LA REINE FR£D£GONDE
était une vaste maison, où se réunissaient volontairement un certain nombre d'hoimues, pour y passer leur vie entière à prier Dieu, et à remplir d'autres devoirs de religion ; on donnait le nom de MOINES à ceux qui embrassaient cette existence, dont ils ne pouvaient plus s'affî'ancbir tant qu'ils vivaient. H y avait alors dans les Gaules un grand nombre de ces établissements, la plupart environnés de fortes murailles, et plutôt semblables à des prisons, qu'à des lieux de retraite; et Frédégonde, en faisant enfermer Mérovée dans un de ces cloîtres, prétendait l'obliger à se soumettre à la vie monastique, et à renoncer ainsi au trône, dont elle avait voulu le rendre indigne, en le privant de sa longue chevelure.
Cette femme implacable, qui nourrissait un profond ressentiment contre l' évoque Prétextât, de ce qu'il avait marié Mérovée ayec Brunehaut, poursuivit ce saint personnage de toutes les manières possibles, et sa vengeance ne fut satisfaite que lorsqu'elle l'eut fait poignarder par un assassin, au pied même de l'autel où il venait de célébrer la messe. .
Quant à Brunehaut, les leudes d'Austrasie exigèrent qu'elle fût rendue à son fils, et elle retourna dans son royaume ; mais dès ce moment, sa vie entière ne fut plus qu'une suite de malheurs. Pendant son absence, les maires du palais, profitant du jeune âge du petit Childebert II, étaient devenus les véritables rois d'Austrasic, et ce n'était plus que d'eux seuls que les chefs des Franks consentaient à recevoir des ordres.
Le pauvre Mérovée ne survécut pas longtemps à la disgrâce dont il avait été frappé : parvenu
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à s'échapper du cloître où on Tavait enfermé, il était 8ur le point de passer en Austrasie, dans Tespoir d'y joindre Brunehaut, lorsque des soldais de son père se mirent à sa poursuite ; et V infortuné prince se voyant au moment de tomber entre leurs mains, préféra la mort au sort qui l'attendait, s'il était repris. H supplia un ami qui l'accompagnait, de le percer de son épée, et les gardes de Chilpéric n'arrivèrent que lorsqu' il avait cessé d'exister.
Tous ces meurtres étaient l'ouvrage de la terrible Frédégonde, qui semblait ainsi l'emporter sur tous ceux qu'elle haïssait, lorsqu'au milieu de tant de prospéiités, elle fut frappée d'une affliction qu'elle avait certainement bien méritée.
Cette reine avait deux petits garçons qu'elle aimait bien vivement, si toutefois un être si méchant peut aimer quelque chose; en une seulo nuit, ces deux jeunes princes Moururent de la même maladie, et Frédégonde au désespoir, au lieu de reconnaître dans ce coup du ciel, la juste punition de ses crimes, n'eut d'autre pensée que de trouver de nouvelles victimes.
Frédégonde ne sachant à qui s'en prendre du double malheur qu'elle venait d'éprouver, fit amener en sa présence quelques vieilles femmes de Paris, qui prétendaient être sorcières, parce qu'il se trouvait dans cette ville des gens assez ignorants pour se faire dire leur bonne aventure par elles, moyennant quelques pièces de monnaie.
La reine ordonna donc à ces prétendues sor-
/«îàrAfi de lui apprendre ce qui avait fait mourir si
"^ent ses deux fils ; comme si ces pauvres
ussent pu en savoir quelque chose ;