‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 11 sur 87 · LE REPENTIR · texte numérisé non relu

LE REPENTIR

Depuis Van 558 jusqu'à Van 565.

Lorsque les enfants de Clodomîr eurent ainsi cessé d'exister, Clotaire et Childebert partagèrent «yec leur frère Thierri, roi de Reims, les domaines de ce prince, et entreprirent ensemble de grandes guerres contre les Yisigoths, auxquels ils enlevèrent la plus grande partie des provinces gauloises qa'ils possédaient de Vautre côté de la Loire; de fM>rte que ces peuples qui, fatigués de cette longue lutte, s'étaient retirés d*abord aux pieds des Pyténées, dons un pays appelé la Septimanie, passèrent bientôt après en Espagne, où ils fondèrent une vaste et puissante monarchie. En même temps, les rois franks détruisirent le royaume de Bourgogne, et jamais la puissance de cette nation n*ayait paru si formidable.

Après cela, les Franks qui venaient de remporter de si grands avantages sur les autres Barbares, en chassant ceux-ci des Gaules, et en soumettant ceux-là par la force de leurs armes, se trouvèrent maîtres absolus de ce vaste pays; mais ils ne firent, pendant bien longtemps,' que parcourir en troupes, sans s'y établir, les provinces de l'autre côté de la Loire; et si quelquefois on vît les rois chevelus venir, à Texemple des anciens empereurs romains, s'asseoir, couverts d'un manteau de pourpre, dans les cirques de Nîmes et de Toulooae, il s'écoula encore beaucoup d'années, avant que leur domination sur ces contrées méridionales devint stable et régulière; ils préféraien*

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à tout autre séjour, celui des proyinces les plm rapprochées de leur Germanie, où des nations nombreuses, restées de l'autre côté du Bhin, de* meuraient encore associées à leur puissance.

N'allez pas croire pourtant, mes jeunes amis, que Clotaire et Ohildebert, qui venaient de se couvrir du sang de leurs pauvres petits neveuxi ne furent pas punis de leur scélératesse, et qu'une prospérité toujours croissante devint leur partage. Après la mort de leur frère Thierri et de son ûIf TnioDEBERT, l'un des plus vaillants princes de son temps, et dont ils s'approprièrent aussi l'héritage, ces deux méchants se brouillèrent, sans doute parce qu'ils avaient horreur l'un de l'autre, et ile eurent bien des maux à souffiir pendant le reste de leur vie.

D'abord leur mère, la bonne reine Clotilde, ne voulant plus demeurer avec aucun d'eux, se retira dans une ville éloignée, où elle passa sa vie à prier Dieu de toucher leurs cœurs, et de leur inspirer le repentir de leurs fautes; ensuite Chkamnès, fils de Clotaire, à l'instigation de son oncle Childebert, oublia le respect qu'il devait à son père, et se révolta contre lui ; ce qui était certainement un grand crime; mais Dieu permit sans doute que Clotaire trouvât des ennemis paxmi ses propres enfants, lui qui avait fait périr avec tant de barbarie les enfants de son frère Clodomir.

A quelque temps de là, Childebert mourut sans que personne le regrettât, parce qu'il avait passé sa vie entière à faire du mal, et Clotaire se trouvant ainsi le seul roi de tous les Franks, non- 'ement de ceux qui s'étaient établis dans les nais encore des tribus qui demeuraient

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