LE SIÈGE DE PAIUS
ces batailles nn grand nombre de leurs meilleurs soldats, parce que les Parisiens, réduits au désespoir, se défendaient comme des lions; lorsqu'ils apprirent que l'année de l'empereur approchait, ils furent bien tentés de prendre la fuite ; et vous allez croire peut-être, comme ils le crurent euxmêmes, que Charles se disposait à n'en pas laisser échapper un seul. Eh bien, il n'en fiit point ainsi, et voici ce qui arriva.
L'empereur Charles n'était point brave, et nous savons déjà que la guerre n'était point son élément : lorsque du haut de la montagne de Montmartre, qui domine Paris, il vit briller au soleil les lances des Normands, il ne se sentit pas assez rassuré pour risquer les chances d'une bataille que toute son armée demandait à grands cris, et il préféra offrir au chef des ennemis une grosse somme d'argent, pour qu'il retirât ses soldAts et les conduisît dans un autre pays.
Les Normands prirent donc cet argent, et s'en allèrent, en se moquant de la lâcheté de ce prince, qui avait mieux aimé leur donner ses trésors que de se mesurer avec eux.
La vaillante nation des Franks, indignée de voir que l'on payait ainsi des gens qu'elle aurait voulu exterminer jusqu'au dernier, en les combattant en bataille rangée, abandonna un prince qu'elle méprisait, et Chaxles, tout lâche qu'il était, ne put survivre à tant de honte.
Avec Charles le Gros finit l'empire d'Occident, que Charlemagne avait fondé; sept royaumes sa formèrent de ses débris: ce furent ceux d'Italie, d'Allemagne, de Lorraine, de Bourgogne, de Provence, do Navarre, et enfin celui de France, sans
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oompter nne miiltitade de Beignenries Indépendantes, qu^îl serait trop long de nommer ici. Il faudra tâcher d'apprencbre à connaître snr la carte la position de ces différents royaumes, et surtout vous rappeler que c'est de cette époque que datent, à proprement parler, la plupart des états qni existent aujourd'hui dans cette partie de rSurope.
Plusieurs années après le tàége de Paris, un des successeurs de Charles le Gros céda aux Normands, pour mettre fin à leurs ravages, une belle province de France, oii ils s'établirent, et qui prit dès lors le nom de Normandie. Ces peuples de- ▼inrent donc Français, comme les habitants des autres parties du royaume, mais pendant fort longtemps encore, bien des gens conservèrent l'habitude de faire tous les jours une prière, pour demander à Dieu d'être préservés de la fureur des Normauds.
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