jour nous coûter si cher ». Il trouve dans le règne si brillant de Louis XIV des causes de faiblesse, dont l’origine est l'avènement

de Philippe d'Anjou au trône d'Espagne : « L'Espagne ennemie « n'avait pu nous nuire, l'Espagne alliée nous a accablés. » Vient ensuite un long portrait du roi, d’où il résulte que Louis XIV avait …

toutes les qualités pour lui et que cependant ce fut le néant: Impar-

tialement, Massillon expose les fautes privées du souverain et la …

régularité avec laquelle il accomplit son métier de roi : € Louis

était le point fixe où tous les jours et tous les moments étaient les »

mêmes. » Une des grandes qualités de Louis XIV fut sa constance

inébranlable dans le malheur : les revers dans la guerre de la Succession d'Espagne, les deuils de famille ne peuvent l’abattre :- «Au milieu des débris lugubres de son auguste maison, Louis demeure ferme dans la foi. » Massillon termine en racontant la mort de celui

dont il à fait la critique. Son discours remarquable aboutit à la

pensée que l’orateur avait exprimée au début : « Il [Louis XIV] ne

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jouit point des avantages de la vie privée, toujours utile au souve=

rain, parce qu'elle lui apprend à connaître les hommes et que les

Hotte lui apprennent à se connaître lui-même. » Par suite, cette w oraison funèbre doit être retenue par l’historien : elle montre, à un 5

point de vue général, quel était l’état d'esprit en 1715. C’est une des A ti du sentiment d'opposition qui caractérise le

début du xvm° siècle.

— Moxan (Edme), 1668-1746. Oraison funèbre, Paris, AG in-4°, ou dans Migne, t. XLVI. E

. Dans cette oraison, prononcée à l'Académie française dont Mongin était membre, l’orateur insiste sur cette idée que « la gloire du

roi soutenue par sa mort et sa piété couronnée par sa mort feront

tout le sujet de ce triste discours ». Dans la première partie, il parle du courage montré par Louis XIV vis-à-vis de la mort et de la protection qu’il a accordée aux lettres et aux académies. Dans la seconde, on trouve des indications sur l’abolition des duels, sur les Invalides et Saint-Cyr, sur la révocation de l’édit de Nantes et sur les derniers jours de Louis XIV. Discours superficiel ; beaucoup de verbiage ; panégyrique exagéré.

— Porée (Charles), 1673- 1741. Laudatio funebris, Paris, 1715, in- 4: trad. fr. par Maunory, avocat au Parlement, Paris, 1716, ‘in-12°, 143 p. Sur la polémique engagée à propos de cet ouvrage,

v. Sommérvogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus.

Le père Porée, qui a voulu montrer que Louis XIV avait été

- grand dans la guerre, plus grand dans la paix et très grand par sa

religion, a surtout développé la partie qui concerne la politique religieuse. Il y a peu de faits historiques dans ce discours.

— Poux. Oraison funèbre, Orléans, 1715, in-4°, 21 p.

- Le chanoine d'Orléans s’en tient aux allusions : mais des notes en marge éclaircissent son exposé. Dans la première partie, résumé

assez long de la politique extérieure et intérieure de Louis XIV; la

seconde est consacrée à la piété du roi, à la question religieuse (calvinisme), aux édits contre les duels, aux empoisonneurs, etc.

— Quiquerax pe Beaueu (Honoré De), 1655-1736. Oraison funèbre, Paris, 4715, in-4°, ou dans Migne, t. XXXIII.

L'évèque de Castres veut prouver que Louis XIV a fait un bon usage de son règne, que son gouvernement a été sage (portrait flatté), que le souverain a été guidé par la religion. Style ampoulé.

— Sexaup (Jean André), 1676-1758? Oraison funèbre, Paris, 4746, in-4e, 42 p.

| La vie du roi a été un prodige et sa mort de même. Beaucoup de mots, peu de renseignements.

… — XAurr(abhé Joseph). Oraison funèbre, Perpignan, 1715, in-4°, 38 p..

Malgré l'allure de panégyrique, cette oraison funèbre se distingue par la précision. À propos de la valeur, Xaupi résume clairement

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les campagnes. A propos de la sagesse, il fait un tableau sombre de la situation de la France en 1661 et expose avec détails le gouvernement intérieur de Louis XIV. A propos de la piété, il parle de la politique religieuse. Style sans prétentions : document intéressant.

— Portrait inédit par le chevalier de Lagrange- Dan pub. p. A. Dujarric- Descombes, dans Rev. Ét. hist., 1919, je vertus et vices du roi, ses maîtresses, ses bâtards.

— Recueils, n° 1296, 1297, 1298, 1303, 1304, 1309, 1310, 1313, 1315.

Voir : — chapitre Histoires générales, et, dans les autres chapitres, les n° 347, 472, 746, 748, 830, 928, 959, 1002, 1046, 1056, 1063, 1067, 1095, 1119, 1120, 1154, 1161, 1173, 1185, 1218, 1216, 1221, 1238, 1254, 1259, 1274; — G. Lacour-Gayet, L'éducation politique de Louis XIV, Paris, 1898, in-8° ; — H. Chérot, La première jeunesse de Louis XIV, Paris, 1892; — M. Druon, Histoire de l'éducation des princes dans la maison des Bourbons de France, Paris, 1897, in-8°, 2 vol.; — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX VIII, p. 26, note 5, — 36,

. note 3, — 137, note 3 (indications sur des points de détail); — v. aussi le chapitre Journaux et Pamphlets.

1778. LOUIS (GRAND DAUPHIN), 1661-1711. Aucun ui contemporain n’a écrit une biographie du prince « dont tout le mérite était dans sa naissance et tout le poids dans son corps », suivant le mot de Saint-Simon. Quelques textes ont été publiés sur sa mort, et celle-ci a été célébrée dans de nombreuses oraïsons funèbres dont les auteurs ont, pour la plupart, insisté sur l'esprit de soumission du grand dauphin (liste des oraisons funèbres dans Mém. Trév., AT).

— Documents sur la mort du grand dauphin et sur son caractère, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XXI, appendices 1 et 2, p. 408-439.

Ces documents sont les suivants : Lettre du duc du Maine à M°°e de Maintenon (11 avril, annonce la maladie), — Lettre de M°e de Maintenon à la princesse des Ursins (16 avril, derniers moments et mort), — Mémoires du baron de Breteuil (extrait : la cour après la mort; détails réalistes sur la mise en bière du cadavre), — Registres du maître des cérémonies Desgranges (extrait : enter

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