‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 14 sur 87 · LA REINE FRÉDÉGONDE · texte numérisé non relu

LA REINE FRÉDÉGONDE

Depuis Van 575 jusqu'à Vctn 584.

Cependant Brunehaut, captive, ne vivait plu9 que dans des transes afireuses; et chaque fuis qu'on ouvrait la porte de sa prison, il lui semblait voir entrer de farouches soldats, qui venaient lui arracher son fils, ou T égorger à ses yeux. Celte terreur devint un si effroyable supplice pour elle, que les leudes d'Austrasie lui ayant fait oiïnr secrètement d'enlever le jeune prince, et de le transporter dans son royaume, elle préféra se séparer de ce cher enfant, et consentit à le confier à leurs soins.

Malheureusement il n'était point facile de faire sortir le petit roi de la prison, ni de tromper la

"iar\f)Q des gardes qui l'entouraient, et la reine "'autre moyen de salut que de le mettre

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dans une corbeille, qu'elle descendît pendant la nuit du haut des murailles, avec nne corde, sans que personne s'en aperçût. Un homme dévoué reçut la précieuse corbeille, et en peu d'instants h» petit Childebert se trouva au milieu des braves Austrasiens qui avaient combattu pour son père, et qui s'empressèrent de le reconnaître pour leur roi. Mais comme cet enfant était trop jeune pour les gouverner, ils placèrent auprès de lui un de leurs principaux chefs, qui, sous le nom de maire DU PALAIS, eut la garde du jeune monarque, et gouverna TAustrasie à sa place.

C'est pour la première fois sans doute que vous rencontrez dans vos lectures, le titre de maire du PALAIS, qu'il est nécessaire de bien comprendre. Ces officiers étaient de très-grands seigneurs, auxquels obéissaient tous les gouverneurs du royaume ; et après avoir été de simples domestiques des rois, ils avaient fini par devenir les chefs de leurs leudes, et les premiers magistrats du royaume.

Quoique la reine Brunehaut fût restée bien triste après le départ de son enfant, à qui elle pensait sans cesse, elle était si belle, et surtout BÎ intéressante par ses malheurs, que le prince Mj£ROvfE, fils de Chilpéric, l'ayant visitée dans sa prison, malgré la défense de Frédégonde, ne put s'empêcher de l'aimer, et lui demanda si elle voulait être sa femme.

Brunehaut avait bien envie de refuser cette offire, car elle ne pouvait se consoler de la mi^rt de Sîgebert; mais Mérovée lui ayant promis de protéger le petit roi d'Austrasie, et de le sauver de tous les dangers qui environnaient son enfance.

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cette tendre mère ne lui résista plus, et consentît à ce qu'un pieux évêque, nommé Prétextât, les mariât secrètement, quoique le prince n'eût point demandé le consentement du roi son père, dont il craignait le ressentiment contre la veuve de son fiière.

Frédégonde n'avait jamais pu souffi-ir Mérovée, parce qu'il était le fils d'une autre femme de Chilpéric; aussi, lorsqu'elle apprit que ce jeune prince avait osé devenir le mari de Brunehaut, elle courut en avertir le roi, qui se mit dans une fureur épouvantable, de ce que son fils ne lui avait point demandé la permission d'épouser sa prisonnière.

Cependant, Mérovée, informé de la colère de son père, et ne sachant comment se dérober à son indignation, avait eu le temps de se réfugier dans une église avec sa femme, espérant que le roi qui le poursuivait, respecterait cet asile ouvert même aux plus grands criminels. En effet, Chilpéric n'osa pas arracher son fils du pied des autels ; mais il lui fit faire de si belles promesses, que ce prince, trop confiant, vint se jeter à ses genoux et solliciter son pardon.

Le roi, touché de compassion à la vue de son fils repentant, allait peut-être lui ouvrir ses bras, et lui pardonner la faute qu'il avait commise, lorsque la cruelle Frédégonde, qui ne le quittait pas plus que son Qmbre, faisant saisir le jeune prince par ses gardes, avant même que son père eût pu parler, ordonna qu'on le jetât dans un E, d'où il ne devait plus sortir.

lant, il faut que je vous dise qu'un clotce temps-là, et bien des siècles après,

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