LA VALLÉE DE EONCEVAUX
Vers Van 778.
L*£BiPERF.uH Charlemagme qui se plaisait à réunir dans son palais d'Aix-la-Chapelle des savants de tous les pays, avait aussi rassemblé autour de fia personne les plus vaillants guerriers de son tempsy qu'il appelait ses Preux, ce qui voulait dire ses braves et fidèles, parce qu'il avait éprouvé leur courage dans les batailles, autant que leur dévouement à son service.
Ces preux étaient d'intrépides capitaines, toujours prêts à protéger de leur épée les veuves et les oqjbelins, et à défendre les pauvres et les gens d'église. Jamais ils ne refusaient leur secours à ceux qui l'imploraient dans leur détresse, et on les voyait sans cesse courir d'un pays à Tautre pour combattre les méchants ou les malfaiteurs; comme autrefois ces héros et ces demidieux qui, chez les anciens Grecs, se vouaient à l'extermination de3 monstres et des brigands.
Mais parmi les preux de Charlemagne, il y en avait un qui, plus souvent que tous les autres, remportait des victoires sur les ennemis de la France, ou punissait les hommes puissants qui avaient commis de mauvaises actions, soit en tuant les voyageurs qui passaient sur leurs terres, pour s'approprier leurs dépouilles, soit en enlevant par trahison de pauvres jeunes filles, qn' ils retenaient de for^
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dans leurs châteaux ; celui-là se nommait BoLAimi et il était le propre neveu de Gharlemagne.
Roland n'avait qu' à se montrer pour faire pâlir tous ceux à qui leur conscience reprochait quelque chose, car chacun savait qu'il ne tirait jamais Tépée que contre les méchants; et lorsque les Saxons, les Lomhards et les autres ennemis du grand empereur, l'apercevaient dans une bataille, ils prenaient aussitôt la fuite, en s' écriant qu'ils avaient vu Roland.
Un jour que ce vaillant guerrier retournait auprès de Gharlemagne, après avoir vaincu les Sarrasins dans plus de cent combats, Roland se trouva, suivi de quelques braves soldats seulement, dans un étroit défilé, appelé la Vallée de Ronce» VAUX, que forment les Pyrénées, entre l'Espagne et la France.
Le fier Roland ne connaissait point la peur, ce soitiment des hommes faibles et sans énergie ; mais en levant les yeux sur les rochers qui dominaient la vallée, il ne put s'empêcher d'un mouvement de surprise et d'indignation, à la vue d'une multitude de Sarrasins qui, agitant leurs armes et poussant des cris épouvantables, couvraient toutes tes montagnes environnantes. C'était en effet une armée de ces Barbares, qui, n'osant plus s'exposer aux coups du paladin, l'attendait, hors de toute atteinte, pour l'accabler sans péril dans cet étroit passage, où quelques hommes à peine pouvaient marcher de front.
Il me serait impossible de vous peindre quelle fut la fureur de Roland, lorsqu' il reconnut le piège dans lequel il était tombé. Vingt fois, défiant à haute vuix ces ennemis sans courage, il s'élaiiça
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pour gravir les rochers inabordables qui le se* paraient d'eux, vingt fois il retomba après d'incroyables efforts. Alors les Sarrasins commencèrent à précipiter de tous côtés sur cette poignée de chrétiens intrépides, d'énormes blocs de rochers, dont le choc faisait voler en éclats les plus gros arbres; de sorte que les compagnons de Boland périrent tous, écrasés sous cette grêle de pierres, et le noble guerrier resta seul debout, n'opposant que son bouclier à cette tempête effroyable. . Cependant, au milieu de cette lutte horrible d'un seul homme contre toute une armée, Roland se souvint tout à coup d'un cor qu' il portait toujours sur son armure, pour rallier autour de lui ses frères d'armes, et l'appliquant à ses lèvres, il en tira un son aigu que les «échos de la vallée répétèrent mille fois. Le bruit seul de cet instrument, qui avait si souvent retenti à leurs oreilles dans leurs défaites, frappa les Sarrasins de tant d'épouvante, que croyant déjà voir Eoland fondre sur eux, avec sa redoutable épée, ils s'enfuirent précipitamment; nais avant de s'éloigner, ils firent rouler sur le héros une si grande quantité de rochers et de troncs d'arbres, que les montagnes elles-mêmes en parurent ébrasilées, et Boland tomba enseveli sous ces vastes décombres, comme s' il eût fallu que la nature fût bouleversée, pour qu'un si vaillant homme pérît.
Longtemps encore après la mort du paladin, on montrait, dans la vallée de Roncevaux, d'énormes blocs de rochers, entassés en désordre, que l'on nommait le tombeau db Roland; et pour rappeler cette aventure, on fit une chanson que pendant bien des année» V^a s^^tM français se plajsa^
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à répéter dans les batailles, pour s'exciter à imiter la valeur du neveu de Gharlemagne.
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