‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 12 sur 87 · UR REPENTIR. SI · texte numérisé non relu

UR REPENTIR. SI

cncoitB en Oeimiode, prit le nom de ClotaiTe I^; mais quoiqu'il fût plus puissant que jamais prince des Franks ne l'avait été, il n'en fut pour cela ni meilleur ni plus heureux.

Cependant la révolte de Chramnès n'était point encore apaisée, et Glotaire, au comble de la colère, 0e décida à marcher en personne avec un grand nombre de soldats contre ce fils rebelle, qui s*étaît retiré en Bretagne, l'une des provinces gauloises que baigne l'Océan; là, Chramnès ayant osé livrer bataille à son père, fut complètement défait, et tomba au pouvoir des soldats du roi, au moment même où il cherchait à s'embarquer sur un vaisseau avec sa femme et ses filles. Quelqu'un se bâta d'aller demander à Clotaire ce qu'il voulait qu'on fît de cette pauvre famille.

Vous connaissez déjà ce prince pour un homme À impitoyable, que vous ne serez point surpris, sans doute, de la nouvelle barbarie à laquelle il ee livra; dans sa colère, il demanda d'abord où était son fils, et lorsqu'on lui eut répondu qu'on l'avait fait entrer dans une chaumière, où il était gardé à vue avec sa famille, il ordonna qu'on le liât à des poteaux, avec des chaînes de fer, ainsi que sa femme et ses petites filles, et qu'on mît le ^u aux quatre coins de cette masure. Cet ordre cruel fttt exécuté, et ces infortunés périrent dans les flammes, sans que personne osât les secourir, tant on redoutait la vengeance du roi.

Aussitôt que ce crime affreux fut consommé, le barbare Clotaire sentit s'élever dans son âme des remords déchirants; car c'était son propre sang qu'il venait de répandre, et quelque méchant qu'il ftt, il ne put songer sans horreur qne son mal-

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heureux fils venait d*être sacrifié à un moment d^ colère.

Dès ce moment, son palais lui devint insupportable ; on le voyait errer dans les campagnes, le visage pâle, et le front meurtri des coups qu'il s'était donnés dans son désespoir. Chacun fuyait son approche avec effroi, craignant toujours qu'il ne se livrât à quelque nouvelle ftirie.

Tantôt il se prosternait dans les églises, pour prier Dieu de lui pardonner ses crimes, tantôt il allait visiter les savants et les saints personnages de son temps, eu les suppliant de lui indiquer quelque remède contre ses soufirances; mais per* sonne ne pouvait le soulager, parce que ses re* mords étaient la juste punition de tous les maux qu*il avait causés.

Une pareille existence n'était pas supportable, et bientôt il mourut consumé de chagrin et de repentir; mais son désespoir dura autant que sa vie, et dans ses derniers moments encore, il s'écriait qu'il v(^ait bien que Dieu était plus puissant que tous les rois de la terre.

Cette effrayante histoire doit nous apprendre, mes jeunes amis, que jamais une mauvaise action ne demeure impunie ; et Clotaire, malgré toute sa puissance, ne put se consoler d'avoir été criminel, quoiqu'il parût n'avoir plus rien à craindre de personne, e't qu'il eût fait périr tous ceux qui lui portaient ombrage^

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LES FRAIOLS d'aUSTBÀBIB. 88

LES PRANKS D'AUSTRASIE.

Dqmis Van 565 jusqtCà Van 575.

Aussitôt que le roi Clotaire I^ fut mort, ainsi que je viens de vous le raconter, quatre de ses fils qui lui survécurent, partagèrent entre eux son vaste royaume, comme Tavaient fait ceux de Clovis. Or, vous savez que ce royaume B*était bien accru, depuis le temps de ce dernier roi ; car non -seulement il comprenait tout le pays des Saliens et des Bipuaires, ainsi que celui des Yisi* goths et des Buigondes, mais encore beaucoup de peuples barbaxes restés de l'autre côté du Bhin, consentaient à obéir au roi des Franks, parce qu*il était de la race chevelue des Mérowings.

Tout ce vaste empire fiit donc divisé entre les fils de Clotaire, et chacun d'eux s'en alla demeurer dans une grande ville, dont il fit sa capi« taie. Mais Gharibebt, l'un de ces princes, roi de Paris et d'Aquitaine, étant mort peu de temps apr^ les trois autres s*emparèrent de ses États, et il n'y eut plus dans tout l'empire des Franks que trois rois: Chilpéric, roi deNEusTRiE; Sigebert, roi d'AusTSASiEy et enfin Oontran, roi de Bourgogne.

Maintenaot, il faut que je vous dise quelles étaient les parties de la Gaule auxquelles on donnait les noms d'Austrasie et de Neustrie, et dont je viens de vous parler pour la première fois. L'Austrasie était le pays occupé autrefois par les Franks ripuaires, et compris entre le Bhin et la Meuse. On lui donnait ce nom, parce qu'elle était située du côté de Vorient.

84 LB9 FRANKS l/AUSTRA8tfe«

La Neustrie, au contraire, était la contrée res* serrée entre la Meuse et la Loire, sans j comprendre le pays des Bretons ; on la nommait ainsi| parce qu'elle était située vers Toccident*

Il faudra tâcher de vous familiariser avec les dénominations de ces royaumes, dont vous retrou* verez souvent les noms dans ce livre et dans d*au<» très ; et lorsque vous les connaîtrez parfaitement sur la carte, rien ne vous sera plus facile que d*en garder le souvenir.

Quoique les fils de Glotaire se trouvassent ainsi de grands rots, Sigebert, roi d*Austrasie, dont la capitale était Cologne, se trouvait encore plus puissant que ses frères, parce que c'était à lui qu'étaient échues en partage les nations germa* niques que le Bhin séparait des Gaules. Ces peuples étaient sauvages autant qu* intrépides, et ils n'attendaient qu'une occasion pour se répandre à leur tour sur ces provinces où les Franks avaient acquis tant de richesses.

Or, Sigebert avait pris pour femme une l>elle princesse, nommée Brunehaut, qui était fille d'un roi des Visigoths d'Espagne, et pour laquelle il avait un grand attachement.

De son côté, Chilpéric, roi de Neustrie, avidt épousé une sœur de Brunehaut, qui était aussi une bonne et vertueuse princesse, et que Ton nommait Galzuinde; mais peu de jours après ses noces, la pauvre Galzuînde fat trouvée étranglée dans son lit, sans que personne pût soupçonner quelle main avait osé commettre ce crime effroyable.

Il y avait alors à la cour de Chilpéric une jeune

'*** Httrmelée FRinECONDE, qui était, dit-on, d'une

46 beauté, mais uont le cœur était ^*

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